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L’art de l’icône.

L’art de l’icône  

Pour le titre j’avais pensé à " l’icôn’art "mais j’ai hésité ... Je me suis dit ensuite que notre nouvel artiste, Vadim Garine, n’aurait peut-être pas trop apprécié la vanne...

En tout cas, il est prévu que Tourtour devienne un lieu-ressource pour l’iconographie : les stages qui seront proposés par Mr Garine (galerie ex-Galinettes) auront pour thème principal la représentation de l’icône religieuse (en particulier d’inspiration orthodoxe) avec la technique ancienne de la tempéra (à l’oeuf). L’article ci-dessous va tenter de vous présenter cet art particulier de l’icône .

   

Une icône est une œuvre peinte ou sculptée selon une tradition précise, représentant un sujet ou un thème de religion chrétienne, et plus spécifiquement orthodoxe. Sa dimension peut varier de quelques centimètres à plusieurs mètres (c’est le cas des fresques réalisées par Vadim Garine au monastère Saint6michel de Lorgues). On appelle iconographie, l’étude des sujets, des thèmes ou des attributs de cette tradition figurative. Les peintres ne peuvent représenter que des saints. Aussi n’y eut-il jamais de natures mortes. Les personnages sont souvent entourés d’un halo ou Nimbe, communément appelé auréole, le tout sur fond uni. Ils sont empreints de paix. La tradition exige l’absence de signature car l’iconographe est seulement l’instrument de l’Esprit Saint

 

Le style varie selon la date de réalisation : ainsi les traits de caractère varient si elles appartiennent aux premiers siècles de la chrétienté, si elles proviennent du Moyen Age, de la Renaissance (où l’influence italienne est manifeste, du XIXe siècle (au caractère saint-sulpicien) ou encore du XXe avec le retour aux traits théologiques originels. 

   

C’est en Russie, convertie au christianisme depuis le Xe siècle, que l’art de l’icône trouve une terre d’accueil particulièrement fertile. Très vite, des ateliers de peinture se développent à Kiev, Souzdal, Rostov, Novgorod, Pskov et Moscou, menant cette peinture à son apogée, de la fin du XIVe siècle au début du XVIe. À l’époque de Théophane le Grec, venu au XIVe siècle de Byzance à Moscou, de nombreux artistes se firent connaître. Et parmi eux, le plus célèbre de tous, le moine Andreï Roublev (1360-1430), récemment canonisé, dont le génie s’affirme notamment à travers plusieurs oeuvres exposées au Kremlin de Moscou et au monastère Laure de la Trinité-Saint-Serge de Serguiev Possad (Zagorsk de 1930 à 1991).

Technique de l’icône :  

Les premières icônes chrétiennes ont presque toutes été détruites durant la période iconoclaste (mouvement favorable à la destruction de toute représentation) . Quelques unes ont survécu jusqu’à nous, ainsi au Monastère Sainte-Catherine du Sinaï. Réalisées selon la technique de l’ encaustique, elles sont assez proches des peintures funéraires d’Égypte telles que nous les connaissons par les portraits du Fayoum (série de centaines de portraits découverts en 1888 dans la région du Fayoun en Egypte ).

La technique évolua ensuite vers la "détrempe" (ou "Tempéra"), encore utilisée aujourd’hui.(et comme je me doutais que vous alliez vous dire "ma qu’ès acô la tempéra ?", je me suis permis de vous écrire un petit article pour vous présenter cette technique qu’utilise Vadim Garine à Tourtour pour ses stages. Vous pouvez donc aller sur le lien tourtour.village.free.fr/ecrire/ et vous découvrirez la tempéra.

Préparation du support :

Quoique certains ateliers utilisent actuellement des panneaux de bois recomposés (contreplaqué, latté, aggloméré…), il convient de présenter la technique traditionnelle.

 

L’icône est réalisée sur une planche de bois exempte de nœud. Tous les bois peuvent théoriquement être utilisés pour confectionner les planches, à condition d’être bien secs. En conséquence, durant des siècles, l’iconographe (généralement un moine) utilisa le bois qu’il trouvait dans les environs. Le tilleul semble le plus adéquat : très homogène et tendre, il fend peu. En outre, il se révèle facile à travailler. Certains bois durs, comme le chêne, ont tendance à se fendre. Le bois de résineux (pin, sapin…) doit être choisi avec grand soin de crainte de voir sa résine ressortir.

Si l’icône est prévue de grande taille, il est possible de renforcer la planche par des traverses à l’arrière, pour éviter un gauchissement ou des fissurations.

La surface à peindre, parfaitement plane, peut aussi être légèrement creusée sur 3 ou 4 mm d’épaisseur, en ménageant un bord d’un cm, environ.

Sur ce fond, on étend à chaud de la colle de peau, puis une fine toile. Cette toile est ensuite recouverte par plusieurs couches d’un mélange de colle et de poudre d’albâtre (le "levka") qui, après séchage, est poncé pour obtenir une surface uniforme.

Dans la tradition orthodoxe russe on ne peint pas une icône, on " écrit " une icône.

L’icône a pour but de faire transparaitre le divin. L’Être divin transcendé à travers son image cultuelle doit se révéler au croyant. De nos jours, la plupart des icônes sont peintes sur un support en bois. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Si la première icône fut un linge (mandylion : relique en tissu où apparaît l’image du Christ), au IXe siècle, il y avait des icônes en mosaïque, en or, en argent, en ivoire ou en émail cloisonné. La forme même des icônes est variable, généralement rectangulaire, il en existe des rondes et des ovales. La plupart sont peintes mais certaines sont sculptées ou brodées.

 

Ce qui fait une icône n’est donc ni son support, ni sa forme ni la façon dont elle est « écrite » mais le fait qu’elle soit canonisée par l’Église en étant acceptée et vénérée par le peuple dans son entier.

La technique d’écriture iconographique traditionnelle dite « à la tempera » (à l’oeuf) et aux pigments naturels sur des supports aussi variés que les planches, les terres cuites, les bois flottés, les bas reliefs ou la chaux (fresque), se situe donc dans la tradition iconographique la plus authentique et la plus ancienne.

Réalisation de l’icône :

Sur la planche préparée, l’iconographe reporte le dessin de l’icône en suivant scrupuleusement les indications fournies par les maîtres et en s’aidant de modèles existants. Les traits du dessin sont ensuite légèrement gravés dans le levka.
Vient l’étape de la peinture, réalisée à partir de pigments naturels minéraux (ocres, oxydes métalliques…) ou animaux (noir d’ivoire…). Les pigments mélangés à du jaune d’œuf et de l’eau sont déposés au pinceau (technique dite de la "Tempéra"), en commençant par les teintes les plus sombres puis en éclaircissant. Pour les parties du corps visibles (visage, mains…) l’iconographe pose d’abord un fond ocre sombre (le proplasme : teinte de fond) à partir duquel il fait ressortir les traits.

Les icônes comportent généralement des indications écrites précisant la personne ou le thème représenté. Enfin, l’icône est protégée par une préparation spécifique à l’icône, à base d’huile de lin (l’Olifa).

Puis,si l’icone comporte de l’or c’est le moment de le placer avec soin.

Notons enfin que s’il est possible de proposer un descriptif technique de la peinture de l’icône, on ne peut l’y réduire : l’iconographe, dans la conception orthodoxe, n’est pas à proprement parler un artiste, mais bien un témoin dans l’Église (par le trait et la couleur) de la splendeur divine, comme le sont les hymnographes (ceux qui écrivent des hymnes, poèmes lyriques à la gloire de personnages). L’œuvre de l’iconographe est intimement liée à la prière. 

De nos jours, avec les techniques numériques et informatiques, celui qui se rapproche le plus de l’iconographe est le webmaster (celui qui crée un site internet à la gloire d’un petit village par exemple...).

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Mis à jour le jeudi 19 octobre 2017