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L’énigme Gibelin...

L’énigme Gibelin....  

En traversant la place du village, il se met parfois à entonner un retentissant "To-ré-a-dor" avec une voix grave et rocailleuse qui résonne sous les platanes et fait trembler les oliviers. 
Les tourtourains sont habitués depuis des années et quelques uns se mettent à dire "vé ! lou fada si mètte a canta". Mais les touristes et les visiteurs se posent malgré tout la question sur ce monsieur qui pousse aussi crûment la chansonnette. 
Ils ont raison, c’est le mystère Gibelin...

Depuis une trentaine d’années qu’il est arrivé à Tourtour, il est aujourd’hui une figure du village. Tout le monde le connaît mais il n’est pas du tout certain que tout le monde le connaisse vraiment : on le reconnaît, on le voit, on le juge, on le houspille mais sait-on vraiment qui il est ? 

Sait-on par exemple, que ses ancêtres sont au coeur d’une sombre énigme historique, au centre d’une polémique entre historiens médiévaux ? 

Gilbert Gibelin, le descendant des Grimaldi ? Vrai ou faux ? Est-il héritier de la Tour de Grimaud ? Essayons d’y voir un peu plus clair !

     

Quand on regarde les ouvrages sur l’histoire de la Provence et sur celle de Tourtour (en particulier le livre de Guy Désirat) on constate que la Tour de Grimaud et la famille Grimaldi sont des épisodes qui manquent de véritables certitudes et qui ne reposent guère sur des archives irréfutables et avérées. Les nombreux historiens ne sont pas du tout d’accord sur certaines affirmations, révélations ou hypothèses. Aujourd’hui, nul n’est en position de prouver telle ou telle assertion historique.

Malgré tout, plusieurs recherches ont conduit des historiens à démêler les fils de l’énigme et ils se rejoignent tous sur un point précis .
Flash back d’environ dix siècles !!!

* En 983, Guillaume Ier, comte de Provence donne la seigneurie du Freinet (nouveau nom du village) à Gibelin de Grimaldi d’origine Génoise (branche cadette des Grimaldi de Monaco) pour avoir participé à la victoire contre les Sarrasins. Est ce la vérité ?.... Certains historiens affirment que le constructeur du futur château se nommait Grimaldus, seigneur local mais sans parenté avec Grimaldi. (extrait du site Internet de la ville de la Garde-Freinet).

  

Au Xème siècle, on sait que les moines de Lérins aidèrent à la reconstruction du village et à la réhabilitation de son agriculture. Est-ce en ces temps moins éloignés, vers 970, que les habitants profitèrent de sa restauration pour donner à leur village le nom d’un chevalier, Gibelin de Grimaldis, héros de guerres passées ? C’est ce que l’on dit. Certes, Grimaldis, allié du Comte de Provence Guillaume 1er, fut propriétaire des terres alentour. En tout cas, Gibelin construisit aussitôt des défenses à son nouveau territoire : la tour de Saint-Tropez, d’une part, la tour de Grimaud, de l’autre, avec son donjon, le corps du château et le grand rempart. Jusqu’au XVème siècle, il subit assauts, destructions et restaurations en tout genre. Ce n’est qu’en 1645 que François de Castellane acquit la propriété. Et malgré la Révolution Française et tout ce qui s’en suivit, le château ne quitta pas l’escarcelle de ses descendants. Et c’est encore vrai aujourd’hui.  (extrait du site Internet de la ville de Grimaud).

Guillaume d’Arles, comte de Provence, devint pour les populations locales Guillaume le Libérateur. Le roi Conrad de Bourgogne le confirma dans la possession des terres reconquises dans le Freinet.
En 1032, la Provence fut rattachée au Saint Empire romain germanique. Mais pas plus alors que dans les années qui suivirent, les souverains n’exercèrent une action directe. Ils déléguèrent leurs pouvoirs à leurs vassaux. Ainsi, jusqu’à l’annexion du comté au royaume de France au XVe siècle, les Maures devaient rester sous la suzeraineté de fait des comtes de Provence.
Guillaume se trouvait donc, au départ des Sarrasins, au sommet de la pyramide sociale. Il partagea le Djabal al-Kilal, redevenu le Freinet, entre ses compagnons d’armes. Des "donations certaines" furent faites au vicomte Guillaume de Marseille et à Pons de Fos. Le legs du fief de La Garde-Freinet et de Grimaud à un supposé Gibelin de Grimaldi semble moins sûr. Les domaines ainsi répartis subirent encore de nombreuses divisions et des transferts de propriété.
(extrait du livre "Histoire de la Garde-Freinet" de Jacques Dalmon 1994, éditions Universud).

Vous voyez bien que ce n’est pas simple d’être absolument sûr de cet épisode historique... 
Il n’est guère simple non plus de déterminer la suite de la biographie de ce fameux Gibelin de Grimaldi.
Nos recherches (au Musée Historique de Monaco) dans les archives secrètes du Palais Princier, nous conduisent à une certitude : le personnage a effectivement existé et les documents sur manuscrits ou parchemins l’attestent irréfutablement (cachets seigneriaux authentifiés). Ce Gibelin, objet de poursuites pour détournement de pourboires dans les tavernes a été contraint à l’exil à Saint-Etienne de Tinée (village encastré dans une vallée bas-alpine où étaient envoyés les opposants aux valeurs médiévales d’usage). Là-haut, il rencontra la famille Germond qui, elle aussi se rapatria vers Tourtour quelques siècles plus tard.

  

Gibelin de Grimaldi fût obligé de renoncer à ses titres, ses terres, ses armoiries et même à sa particule nobilière. La famille devenait donc en 1164, les Gibelin : Gonzague, Godefroy, Hortense, furent les premiers à être déclarés à l’état civil sous le patronyme Gibelin, (voir archives locales de la vallée de Tinée, en 1167).
Au fil des siècles la famille Gibelin retrouva de sa superbe et édifia un château dont les dimensions étaient plutôt celles d’un grand manoir. Elevage, vignes, ruches, oliviers, servage, noix offraient aux Gibelin l’assurance de rentes conséquentes qui permettaient aux châtelins de vivre sans crainte des lendemains.

  

Au début du vingtième siècle, à l’époque des Années Folles, un des fils Gibelin était un écologiste avant l’heure et son amour immodéré de la nature et des animaux le conduisit vers le métier de berger. Il quitta le château et passa des années avec ses troupeaux de moutons. La guerre d’Algérie  l’amena ensuite à faire le soldat : il échappa à une embuscade dans les Aurès et fut le seul rescapé de sa compagnie.

Au retour en métropole, il recommença ses activités de berger  

et la transhumance lui procurait toujours autant d’émotions. Gilbert rencontra sa Marie-Thérèse, vécut à Pontevès puis il arriva dans notre beau village.

Il trouva chez nous tout ce qu’il cherchait pour passer ses vieux jours et depuis 30 ans il arpente les ruelles ou la place et parle avec tout ce qui a une bouche et deux jambes. Lui, l’éternel séducteur, le chéri de ces dames.

" To-ré-a-dor,... mes-truffes-sont-en-or..." : il se souvient des bons moments où il jouait au toréro avec les moutons sur le plateau de Valensole et où il trouvait aussi de bons champignons qu’il cuisinait en brouillade.

Quand vous l’entendrez chanter, ne pensez pas à une simple rigolade : c’est toute une longue histoire qu’il nous raconte....
Chante encore, sacré Gibe : chante longtemps encore !

    

 

Vos commentaires

  • Le 11 octobre 2009 à 19:22, par VERDIER Florent En réponse à : li fau pas manca

    Le dernier à parler provençal sur la place.
    Pour moi Gib est un personnage à part, quelqu’un de rare qui malgré quelques défauts possède une richesse d’âme, une certaine générosité, quelqu’un d’ouvert.

    L’entendre les larmes aux yeux raconter ses histoires est un régal.

    Gib’ le dernier des mohicans.

  • Le 11 octobre 2009 à 19:52, par Gilbert Giraud En réponse à : Gig...

    Salut Florent, tu as bien raison : je suis souvent avec lui et on passe de bons moments . Il méritait de faire partie de la rubrique "figures du village". A bientôt .

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Mis à jour le jeudi 12 octobre 2017