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Henri Bosco, romancier du terroir provençal .

 

  Henri Bosco, 

  romancier du terroir provençal .

Notre village de Tourtour a le surnom de "village dans le ciel" mais, pourtant, les racines sont bien dans la terre provençale ...Chaque tourtourain a une trace, une empreinte génétique et un héritage culturel qui sont ancrés dans la mémoire du village, avec toutes les branches qui partent du tronc ... Et chacun est un peu le fruit de toutes les coutumes, les traditions, les rites de cette belle région de Provence .

Nous devons nous souvenir d’où nous venons en nous appuyant sur les piliers de notre culture régionale, dans tous les domaines (cuisine, danses, chants, artisanat...) mais aussi en nous plongeant aussi dans la littérature provençale ...

Et aujourd’hui, après d’autres grands écrivains, un hommage à Henri Bosco ...

 

Henri Bosco est né le 16 novembre en 1888 à Avignon,(en Avignon ...) d’une famille provençale et piémontaise. Son père, Louis Bosco, est tailleur de pierre, luthier, et ténor de grand talent. Il doit à son père sans doute le sens musical et le goût du récit imaginaire car son père joue de la guitare, compose des accompagnements et invente des histoires qui n’ont pour tout auditeur que son fils. Sa mère, qui est aussi sa première institutrice, lui enseigne les rudiments de la lecture et du calcul. Du mariage de ses parents sont issus trois enfants morts peu après leur naissance, une quatrième, Marguerite, enlevée à deux ans par le croup, et un cinquième, Henri Bosco, né un an après la disparition de sa sœur.

La première enfance d’Henri Bosco se déroule dans la Cité des Papes mais, dès sa troisième année et jusqu’à 17 ans, son existence est essentiellement campagnarde, à cinq kilomètres environ de là, dans une grande maison solitaire, tout au bout du quartier de Monclar, non loin de la Durance. Ses parents s’absentent fréquemment à cause des engagements que son père accepte. Lors des absences de ses parents il est confié à sa nourrice, Julie Jouve, concierge au Conservatoire d’Avignon, originaire de Bédouin, au pied du Ventoux, et qui avait, rapporte Bosco, du sang gitan. Puis, plus âgé, à sa demande, il restait seul, dans le mas.
Après quelques jours dans une école maternelle tenue par des sœurs, l’enfant, dont la santé délicate est pour sa mère une constante source d’inquiétude, recoit à la maison sa première éducation. C’est elle qui lui apprend à lire et à écrire.
Henri Bosco écrit un premier roman, illustré par ses soins, dès l’âge de sept ans. Ses lectures préférées sont Dumas, Jules Verne, Fennimore Cooper.
De ce temps privilégié, il a extrait nombre de ses personnages. Il y a puisé quantité de faits enregistrés par sa mémoire à la fois fidèle et imaginative. Un écrivain met toujours peu ou prou de lui même dans ses écrits. Bosco y a mis beaucoup, surtout de son enfance.

A dix ans, on le met à l’école des Ortolans, à Avignon, où l’un de ses maîtres est l’inoubliable Monsieur Tamisier qu’il évoque dans le Jardin des Trinitaires.
Puis il fait de solides études classiques au lycée d’Avignon et excelle dans les disciplines littéraires : ainsi à treize ans, il obtient un premier prix pour un poème, Etoile de la mer, envoyé à une revue suisse, La Renaissance. Il garde le souvenir d’un maître exceptionnel qui enseignait grec, latin et français et qu’il appelle dans ses récits Aristide de Cabridolles. Pensionnaire dans ce même lycée, il souffre de la vie qu’on lui fait mener et, un jour, il s’évade pour se réfugier chez sa nourrice Julie.
Henri Bosco poursuit également des études musicales au Conservatoire d’Avignon (harmonie et composition musicales) tout en prenant des leçons de violon auprès de l’organiste de Saint Agricol, Monsieur Maillet, dont il parle dans son ouvrage Antonin

Henri Bosco sera toute sa vie un amateur passionné de musique ; il composera la mélodie de ses Noëls de Lourmarin qu’il chantait volontiers.
Henri Bosco s’inscrit en 1907 à l’Université de Grenoble où il obtient sa licence ès-lettres et son Diplôme d’Etudes Supérieures avec un mémoire sur la papauté avignonnaise (1909). Il prépare l’agrégation d’italien à l’Institut Français de Florence où il passe au moins deux ans et il est reçu agrégé en 1912.
Il enseigne cette langue dans sa ville natale, à Avignon, de 1911 à 1912, puis à Bourg en Bresse en 1912, et enfin Philippeville en Algérie, ayant quitté l’enseignement de l’italien pour celui des lettres classiques auquel il restera fidèle jusqu’à la fin de sa carrière.

Mobilisé en 1914 au 4e régiment de zouaves, Henri Bosco fait campagne dans l’Armée d’Orient et devient sergent interprète à l’Etat-Major, 2e bureau. Il participe aux combats en Grèce, Macédoine, Serbie, Albanie et Hongrie. Au hasard de ses missions il s’intéresse particulièrement aux inscriptions antiques qu’il relève et déchiffre. Blessé et atteint de fièvres, il est soigné en juin 1915 à Alexandrie, au collège Sainte-Catherine tenu par les Frères des écoles chrétiennes et alors transformé en hôpital.
Démobilisé, Bosco est nommé lecteur à l’Université de Belgrade en 1919 où il n’enseigne pas, faute d’étudiants.

Chargé d’une maîtrise de conférences à l’Université de Grenoble, Henri Bosco est détaché à l’ Institut Français de Naples où il reste dix ans. Il y donne des cours publics dont la rédaction fait naître en lui le projet d’écrire, en prose, une oeuvre d’imagination plus personnelle. Il parcourt la contrée autour de Naples et fait une découverte qui marquera son évolution spirituelle : il visite à Pompéi la Villa des Mystères et approfondit sa connaissance de l’orphisme et des rites initiatiques des religions antiques. Il noue à Naples beaucoup de relations, rencontrant par exemple Max Jacob avec qui il échange des lettres, et le philosophe Jean Grenier qui devient son ami.

Ci-dessous, le village de Lourmarin .

Il participe pas moins aux côtés de R. Laurent-Vibert à la restauration du château de Lourmarin et à sa transformation en une Fondation culturelle de haut renom après la mort accidentelle de ce mécène en 1925. Le nom de Henri Bosco est inséparable de l’oeuvre accomplie par la Fondation Robert Laurent-Vibert. Son premier roman, Pierre Lampédouze, est publié en 1924. On y trouve déjà toute l’atmosphère qui sera celle de ses romans et de ses poésies : mystère mêlé à la réalité quotidienne, monde paysan avec ses croyances ancestrales, magie de la Provence...

  

En 1927, Louis Bosco, meurt à 80 ans à Lourmarin et est inhumé à Marseille.
Henri Bosco épouse Madeleine Rhodes le 16 juillet 1930, à Ollioules dans le Var. De 1930 à 1931, il enseigne à Bourg-en-Bresse.
Henri Bosco arrive au Maroc à l’automne 1931. Il y passera vingt quatre années, les plus riches et les plus fécondes de toute son existence. C’est là que son oeuvre va prendre sa pleine dimension spirituelle. A Rabat où il s’est établi, il enseigne les lettres classiques au lycée Gouraud. Vers la fin de sa carrière, il est chargé de la classe de Lettres Supérieures. Président de l’Alliance Française au Maroc, il permet aux représentants de la culture française de s’adresser au public marocain lettré. Il collabore activement à la vie intellectuelle en métropole par ses articles publiés dans les Nouvelles Littéraires, les Cahiers du Sud, l’Arche. Il fonde et dirige la revue Aguedal qui paraît de 1936 à 1945 avec quelques interruptions. Il y publie poèmes, études, comptes rendus et y accueille de nombreux collaborateurs comme Henri Pourrat, Gabriel Audisio et bien d’autres.

L’Ane Culotte   y paraîtra partiellement à partir de mai 1936. Bosco donne des articles aux revues d’Afrique du Nord comme la Revue de la Méditerranée ou la Revue d’Alger. Il écrit le texte d’un film documentaire sur les Contes de la forêt berbère.
En 1942, Louise Faléna, sa mère, née à Nice meurt à 83 ans à Rabat où elle est inhumée.
En 1945, après le Prix Renaudot, il prend une retraite anticipée.
En 1955, Henri Bosco quitte à 67 ans ce Maroc qui lui fut si cher et qu’il n’oubliera jamais. Il s’installe à Nice, sur les hauteurs de Cimiez, dans un vieux mas provençal, la Maison Rose, qui deviendra un haut-lieu d’amitié et de vie spirituelle. Tout en poursuivant l’élaboration de son œuvre, Henri Bosco donne de nombreuses conférences en France et à l’étranger, préside les jurys de plusieurs prix littéraires et est appelé à siéger au Conseil de l’Université de Nice, nouvellement crée, en octobre 1965.
Il recoit en 1949 le prix des Ambassadeurs, en 1953 le Grand Prix National des lettres, le Grand Prix Prix de la littérature pour les jeunes en 1959, en 1965 le Grand Prix de la Méditerranée, en 1967 le Grand Prix de l’Académie de Vaucluse, et en 1968 le Grand Prix du Roman de l’Académie Française. Il est Commandeur de la Légion d’Honneur, de l’Instruction Publique et de l’Ordre National des Lettres. Il a reçu la Croix de Guerre 14-18 et la Médaille Militaire Serbe. Chevalier de la Couronne d’Italie, il est Citoyen d’Honneur des villes d’Avignon et Nice. La ville de Marseille l’honore de sa Grande Médaille d’Or.
Henri Bosco meurt à Nice le 4 mai 1976, et est enterré au cimetière de Lourmarin.

Un site internet très intéressant est consacré à l’écrivain : n’hésitez pas à cliquer sur le lien henribosco.free.fr/ 

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Mis à jour le vendredi 28 juillet 2017