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Henry de La Tour (1557-1648), seigneur majeur de Tourtour.

Henry de La Tour (1557-1648),
seigneur majeur de Tourtour.

 Henry de LA TOUR (1557-1648), 

 Seigneur majeur de TOURTOUR 

Cet article a été rédigé par François Monchablon qui m’a proposé de le publier sur le site "Tourtour, notre village" : il a fait un remarquable travail d’historien en se basant sur des sources qu’il qualifie de fiables (voir bibliographie plus bas) et il nous invite donc à découvrir ce personnage qui appartient bien sûr au patrimoine historique,de Tourtour...
Un détail : François n’a pas eu honte de participer au site "T.n.v."et je le remercie pour cette attitude courageuse consistant à privilégier l’intérêt général avant de se préoccuper de son petit nombril...Comme ce serait bien que quelques tourtourains osent transgresser la règle locale de l’omerta, véritable cadenas de l’expression libre sur le village....
On pourrait alors ........et pourquoi ne pas imaginer que ..... rendez-vous compte si ....... sans oublier non plus que ......... Espérons .....

Revenons à notre cher Henry de la Tour...

En 1266, Charles Ier d’Anjou est couronné « roi des deux Siciles » et fait son entrée victorieuse à NAPLES en compagnie de ses troupes provençales (BAUX, BARRAS, BLACAS, CASTELLANE, SABRAN, PONTEVES, VILLENEUVE ,…).
En 1282 la famille LA TOUR possédait déjà des fiefs au royaume de NAPLES et Lucas de LA TOUR était enterré dans l’église de sainte Fortunée à Naples. Le chef de cette famille était-il issu des chevaliers franco-provençaux suivant leur souverain dans sa conquête angevine ou bien faisait-il partie des feudataires napolitains ayant accepté la nouvelle dynastie ?

Après l’assassinat de la Reine Jeanne et la déroute de l’armée de Louis Ier d’Anjou à NAPLES en 1382, Philippe de LA TOUR se vit confisquer tous ses biens par Charles de DURAZZO (de DURAS). Son fils, Louis n’eut pas d’autre choix que de se retirer de la Campanie et de se réfugier en Provence en suivant Louis II Duc d’Anjou qui le récompensera généreusement de sa fidélité en le qualifiant de « Prince feudataire du Royaume de Naples » et capitaine général du baillage de Digne. C’est ainsi que Louis de LA TOUR s’installa à HYERES, viguier et capitaine de la cour royale d’Hyères en 1432, il devint seigneur de ROUMOULES et de TOURTOUR, après son mariage avec Béatrix de CORMIS (de COMPS), Dame de ROUMOULES.

la reine Jeanne de Naples

Vers la fin du XVème siècle, la famille de BLACAS vint s’installer à TOURTOUR par l’intermédiaire d’Antoine, souche de la première branche de la maison de TAURENNE. Sa fille Yolande se mariera avec Honoré d’ESPARRON TOURTOUR, seigneur de TOURTOUR et probablement propriétaire de l’ancien château. Ce couple mariera plus tard sa fille Louise à Henry de LA TOUR. Honoré s’étant marié en première noce avec Catherine de LA TOUR, la tante d’Henry.

Au XVI siècle, durant les guerres de religions en Provence, Jean de PONTEVES, Comte de CARCES, à la tête de la « ligue » constituée d’ultra-catholiques, luttait contre les protestants, les « Huguenots ». Henry de LA TOUR, seigneur de ROUMOULES et de TOURTOUR, né en 1557, soutint le siège de LORGUES contre la Ligue en 1579, après la Saint Barthélémy. Ce seigneur avait apparemment choisi de rester fidèle au Roi, alors que son frère René et sa belle sœur, Anne de LINCEL étaient membres de l’Eglise Réformée de Riez (E.R.R.).

"Henry de LA TOUR se signala dans toutes les guerres de son époque".
En 1596, après l’abjuration du Roi Henry IV, Charles Ier Duc de GUISE, gouverneur de la Provence, ordonne à Henry de LA TOUR de lever les troupes nécessaires et de se saisir du château de SALERNES avec l’aide de ses trois fils .

abjuration d’henri IV.

En 1607, Ferdinand Ier de MEDICIS et son épouse Christine de LORRAINE, duchesse de FLORENCE et petite fille de la Reine Mère, le prient de constituer un régiment en Provence et de se joindre à l’expédition de FAMAGOUSTE à CHYPRE qui n’aura pas le succès attendu. Néanmoins, Henry aux côtés de son fils Anibal en tirera tout de même de la gloire et deviendra à cette occasion colonel d’un régiment d’infanterie ! En 1628, Anibal se noiera lors du passage à cheval d’un gué, dans le Verdon au pied du village de BAUDUEN.

Christine de Lorraine

Un an plus tard, accompagné de ses autres fils, Henry de LA TOUR participe à la réddition de MONTAUBAN par des attaques incessantes des environs, isolant la cité calviniste.
En 1635 les Espagnols occupent les îles de LERINS et la même année RICHELIEU déclare la guerre à l’Espagne : du coup chaque ville reçoit l’ordre de fournir des hommes pour participer à la bataille. En 1637 avec cette fois deux de ses fils, Henry part à l’attaque de Sainte Margueritte, à la tête d’un régiment de 20 compagnies de 60 soldats chacune, soit 1200 hommes ! C’est un combat de la « guerre de trente ans » qui oppose la monarchie catholique espagnole au royaume de France. Après avoir été repoussé, Henry contre-attaque vaillamment, malgré ses 80 ans et reçoit deux coups d’épée à la tête ! Blessé, il est fait prisonnier et sera échangé contre un capitaine napolitain. Il sera également chargé par le Comte d’HARCOURT et avec le commandeur GUIRAULT de la réddition de l’île de St Honorat. La France avait engagé dans cette bataille trois escadres soit 39 vaisseaux ainsi que 10 régiments à terre dont celui de La TOUR. Les Espagnols capitulèrent au bout de 45 jours, en mai 1637 !

les îles de Lérins

Le Roi LOUIS XIII apprit le comportement courageux de Henry de LA TOUR, « il lui écrivit une lettre tout à fait obligeante et après avoir hautement loué sa valeur, lui envoya le brevet d’une pension de 1500 livres pendant la vie » qui sera longue puisqu’il décèdera à TOURTOUR en 1648, à l’âge respectable de 91 ans !

De ses fils, seul Gaspard aura échappé à la mort sur les champs de bataille. Ce dernier est décédé en 1691 à l’âge de 95 ans et enseveli dans l’église paroissiale de TOURTOUR après avoir fondé une famille de tourtourains. Jean-Louis, l’héritier de son petit fils Denis Marcel, vend leur château en 1769 à Jean BOUSQUET. La famille de LA TOUR aura vécu au village pendant deux siècles et Jean-Louis de LA TOUR la dispersera entre Mouans-Sartoux, prés de Grasse et Tanneron au cours de la seconde moitié du XVIII siècle ! En 1719 un délibéré communal disait d’elle : «  Les LA TOUR ont de l’affection pour tous les habitants du village et les habitants ont des déférences pour Denis Marcel et ses prédécesseurs, dues à leur naissance ».


le château de la famille de La Tour

C’est aux LA TOUR que l’on doit les armoiries de TOURTOUR. En effet cette famille avait principalement dans ses armoiries une tour surmontée d’une étoile d’or sur champ d’azur. En 1697, lorsque les communautés furent obligées, sous Louis XIV, de déposer leurs armoiries, un « expert spécialisé » a pensé qu’une tour pour les LA TOUR valait bien deux tours pour TOURTOUR !

 

François MONCHABLON

Bravo encore à François pour ce travail de recherche et merci pour sa participation au site que certains veulent qualifier de subversif ou de terroriste pour la simple raison qu’il tente seulement de les empêcher de se croire au-dessus de tout et de tous ....Parfois, le site aborde d’autres sujets (histoire, environnement, culture, patrimoine....) mais certains veulent se cacher les yeux avec la même vigueur qu’ils mettent à faire taire ceux qui veulent pourtant parler !!...Pauvres d’eux !...

Bibliographie :

  • L’état de la Provence dans sa noblesse. Abbé Robert de Briançon (1643)
  • Mercure François tome 21 (1637)
  • Cabinet des titres, Dominique Robert (1601-1700)
  • Dictionnaire historique et héraldique de la Noblesse Français, D de Mailhol (1896)
  • Les maintenues de Noblesse en Provence, Belleguise (1667- 1669)
  • Dictionnaire universel de la noblesse de Courcelles (1820)
  • Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence. Artefeuil Tome II (1776)
  • Correspondance de henri d’Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux (1593- 1645), Eugène Sue
  • A.D. des Alpes de hautes Provence, des Alpes maritimes et du Var
  • Wikipédia (+ photos)
  • Histoire de Toulon (deuxième partie), Gustave Lambert (1899)
  • E-corpus, fond des archives Tressemanes-Brunet de Simiane
  • L’aristrocratie comtale sous les Angevins (1265-1435), Sylvie Pollastri (2013)
  • Recherche de la noblesse de Provence, Baron du Roure (1910)
  • L’église réformée de Riez (1550 – 1700), Michel Heymès (1983)
  • Histoire de la principale noblesse de Provence (1719)
    Et bien sûr, les deux ouvrages consacrés à l’histoire de Tourtour :
    * Tourtour chronique d’un village du Haut-Var (d’André et Nicole CABAU - 1988)
    * Tourtour, monographie et vie quotidienne (de Guy DESIRAT - 1997)

     

 

 

 

 

 

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Mis à jour le vendredi 28 juillet 2017