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L’aïoli monstre .

L’aïoli monstre   

Dans le midi, quand on dit aïoli monstre, ça veut dire repas de la fête du village. Chaque année, le journal Var-Matin titre (dans les pages locales) " Aïoli monstre à.....". Pratiquement tous les villages ont leur journée aillée et leur repas : certains, comme Vérignon, sont connus pour cette manifestation car prendre ce repas traditionnel sous les grands chênes est un moment que l’on n’oublie guère. Dans le Var, des dizaines de familles sont tellement friandes de cette coutume qu’elles courent à travers le département pour comparer les assiettes. 

  

Cette tradition provençale est respectée à Tourtour depuis de longues décennies et elle accueille chaque été de 200 à 250 convives. De nos jours, le repas est organisé directement au milieu de la place du village, le mardi de la fête d’été, souvent au début du mois d’août .
Sur la photo du santon ci-dessous, on voit la provençale en costume traditionnel qui tient son mortier et son pilon puis la tresse d’ail. 

Il n’est guère possible de demander à un aïoli monstre la même composition que le traditionnel aïoli du vendredi à la maison : le contenu de l’assiette de l’aïloi monstre soulève toujours des commentaires passionnés mais le côté convivial du repas collectif des tourtourains et des invités prend toujours le dessus et permet à tous une belle journée.

A la fin du repas, une pause digestive est accordée et on procède ensuite à l’inscription du concours de pétanque, de 3 en 3, à la mêlée : on tire au sort la composition des équipes et c’est parti pour quelques heures de rigolades, galéjades et fous-rire. 

Depuis quelques années, l’aïoli monstre est préparé par des restaurateurs qui livrent le précieux repas sur la place. Certaines fois, les légumes et les oeufs sont cuits par les Pompiers de Tourtour (et les patates sont données par Michel Loquès).
Autrefois, les tourtourains de l’association " la Rapugue " (club des Anciens) organisaient le repas : sous la houlette (et la baguette) de Ginette, les légumes étaient épluchés par quelques bénévoles serviables. A ce moment-là, des contacts avaient été pris avec le camp militaire de Canjuers pour le prêt de cuisinières roulantes pour la cuisson des légumes et de la morue.
 

Mais la pommade restait à monter et c’est là qu’intervient une anecdote que des milliers de participants ont encore en mémoire . Et c’est là que ce serait bien d’avoir une photo de ce sacré souvenir !
Pour monter l’aïoli pour 250 convives, on ne peut guère se servir du mortier et du pilon et il fallait trouver une solution . La poubelle !!! Eh oui, une grosse poubelle  toute neuve !! Des dizaines de gousses d’ail dans le fond, on pile avec un manche de pioche bien arrondi, des oeufs et on commence à tourner avec le petit filet d’huile qui coule . Mais avec quoi tourne-t-on ? Avec LE BRAS !!! C’est le bras qui sert de pilon ! Un pilon musclé, bronzé, buriné par le soleil des champs ! Et les appareils de photo crépitent, crépitent... Et la pommade monte, l’aïoli commence à prendre forme et consistance... Et le bras continue avec une régularité de métronome : ça chauffe un peu les muscles mais il faut continuer ! Alors un autre bras vient prendre la relève pour soulager la tendinite naissante qui se guérit de façon très bio à Tourtour par un bon verre de rosé bien frais. Les deux grands spécialistes de la montée d’aïoli "à bout de bras" étaient Emile Charrier et Robert Croci, des vrais costauds : ils ont régalé des générations de gourmands d’ail et laissé cet impérissable souvenir du pilon-bras.

Photo d'une aïoli varoise de St Tropez

Pour l’aïoli monstre, l’assiette comprend obligatoirement et traditionnellement des pommes de terre et des carottes (les deux cuits avec la peau) un oeuf dur, betterave rouge, de la morue et la pommade bien jaune. Là c’est le minimum ! 

Ensuite, suivant les années, on a droit à des escargots ou des bulots ou des tentacules de poulpes ou des moules, des haricots verts, du chou-fleur... toutes ces petites choses qui font le petit plus pour placer Tourtour parmi les places fortes de l’aïoli monstre.

Les estivants et les touristes (français ou étrangers) sont parfois surpris par la "force" de l’ail dans la sauce . L’explication est simplement diététique, médicale et nutritionnelle : si le goût de la pommade n’est pas prononcé (autrement dit si c’est une mayonnaise un peu parfumée à l’ail) on va en manger beaucoup, parfois trop et des complications risquent de survenir dans l’après-midi... Un provençal mange l’aïoli très fort en ail : il en mangera moins à chaque bouchée car le goût est bien au point et il pourra donc bien profiter d’une sieste réparatrice.

On connaît depuis longtemps les bienfaits de l’ail sur la santé : il participe au bon fonctionnement du système cardio-vasculaire et il purifie le sang. Malgré tout, il a un petit désagrément connu, celui du "retour en bouche" : les tourtourains (et les méridionnaux en général) sont un peu habitués à l’haleine aillée des concitoyens mais il est vrai que les bisous prolongés du vendredi après-midi ne sont pas les meilleurs souvenirs pour les tourtereaux... Le remède le plus efficace est le grain de café : on en fait fondre deux ou trois dans la bouche et on peut estimer que le plus gros de l’effet collatéral est parti... 

Pour la fête estivale du village (début août) l’aïoli monstre est toujours programmé le mardi (on sait très bien que le lundi c’est ravioli..) : la place est prête de bonne heure (les employés municipaux commencent à 6h30 l’été) les tables sont installées sur la route, de la maison de Suzanne jusqu’à la fontaine. Chaque table est couverte par une nappe en papier qui n’a guère le temps de rester blanche et immaculée : dès que la nappe est posée se produit un fourmillement, une ruée vers les places qui seront les plus ombragées vers midi. Certaines familles viennent à 6, à 8, à12 et veulent bien sûr prendre le repas ensemble : il faut donc réserver son emplacement en tenant compte de la rotation de la terre et en fonction de l’emplacement du platane providentiel. On sort le feutre et on écrit en gros "Famille Pitalugue 8 " et on trace 8 petites croix aux endroits ainsi réservés : on ne pourra jamais échapper à quelques petits frottements lors de cette séance pleine de stratégie et de tactique car les filous sont malins et chacun doit user de sa science diplomatique ou de son sourire...

Le repas est servi mais chacun apporte son assiette provençale (un peu dans le style Moustiers),  son verre et ses couverts. Certaines années, l’aïoli est servi sur des grands plats : par exemple la famille qui a 10 tickets payés va chercher 2 plats qui contiendront les 10 parts et chacun se débrouille. D’autres années (comme l’an passé) chaque convive va faire la queue : malgré la bonne volonté des bénévoles, le temps d’attente est très long (surtout quand on attend l’aïoli) et le système des plats est plus efficace quand il s’agit de 250 mangeurs.

Le repas servi comprend l’assiette d’aïoli puis une portion de camembert, une glace, un café et le vin rouge ou rosé. L’an dernier le prix d’inscription était de 17 euros. Chaque année cette rencontre festive connaît un large succès et chacun a plaisir à y revenir.
En début d’après-midi, après un intermède consacré à la récupération digestive, un concours de boules à la mêlée est organisé et la joie peut continuer dans le village.

On se retrouve début août, sur la place !

 Et si certains ont des photos "locales" de l’aïoli sur la place, on peut les scanner et on vous les rend une heure après.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vos commentaires

  • Le 26 mai 2009 à 18:06 En réponse à : monstrueux aïoli !

    Y’a pas à dire, les photos sont bigrement appétissantes, ça met l’eau à la bouche. Comme je n’ai pas été seul de la famille à les voir je pense que demain midi (le temps de déssaler le poisson) on aura un aïoli à la maison. Mais je ne crois pas qu’on aura avec les haricots verts. Le haricot vert est un ingrédient très parisien. Depuis qu’on mange l’aïoli et qu’on habite Tourtour -c’est à dire depuis toujours- chez nous la base de l’aïoli est : pommes de terre, carotte, betterave, oeuf dur et morue ; par ailleurs l’aïoli n’est pas qu’un plat d’été et de vacances et toute ma famille depuis le papé de 92 ans jusqu’à la petite dernière en mange toute l’année, et en hiver y’a que les coucourdons pour acheter des haricots verts de l’hémisphère sud pour en garnir l’aïoli. Le haricot vert n’est donc pas vraiment un élément de base mais un ingrédient saisonnier comme les escargots, le chou fleur, la patate douce ou la tomate (qu’on voit sur les photos). Elément peut être essentiel pour les parisiens soucieux de leur ligne qui croient sans doute que manger 1kg de banettes avec l’aïoli ça absorbe l’huile contenue dans "la mayonnaise à l’aïl" (sic)-comme ils disent. Un de ces jours on va sans doute trouver sur une carte de resto l’aïoli "royal", comme le couscous qui, au départ, n’est qu’une façon ordinaire d’accommoder ce que l’on a dans les pays maghrébins. A l’origine l’aïoli n’était rien d’autre qu’un repas simple et commode pris au cabanon : on mettait les légumes à cuire ensemble et dans leur peau -ce qui leur donne un fumet spécial ainsi qu’aux oeufs durs qu’on cuit avec-, betterave et morue à part, quant à la "pommade" savez vous qu’à l’origine elle n’était faite que d’ail en pommade et d’huile ?
    Tout ça pour dire que des fois vous inventez... Votre aïoli aux haricots verts je le trouve un peu monstrueux et je préfère le nôtre

  • Le 26 mai 2009 à 19:25, par DAVID En réponse à : Tourtour bientôt

    Bonjour
    Je lis avec attention et intérêt tous vos articles étant un futur habitant de tourtour.
    Je constate avec plaisir que ceux qui ont des attaches prennent à cœur de faire vivre l’âme de leur village. J’ai hâte de rencontrer toutes ces personnes dont vous parler.
    Merci et à bientôt
    DAVID

  • Le 27 mai 2009 à 11:28, par Gilbert Giraud En réponse à : Bientôt tourtourain...

    Bonjour David,
    Merci pour votre gentil message. Vous avez bien compris que l’un des buts prioritaires du site est de "faire vivre l’âme du village" . Tant mieux si vous retrouvez un peu de cette âme dans les articles . Vous pourrez bientôt y participer . Cordialement.

  • Le 27 mai 2009 à 12:38, par Gilbert Giraud En réponse à : Défense de l’aïoli...

    Cher lecteur,
    Chaque article où il est question de cuisine et de recettes traditionnelles en Provence, j’ai toujours expliqué que chacun avait sa vérité et qu’il la défendait sur le billot : vous en êtes l’exemple type. Dans l’article "aïoli monstre", il s’agit du repas sur la place et non pas le plat du vendredi à la maison. Donc en été, il ya des haricots verts du Var et si vous vous souvenez bien, sur la place, l’aïoli a souvent eu des banettes dans l’assiette. Le sectarisme culinaire n’est pas toujours la meilleure solution et il ne faut pas mélanger un repas collectif de 250 convives avec le repas familial à 8.... Pour vous plaire, j’ai donc supprimé les haricots verts de "l’assiette minimum" dans l’article (et vous avez raison) mais je les ai laissés dans les "éventuels" car ils y ont figuré parfois...(et renseignez vous pour savoir si j’ai "inventé").
    Un détail : votre message est tout à fait dans l’optique de l’échange et de la confrontation simple d’idées sur nos traditions villageoises et le site web est aussi fait pour cela, bien sûr. Malgré tout , je comprends encore difficilement que l’on ne puisse pas s’identifier autrement qu’avec "le pépé de 92 ans et la petite dernière" dans un message qui "ne mange pas de pain" et qui ne suscite guère de reproches ou de graves conséquences sur la vie familiale, sociale, électorale,professionnelle, municipale.... C’est une autre tradition tourtouraine qui mérierait bien, un de ces jours, un petit article. Cordialement.

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Mis à jour le jeudi 19 octobre 2017