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Henri AUTRAN, peintre provençal

  Henri AUTRAN,  

  peintre provençal  

Notre cher Michel Holt, le plus anglais des tourtourains (et réciproquement) possède plusieurs tableaux du peintre Henri Autran et il nourrit une belle passion pour cet artiste. Il m’avait damandé (quelques semestres ont passé !) d’écrire un petit article pour rendre hommage à ce peintre estampillé ’provençal"... Voilà Michel, quelques mots sur ton Henri....

Autran Georges, né en 1941 à Aix en Provence, peintre provençal, première expo en 1960. Peintre provençal reconnu, couronné par l’académie française, nombreuses toiles vendue en Californie par la Galerie art dealer à Los angeles et à Miami art Provence galerie. Il a participé au Master de New York à Central Park et avait un atelier permanent à la Galerie Prouvençao à L’Ile sur Sorgue, Maitre d’Atelier et Président de diverses Associations picturales

Henri Autran (1926-2007) dit "le peintre-jardinier", disparu depuis plus de 10 ans, était, à Marseille et bien au-delà, considéré comme un artiste important par nombre de collectionneurs et critiques, tels Camille Rouvier, Jean Tourette et le poète Axel Toursky, lequel le traitait même de "grand bonhomme" de l’Art brut.

Le présent livre (photo ci-dessous) lui est consacré. L’auteur rend hommage à un ensemble de qualités rares rencontrées dans bien des réussites d’Autran : fraîcheur et candeur natives de sa vision des êtres et des choses, étrange musicalité de ses teintes, pathétisme des élans divers qui les traversent. L’oeuvre d’Henri Autran a le don d’enchanter et en même temps de tourmenter le regard sensible. Au point de redonner faim à l’anorexique par un parfum de paradis perdu, infini de simplicité.

Extraits du livre :
Cher Henri Autran, Pas plus que celle de Van Gogh - héros de votre tête et de votre coeur - votre disparition, le 13 décembre 2007, n’a pas fait de bruit.

Certes, au bout du fil, j’entends encore la voix de Joseph Stamboulian, votre meilleur ami : " Je vous annonce une mauvaise nouvelle. Henri Autran est mort... Ça fait de la peine parce qu’à sa façon, Henri, c’était un ange." Ange ou pas, où vous êtes à présent, je ne suis pas sûr que cette lettre vous parvienne. Je vous l’envoie quand même, ne serait-ce que pour tenir la promesse que je m’étais faite, en 1986, d’écrire quelque chose sur le peintre que j’aime en vous.

Le livre qui s’ensuit ne se veut ni un éloge funèbre, ni un mémento, ni un catalogue de galerie marchande, pas plus qu’un catalogue tout court, raisonnable ou raisonné. Il n’est rien d’autre que ma déclaration d’estime au petit monde que vous avez inventé sur une pauvre table de cuisine du quartier St-Just à Marseille, un univers apparemment simple mais vu d’un oeil si vif et d’une telle fraîcheur qu’il a toutes les chances de vous survivre et de vous caractériser.

Hors des modes passagères, les oeuvres qui vous sont venues en état de grâce méritent en effet de ne pas mourir et d’illustrer votre mémoire comme celle d’un artiste authentique, important.

____________Henri AUTRAN____________

Beaucoup d’artistes peuvent-ils se targuer d’avoir suscité des réactions aussi paroxysmiques que celles manifestées par Henri Feyt à l’égard d’Henri Autran ? Et combien de ces admirateurs inconditionnels sont-ils allés jusqu’au bout de leur ferveur en éditant un ouvrage qui en atteste ?

Pourtant, Henri Autran n’appartint jamais à la caste de l’officialité. N’inonda jamais de ses œuvres, des cimaises réputées ! Il fut, au contraire un peintre modeste, solitaire, humain, " le poète des joies simples et quotidiennes "*. Malgré cela -pour cela, peut-être ?- l’auteur rend un vibrant hommage à l’artiste disparu, analysant avec beaucoup d’émotion, au fil des pages de ce beau livre abondamment illustré, l’évolution de sa peinture, les influences revendiquées ou niées ; ses comportements, ses goûts, ses choix, ses partis pris, ses aspirations et ses espérances… ses désespoirs, aussi : sa vie, en somme, d’homme et de créateur.

Quelle sorte de peinture(s) réalisa Henri Autran ? Cet homme " mal dans sa peau, sombre autant que ses moustaches, reclus dans un silence épais, déprimé… "* ; cet autodidacte qui fut avec talent " narrateur de son terroir, de son quartier, de sa vie… "*, qu’aurait-il répondu si un visiteur lui avait affirmé qu’il était proche des Expressionnistes ? Sans doute aurait-il exprimé ses regrets de n’être pas Van Gogh, qui les influença tellement !

Car, des Expressionnistes, il fut très proche, par la couche lourde, décomposée en une application de taches et de traits épais qui néglige l’illusion de la perspective, au profit d’un espace où tous les éléments du paysage se retrouvent agglomérés en une sorte d’intimité géographique. Les bâtiments, la chaussée, les arbres en fleurs ou les toits couverts de neige, bien que très stylisés, restent parfaitement reconnaissables malgré les épaisseurs de couleurs pâteuses s’étalant généreusement tantôt à longs traits du pinceau ; tantôt en aplats méticuleusement appliqués. Chaque tableau se présente comme ayant sa propre lumière, dont la surface est calme et sereine, ou au contraire tourmentée d’harmonies contrariées… Mais toujours semblant rayonner… Parfois, lorsqu’il se sent festif, l’artiste propose des personnages en train de danser dans " un petit bal ", une " aïeule au tricot ", un couple d’amoureux enlacés dans la rue, un violoniste avançant à grands pas dans une allée… Tous extrêmement simplifiés ; formant l’avant-plan central du tableau ; corroborant par leur raideur, la lourdeur du paysage, arbres ou maisons, placés derrière, bouchant l’horizon.

Proche des Expressionnistes, donc, Henri Autran. Et néanmoins éminemment personnel, " hors du temps et des chapelles "*. " Présent " dans chaque paysage. " Disant ", par la seule différence entre les lumières chaudes ou les tons refroidis ; entre les arbres dénudés tordus de vent, ou piquetés d’un semis de fleurs blanches ; entre l’ordonnancement des maisons ou leurs lignes déjetées… si la vie pour lui ETAIT " l’hiver " ou " le printemps " ! Jusqu’au moment où, presque parti déjà dans un autre monde, il n’eut plus la force de détacher les uns des autres, arbres, maisons, personnages, et l’œuvre devint " la Tourmente ", un amalgame de rouges infernaux et de noirs endeuillés !
Jeanine Rivais.(extraits)
Les passages signalés par un astérisque * sont des citations extraites de l’ouvrage.

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Mis à jour le vendredi 19 avril 2019