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"Jo" Cavalière, élégant tireur de longue

 "Jo" Cavalière, 

 élégant tireur de longue 

L’ancien grand joueur de longue, le tireur au jeu provençal, Georges Cavalière, vient de décéder à 82 ans : je vous avoue que l’annonce de ce décès m’a fait un petit quelque chose car de nombreux souvenirs me sont alors revenus à l’esprit... L’été dernier, je regardais Ryan, le fils de Peggy et de Fred, qui "badait" en regardant les joueurs de boules sur notre terrain du grand jardin public : il était totalement concentré, attentif à tout ce qui se passait sur le boulodrome et je me revoyais, tout gamin, en train de "bader" devant les exploits de Jo Cavalière, Lilou Maurin, Fernand Carbonel, Serge Borsi, Alphonse Baldi, Marcel Calecca, Yves Tosi ; Victor Galfré, Georges Biasotto, Petit Fernand, Tricon le Japonais, Zambotti de Vidauban, Bébert de Cagnes ....

Un petit hommage en souvenir de ces champions...

L’article de dimanche (Var-matin du 5 février 2017, édition "Draguignan, Pays de Fayence")
Le jeu provençal orphelin de Jo Cavalière

Le monde bouliste est en deuil, suite au décès de Georges Cavalière dans sa 82ème année. Cet homme charmant était un personnage qui a écrit les belles pages du jeu provençal. Dans le milieu bouliste, l’évocation de son nom impose le respect. « Jo », pour les intimes, a gagné les plus grands concours et joué avec les meilleurs.
Georges Cavalière était un as de la longue, qu’il mettait au sommet des jeux de boules. Et dont il disait, lors d’un entretien accordé à Var-matin en 2013 : « Cette manière de jouer, de faire trois pas en tirant, d’envoyer plus loin… C’est plus compliqué que la pétanque (...) Le jeu provençal demande sans doute plus d’adresse, les parties sont plus longues, les concours durent plusieurs jours ».

Un palmarès des plus flatteurs
Lui-même en a été l’un des plus grands champions. Son poste préféré, tireur. « On s’amuse beaucoup à ce poste. Le tireur, c’est celui qu’on regarde. Il y a aussi du plaisir à frapper les boules » soulignait-il. Il a ainsi remporté une trentaine de concours de prestige en quatre ans. Et forma, avec le regretté Fernand Carbonnel, un duo reconnu de tous. Avec Lovino, Carbo et Casini, il restera pourtant parmi les ténors de la discipline à n’avoir pu obtenir le sacre national. Jo Cavalière laisse, néanmoins, un palmarès des plus flatteurs : trois fois vainqueur du Provençal en 1972, 1988 et 1990, ce qui restait son « meilleur souvenir ». Mais aussi deux fois vainqueur du République en 1972 et 1987, une fois vainqueur du Vaccaro, trois fois vainqueur du Tholonet en 1990, 1991 et 1992, une fois vainqueur du National de Bernis en 1995, deux fois vainqueur du National de Digne, une fois vainqueur du National de Saint-Maximin en 1990, etc.
Cette figure dracénoise a su conjuguer sa passion pour la longue à ses activités professionnelles. Ainsi, après avoir été le patron du bar Les 1000 Colonnes, place aux Herbes, durant une trentaine d’années, il avait ouvert un pressing rue Labat. Il s’était ensuite retiré au Muy avec Annie, sa femme.

Légende photo : L’ancien ténor de la longue a rejoint les légendes du jeu provençal. (Photo doc Christophe Chavignaud)

Celui que tout le monde surnommait "Jo", a tenu, pendant plus de trente ans, le restaurant des Mille colonnes, dans le centre ancien de la cité du Dragon.

Depuis son adolescence, il pratiquait la longue et était devenu membre du bureau de l’Entente bouliste des clubs de Draguignan. Jo n’aura eu de cesse d’agir pour la promotion de son sport favori et de résister face à la montée en puissance de la pétanque.(En 2013, il avait accordé une interview à notre journal, dans laquelle il continuait à la défendre bec et ongles). Pour lui, "la longue demandait sans doute plus d’adresse". Parti couler une retraite paisible au Muy, il continuait de se tenir informé des palmarès de sa discipline fétiche.

...Et l’article du 25 mai 2013 :

Jo Cavalière : « Cette épreuve est un chef-d’œuvre ! »

Interview L’ancien ténor de la longue revient sur son impressionnante carrière et sur les « Neufs jours du Dragon » qui démarrent aujourd’hui par un National... au jeu provençal

Dans le milieu bouliste, l’évocation de son nom impose le respect. Il a gagné les plus grands concours, a joué avec les meilleurs. Georges Cavalière, Jo pour ses amis, est sans aucun doute l’un des Varois les plus titrés du jeu provençal. Une légende vivante de la longue. Patron du bar des Milles colonnes sur la place aux Herbes à Draguignan pendant une trentaine d’années, ce gentleman des boules s’est retiré au Muy en compagnie de son épouse, Annie. Avec gentillesse, il revient sur ses souvenirs, sa grande carrière, mais aussi sur les « Neuf jours du Dragon » qui débutent aujourd’hui par un National au jeu provençal - du 25 au 27 mai au boulodrome municipal- pour se terminer le 2 juin sur la finale de l’International de pétanque Var-matin. Neuf jours de haute volée qui, selon lui, imposent le respect tant l’épreuve est bien organisée. Nous partageons son avis !

Que pensez-vous des « Neuf jours du Dragon » ?
Je n’en reviens toujours pas ! Cette épreuve est un chef-d’œuvre ! Jean-Michel Raffalli et son équipe sont à féliciter. Pour la ville de Draguignan et les commerçants, c’est énorme. Il y aura beaucoup de monde, ce sera vraiment extraordinaire. Nous concurrençons tous les grands prix de France. Lorsque j’étais dans le bureau de l’Entente bouliste des clubs de Draguignan, nous n’avons jamais réussi à créer un tel événement. On a fait quand même trois championnats de France au jeu provençal. Mais jamais une compétition de cette ampleur. C’est inimaginable.
Serez-vous présent ce week-end pour le national ?
Je monterai peut-être à Draguignan y faire un tour. Mais je ne vous promets rien, je ne suis pas trop en forme. Mais si j’ai l’occasion, je viendrai. Il y aura de belles parties.
Quelles différences entre la longue et la pétanque ?
Cette manière de jouer, de faire trois pas en tirant, d’envoyer plus loin... C’est plus compliqué. Pour tirer, il faut être jeune et souple. Remarquez, moi, j’ai gagné le Provençal trois fois en tirant, en faisant le milieu et en pointant ! Le jeu provençal demande sans doute plus d’adresse, les parties sont plus longues, les concours durent plusieurs jours. Tenez, le Provençal est étalé sur six jours. Six jours pour faire onze parties. C’est pas de la rigolade ! Mais attention, la pétanque c’est difficile aussi car il y a beaucoup de pression.
Quel avenir pour ce jeu ?
Je pense que dans quelques années il s’arrêtera car la pétanque aura pris le dessus. A la pétanque, les concours sont plus faciles à organiser, les terrains plus réduits, les parties très courtes. Et c’est moins difficile.
Les champions d’aujourd’hui sont-ils les mêmes que ceux d’hier ?
Je me tiens au courant en lisant les journaux et les résultats. Je pense qu’à pétanque, ils sont beaucoup plus forts qu’avant. Ils viennent de toute la France alors qu’avant, on avait pratiquement le monopole avec des champions des Bouches-du-Rhône ou du Var. Pour le jeu provençal, ils ont aussi évolué. A mon époque, il y avait beaucoup plus de tirs. Les années 80-90, c’était l’Hollywood des boules ! Avec des joueurs exceptionnels. Baldi, quand il tirait, t’aurais payé pour le regarder. C’était du grand spectacle. Comme avec Carbonnel, Benoit-Gonin, le Japonais, Otello, Pizzorno, Levavasseur, ou Griseri avec qui j’ai remporté une trentaine de nationaux en quatre ans.
Quelles sont les clés pour bien jouer au jeu provençal ?
Si tu pointes bien alors tu iras loin. Je parle des concours régionaux. Après c’est encore autre chose. Pour gagner à haut niveau, il ne faut pas trembler. Ne pas être impressionné par les gens qui te regardent. Et puis ne pas rater les boules importantes. Pour gagner une grosse compétition, il faut du sang-froid. C’est valable pour la pétanque.
Votre poste préféré ?
Tireur. On s’amuse beaucoup à ce poste. Le tireur, c’est celui que l’on regarde. Il y a du plaisir à frapper les boules.
Votre meilleur souvenir ?
Le Provençal. C’est un peu comme les championnats du monde. Il y a deux mille équipes au départ. Je l’ai gagné trois fois en 72, 88 et 90. Avant, j’avais fait une finale en 58. Il y a aussi le Midi libre à Nîmes. Lorsque tu rentres dans les arènes, c’est impressionnant. J’ai fait deux fois la finale.
Le pire...
La finale du championnat du Var tête à tête contre Hideux. Pour gagner, il devait taper le bouchon et il l’a fait. J’avais 16 ou 18 ans… Et j’ai pleuré.
PROPOS RECUEILLIS PAR J. J. ET J. L.

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Mis à jour le mardi 25 avril 2017