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L’absinthe .

L’absinthe 


  

 A Tourtour on ne boit plus d’absinthe : de nos jours, le pastis est la boisson pilote du Midi (et du soir). A la fin du XIXème siècle et jusque vers 1905, les provençaux buvaient l’absinthe (le nom désigne à la fois la plante et la liqueur) qui était appelée aussi "la fée verte" (pour le pastaga on dit "le jaune").

Sur les terrasses, à la maison, cette liqueur était bénie des Dieux mais elle avait parfois des allures de Diable : en effet, les composants naturels n’empêchaient pas les associations chimiques quelque peu troublantes pour le système nerveux. Autrement dit, l’absinthe montait vite à la tête et sa consommation régulière pouvait entraîner des désagréments physiques mais surtout neurologiques. Les artistes, les poètes, les musiciens, les peintres lui ont donné un caractère que l’on qualifierait aujourd’hui de "people" mais les autorités, conscientes des effets nocifs de la liqueur, en arrivèrent à l’interdire. Après une période normale de contrebande, elle finit par disparaître .

Les plants d’absinthe étaient malgré tout conservés dans la plus grande discrétion. A Tourtour, il en existe encore en 2009 mais la bouche est presque totalement cousue : il se dit que du côté de Camp-Fournier... Ceux qui font leur "pastis maison" (avec les petites fioles d’extraits et l’alcool à 90° dilué) en rajoutent quelques feuilles avec réglisse et fenouil.

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L’absinthe (Artemisia absinthium L.) aussi nommée grande absinthe en opposition avec la petite absinthe (Artemisia Pontica) est une plante de la famille des Astéracées. Plante vivace, herbacée, pouvant mesurer jusqu’à 1 mètre. Plante recouverte de poils soyeux blancs argentés et de nombreuses glandes oléifères. La tige est de couleur vert argent, droite, cannelée, ramifiée et très feuillée.

Les feuilles sont alternées, gris verdâtre sur le dessus et presque blanches et soyeuses sur le dessous. Les feuilles basiliaires mesurent jusqu’à 25 centimètres de long et sont longuement pétiolées. Les feuilles caulinaires sont brièvement pétiolées, moins divisées. Les feuilles au sommet peuvent même être simples et sessiles (sans pétiole). La floraison a lieu de juillet à septembre. Les fleurs sont jaunes, tubulaires, réunies en capitules globuleux, penchés, à leur tour réunis en panicules feuillés et ramifiés.

  

 Peut facilement être cultivée dans un terrain sec et pauvre. À mettre en exposition chaude sur sols fertiles, et semi-lourds. Elle préfère les sols calcaires et riches en azote. Se reproduit par éclat des vieux pieds à l’automne ou au printemps, éventuellement par semis en mars avril.

    

Son odeur caractéristique peut la faire utiliser pour réaliser des purins de plantes. Dans le principe des cultures associées, l’absinthe, de par ses sécrétions racinaires d’absinthine, exerce un effet inhibiteur sur la croissance des plantes environnantes. Elle éloignerait les pucerons, mais il ne faut la planter que sur les bords des planches de culture.

 

 

  • L’absinthe était la plante d’Artémis, déesse grecque responsable des morts violentes. Dans l’Antiquité gréco-romaine, on l’utilisa en infusion comme antidote du poison (ciguë) ou pour ses vertus abortives. Au XVIIe siècle, l’absinthe servait d’insecticide.
  • L’absinthe est surtout connue pour avoir été l’ingrédient de base d’une boisson populaire au XIXe siècle. Rimbaud et Verlaine étaient des buveurs d’absinthe. Interdite dans de nombreux pays depuis le début du XXe siècle, elle est de nouveau autorisée dans certains pays depuis quelques années.
  • Vin d’absinthe
  • En Afrique du Nord, où elles sont appelées chiba, les feuilles d’absinthe sont parfois ajoutées au thé à la menthe classique (en petite quantité, le goût étant très fort) soit pour leur goût particulier et très apprécié, soit pour pallier la rareté de la menthe en hiver, soit tout simplement pour réchauffer le corps.  En bouquet sec, l’absinthe éloigne les insectes. 

     

    • Partie utilisée : Cueillette des sommités fleuries en ajoutant les feuilles lors de la pleine floraison.
    • Propriétés : Vermifuge, stomachique, emménagogue, cholagogue.
    • Substances actives : silice, deux principes amers (absinthine et anabsinthine), substances tanniques et résineuses, acides malique et succinique et la thuyone (un terpénoïde) qui est la principale responsable des effets secondaires sur le système neurologique. 

    • Préparations diverses : :
      • Séchage rapide à l’ombre, ou par chaleur artificielle, au four de 35° à 40°C au maximum ou au micro-onde.
      • Infusion : mettre 5 gr de sommités fleuries séchées par litre d’eau bouillante, prendre une petite tasse 2 à 3 fois par jour.
      • Macération : on peut obtenir du vin ou de la liqueur. Pour le ratafia il faut laisser macérer 15 jours dans 1 litre d’eau de vie à 60° le mélange de 40gr de feuilles d’absinthe, 20 gr de baie de genièvre, 5 gr de cannelle et 1 gr de tige fraîche d’angélique. Après avoir filtré on ajoute le mélange de 1/3 l d’eau 15 gr d’eau de fleur d’oranger et 250 gr de sucre
      • Poudre : L’herbe ainsi employée peut servir de vermifuge : la dose pour une potion est alors de 2 à 3 grammes.
      • Teinture (également vendue en pharmacie) : 10 à 30 gouttes dans 100 ml d’eau, prendre 2 à 3 fois par jour, 3 minutes avant le repas (comme tonique) ; 20 à 60 gouttes 3 fois par jour dans 50 ml d’eau (pour la bile).
    • Précautions d’emploi :
      • La plante possède des substances actives dangereuses.
      • L’utilisation de la drogue doit être limitée.
      • Ne pas administrer aux femmes enceintes.

    Indiquée en cas d’insuffisance de suc gastrique, active la circulation sanguine dans les régions du bassin (emménagogue), l’excrétion biliaire, et agit comme désinfectant.

     

     Les cuillères à absinthe : 

    Toutes les vraies absinthes sont au moins légèrement amères ; ceci est du entre autres aux traces d’absinthine (issus de la grande absinthe) se retrouvant dans le produit final. Elles sont donc le plus souvent servies avec du sucre, ce qui contrebalance l’amertume, mais aide aussi au développement des parfums d’herbes et floraux.

    Le rituel classique français commence avec le placement d’un morceau de sucre sur une cuillère plate perforée reposant sur les bords d’un verre contant une mesure d’absinthe. De l’eau glacée est ensuite versée très lentement sur le sucre qui se dissout petit à petit, et tombe au goutte à goutte, troublant le liquide vert, qui ’louche’ et tend vers un blanc opalescent. Normalement, l’on rajoute trois à quatre parts d’eau pour une part d’absinthe à 68%. Les vrais absintheurs d’antan prenaient grand soin à verser l’eau très délicatement, au goutte à goutte, en admirant la trace laiteuse que chaque goutte faisait apparaître dans l’absinthe verte périgord ; observer les changements de couleur du liquide faisait partie des plaisirs du rituel. 

       

    Le Mus�e virtuel de l'absinthe - Le monde de l'absinthe et des antiquit�s li�es � l'absinthe. Cuill�res � absinthe, verres, carafes, fontaines, livres, affiches sur l'absinthe

    Les cuillères à absinthe sont des objets de collections très prisés ; il y a des centaines de modèles. Certaines furent dessinées spécialement pour commémorer un événement historique, comme l’ouverture de la Tour Eiffel en 1889, certaines représentaient des feuilles d’absinthe entrelacées, et encore d’autres étaient dotées de gravures publicitaires pour une des marques de l’époque.
    Presque tous les modèles ont été catalogués par les soins de Marie Claude Delahaye, l’autorité en matière d’absinthe et d’accessoires, et auteur de plusieurs livres sur le sujet.

        

     

    Références bibliographiques de deux livres de Marie-Claude Delahaye qui ont beaucoup servi pour écrire cet article sur l’absinthe. Il s’agit de "L’Absinthe, Histoire de la Fée verte.éd. Berger-Levrault, 1983" et "L’Absinthe-Son Histoire. Musée de l’Absinthe, Auvers-sur-Oise édition, 2001". Pour ceux qui voudraient en savoir plus, le Musée de l’Absinthe a à présent un site www/musee-absinthe.com

     

  • Vos commentaires

    • Le 12 janvier 2010 à 18:09, par Marie-Claude Delahaye En réponse à : Références bibliographiques

      Bonjour,
      Vous serez aimable d’indiquer les références bibliographiques de deux de mes livres qui vous ont servi pour écrire votre article sur l’absinthe. Il s’agit de "L’Absinthe, Histoire de la Fée verte.éd. Berger-Levrault, 1983" et "L’Absinthe-Son Histoire. Musée de l’Absinthe, Auvers-sur-Oise édition, 2001".
      Pour ceux qui voudraient en savoir plus, le Musée de l’Absinthe a à présent un site : www/musee-absinthe.com
      Je vous remercie d’indiquer ces précisions.
      Bien cordialement
      Marie-Claude Delahaye

    • Le 12 janvier 2010 à 18:30, par Gilbert Giraud En réponse à : Volontiers ...

      Les références seront notées sur l’article . Bravo pour vos travaux sur cette boisson mythique qui est revenue depuis peu dans le commerce . Cordialement .

    • Le 28 janvier 2010 à 13:46 En réponse à : Merci

      Merci d’avoir indiqué les références d’usage et fait un lien avec mon site.
      N’hésitez pas à me contacter si vous avez quelques questions sur le thème de l’absinthe.
      Je vous souhaite de continuer à faire vivre votre site où l’intérêt est varié.
      Bien cordialement
      Marie-Claude Delahaye

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    Mis à jour le jeudi 19 octobre 2017