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L’agachon, le poste à grives : les chasseurs de petit gibier à Tourtour

  L’ agachon, le poste à grives : 

 les chasseurs de petit gibier à Tourtour 

Un quartier de Fréjus (près des arénes romaines) est nommé "l’Agachon" : ma cousine Jacquine y a séjourné quelques années et j’avoue ne m’être jamais demandé alors ce que signifiait ce terme... Au cours de lectures sur les grives, je suis tombé sur ce même mot qui définissait ce que nous appelons à Tourtour "le poste"...

Ceux que l’on qualifie de chasseurs de petit gibier (grives, merles, perdreaux, bécasses, faisans...) sont habitués à bâtir leur poste : c’est leur univers, leur pré carré, leur territoire, leur forteresse... Chacun a son style, son mobilier, sa taille, ses matériaux... Le plus souvent des pierres, des branches, des feuilles, des tissus, des tôles, des planches...Certains chasseurs placent une chaise, d’autres préfèrent un fauteuil et parfois même un petit canapé pour s’offrir parfois une petite sieste réparatrice "en cas de besoin"...(on se souvient du joli poste de Loulou avec son canapé rouge - pompier oblige ! -, à environ 300m de la source des Moulières).

La chasse à l’agachon est une technique de chasse à l’affût léger qui se pratique en Provence occidentale. Le terme agachon est la francisation régionale du nom provençal agachoun (agachon en graphie occitane normalisée), "poste de chasse à l’affût". Agachoun est le diminutif de agacho (agacha en occitan), "lieu d’où l’on guette ou épie", "lieu d’observation", lui-même issu de agachar, "guetter", "épier".

Par l’usage, agachon en est venu à désigner la cabane de branchages ou de matériaux de fortune utilisée comme poste de chasse. Lorsqu’il s’agit de chasse aux appelants (grives vivantes), la cabane est dite cabano vivo ("cabane aux vifs")

L’agachon est souvent constitué d’amas de branches vertes liées entre elles par la main de l’homme. Il a la particularité tout d’abord d’avoir une forme en arc de cercle, d’être démuni de toit, avec une hauteur variant de 1.50 m à 2 m. Différentes variantes sont possibles avec la mise en oeuvre de différents matériaux plus ou moins modernes comme pour la construction d’un poste à feu. L’agachon n’a cependant jamais de toiture contrairement au poste à feu qui peut souvent se rapprocher d’une construction élaborée, avec pierres taillées...

Les emplacement des agachons pour la chasse à la grive dépendront des périodes ainsi que des habitudes des oiseaux : les chasseurs étudient les comportements des vols et choisissent ensuite leurs stratégies. Cela dit, la tactique de Gaby ne sera pas toujours la même que celle d’André, celle d’Henri n’était pas souvent celle de Loulou...

** sur les flans de collines pour les périodes de migration (passée du matin).
** dans les plaines pour les périodes d’hivernage pendant les déplacements des oiseaux.
** dans les collines (lieux de dortoir) pour les passées du matin (descente) ainsi que du soir (remontée, retirée).


Un poste sobre, discret et bien taillé en rond...

La pratique est semblable à celle du poste à feu, avec ou sans appeau (chilet), avec ou sans appelant (grive en cage vivante), on tire les grives au vol (ou parfois posées), lorsqu’elles sont à proximité de l’agachon...

Le fusil de chasse (calibre 12,16,20...) est l’arme utilisée, pour ce mode de chasse à la grive que l’on appelle couramment chasse au poste. Elle débute au mois d’octobre, lors de la migration d’hiver, dite le passage, pour se terminer au mois de février ; la dernière période est dite la repasse. La meilleure journée de chasse est le jour de Sainte Thérèse, le 15 octobre.(cette théorie traditionnelle a bien du mal à se vérifier de nos jours puisque l’on sait que depuis quelques années, la population des grives sur Tourtour a diminué de façon dramatique : il y a encore dix ans, Alexandre -"Robert des vaches"- ou Gaby-Yves ne rentraient jamais le soir sans avoir tiré une trentaine de siffleuses ou chacha ou draines).
Lorsque l’on dit "chasse aux grives", il faut se rappeler du vieux dicton "Faute de grives, on mange des merles". On l’aura compris, les merles font partie du gibier chassé au poste.(à noter qu’en Corse, ils disent l’inverse "faute de merles on mange des grives" !!..ah bon !..)

Les arbres qui l’entourent ont également droit au nom de poste : ils doivent être disposés en demi-rond. sur le devant du poste. On les choisit à l’avance, lorsque l’on veut construire un poste, pour leur forme et leur position, sur une légère élévation de façon à être vu par les oiseaux, mais aussi pour que le chasseur voit bien arriver les oiseaux. Lorsque l’on construit le poste, on aura soin de l’orienter de telle façon que le soleil levant n’éclaire pas la façade principale afin que le chasseur ne soit pas ébloui. Les branches de ces arbres doivent être taillées et arrangées pour former perchoir et être assez éclaircies pour bien y voir à travers. (sur la photo ci-dessus, on voit le chien qui ira chercher la grive : sa mission sera facilitée si le terrain a été débarrassé des espaces trop touffus, des ronces, des branchages morts).

Construire le poste, se lever de bonne heure, patienter, surveiller, tirer juste, plumer...ce n’est pas de tout repos...
Mais la récompense fait tout oublier !!...(séquence nostalgie)..

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Mis à jour le jeudi 12 décembre 2019