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La femme du boulanger (Pagnol - Giono ).

  " La femme du boulanger " 

 (Pagnol - Giono ). 

 

Les provençaux revendiquent une culture bien imbriquée sur le territoire, le terroir... Quelques films peuvent symboliser les particularismes de cette région et la "Femme du boulanger" est un des exemples ...
Chaque tourtourain qui revoit ce film n’arrive jamais à s’en lasser ... Il est normal de rendre un petit hommage à ce monument du cinéma, à un auteur sans égal (Pagnol) et à un monstre d’acteur (Raimu).

 

La Femme du boulanger est un film français réalisé par Marcel Pagnol d’après un passage du roman Jean le Bleu de Jean Giono, sorti sur les écrans en 1938.

Dans un village de haute Provence, un boulanger récemment installé découvre un matin que sa jeune femme est partie avec un berger. Il décide de faire la grève du pain tant que sa femme n’est pas revenue. Le village se mobilise pour pouvoir retrouver sa boulangerie. Durant les recherches, Pagnol nous dresse de nombreux portraits de provençaux qui nous ravissent tant leurs traits de caractère sont ancrés dans la culture méridionnale ...

Aimable, un vieux boulanger au coeur d’or, est marié à une jeune femme qui s’envole un jour au bras d’un jeune berger. Tout d’abord aveuglé, refusant de croire à la traîtrise de sa femme, notre boulanger, éveillé par toute une communauté, va être contraint d’ouvrir les yeux. Le boulanger n’a plus la force de faire son pain. Il est seul et malheureux ("comme une pierre"), et refuse de faire du pain jusqu’à ce qu’elle revienne. Rien ni personne ne peut le décider à se remettre devant le fournil. Le village manque de pain... On passe alors de la moquerie à la compassion, car le malheureux fait peine à voir. Bientôt tout le village se mobilise pour retrouver la fugitive, dont l’absence met en péril l’approvisionnement de la cité. Pour ce faire, toutes les familles oublient leur haine et leur rancune, l’instituteur et le curé vont jusqu’à faire la paix. Tous, sans exception, se mettent à la recherche de la boulangère et on la ramène à son bon vieux mari qui l’accueille, sans oser lui faire de reproches, de crainte de la voir s’enfuir de nouveau. Dès lors la vie redevient paisible dans ce village qui, désormais, ne manquera pas de pain. 
Au final, la tirade adressée par le boulanger à sa chatte Pomponnette, mais visant indirectement sa femme, reste un morceau d’anthologie.(voir à la fin de l’article).

Quand Pagnol prépare le tournage de La Femme du boulanger, il est alors en froid avec Raimu. L’auteur envisage de confier le rôle du boulanger à l’un de ses interprètes habituels, Maupi. Mais bientôt une évidence s’impose, et Maupi lui-même reconnait qu’« il n’y a qu’un comédien pour jouer le rôle du boulanger, c’est Jules [Raimu] ». Raimu se fait prier, et Pagnol, agacé par son « numéro de coquette », décide d’engager Henri Poupon. Finalement, après des réticences de part et d’autre, Raimu accepte d’interpréter Aimable.



Pour le choix de l’interprète du rôle-titre, le cinéaste-auteur hésite longuement. Pendant un moment, il pense engager l’actrice américaine Joan Crawford, dont l’agent est contacté ; elle ne parle pas le français, Pagnol réduit donc au minimum les répliques du personnage d’Aurélie. Raimu suggère alors le nom d’une comédienne qui a été sa partenaire sur scène, Ginette Leclerc ; grâce à ce rôle, elle devient une vedette .Le tournage a eu lieu dans le petit village du Castellet, près de Bandol.

  • Marcel Pagnol avait écrit une historiette destinée au cinéma sous le titre Le Boulanger Aimable. Aimable est un boulanger ivrogne sauvé de la déchéance par l’amour d’une servante d’auberge qui devient sa boulangère.

    Ce récit devait devenir un film, mais Pagnol lut une nouvelle de Jean Giono, La Femme du boulanger, et décida de tourner plutôt l’histoire de ce « pauvre homme habité par un grand amour et qui ne faisait plus de pain parce que sa femme était partie ». C’est le fameux film de 1938, avec Raimu dans le rôle titre, qui fit l’admiration d’Orson Welles.

     

    Le scénario est assez différent du récit violent que Giono insérera dans Jean le Bleu. Les bergers de Giono sont des mâles fiers et sauvages qui dansent autour de grands brasiers ; les villageois en viennent aux poings ; le marquis est un seigneur mystérieux accompagné de créatures sensuelles.

    Pagnol avait déjà adapté trois œuvres de Giono : Jofroi de la Maussan donna le film Jofroi en 1933, Un de Baumugnes devint Angèle en 1934 et Regain fut porté à l’écran sous ce même nom en 1937. La Femme du boulanger est donc le dernier film de la « période Giono ».

    En 1943, Giono, en bisbille avec Pagnol, adapte sa nouvelle pour le théâtre. Le boulanger, abandonné par sa femme, tente au départ de se faire passer pour mort afin « d’effacer la vie » et il en profite pour dire ses quatre vérités à tout le village.

    Après la Seconde Guerre mondiale, Pagnol adapte son propre film pour la scène et une troupe de jeunes comédiens en donna une unique représentation.

    En 1985, sa pièce est reprise par Jérôme Savary avec Michel Galabru dans le rôle du boulanger.

    En 1998, une nouvelle version du film de Pagnol est tournée pour la télévision par Nicolas Ribowski avec Roger Hanin.(le succès n’a pas été total !)..

    Les différents rôles du film de Pagnol : 

  • Raimu : Aimable Castanier, le boulanger
  • Ginette Leclerc : Aurélie, la femme du boulanger
  • Charles Moulin : Dominique, le berger
  • Fernand Charpin : le marquis Castan de Venelles
  • Robert Vattier : le curé
  • Alida Rouffe : Céleste, la bonne du curé
  • Maximilienne : Mlle Angèle
  • Robert Bassac : l’instituteur
  • Édouard Delmont : Maillefer dit "Patience", le pêcheur qu’il ne faut pas interrompre
  • Charles Blavette : Antonin dit "Tonin"
  • Odette Roger : Miette, la femme d’Antonin
  • Paul Dullac : Casimir, le buraliste
  • Julien Maffre : Pétugue
  • Marcel Maupi : Barnabé
  • Jean Castan : Esprit, un berger
  • Charblay : Arsène, le boucher
  • Réalisateur : Marcel Pagnol
  • Scénario et dialogues : Marcel Pagnol (d’après un extrait de Jean le Bleu de Jean Giono)
  • Production : Les Films Marcel Pagnol
  • Musique : Vincent Scotto
  • Photographie : Georges Benoît
  • Date de sortie : 7 septembre 1938

    Au retour de la boulangère, Aimable sort du four un pain tout chaud en forme de coeur : " il a une drôle de forme...je l’ai mis dans le four, au hasard, et regarde comment il est sorti !..."

    Et que dire de la scène finale, celle de la « pomponnette », pendant laquelle le boulanger, par une habile comparaison, exprime toute la peine causée par sa femme ! Peut-on considérer le chat comme moyen de médiation, puisqu’il permet à l’un de dire, de libérer la parole, et il permet donc à l’autre d’entendre ?
    La tirade sur Pomponnette :

    Le boulanger : Ah ! Te voilà, toi ? Regarde, la voilà la pomponnette... Garce, salope, ordure, c’est maintenant, que tu reviens ? Et le pauvre pompon, dis, qui s’est fait un mauvais sang d’encre ! Il tournait, il virait, il cherchait dans tous les coins... Plus malheureux qu’une pierre, il était... Et elle, pendant ce temps-là avec son chat de gouttière... Un inconnus, un bon à rien... Un passant du clair de lune. Qu’est-ce qu’il avait, dis, de plus que lui ?
    Sa femme : Rien.

    Le boulanger : Toi tu dis "rien." Mais elle, si elle savait parler, ou si elle n’avait pas honte - ou pas pitié du vieux Pompon - elle me dirait : "il était plus beau." Et qu’est-ce que ça veut dire, beau ?Tous les chinois sont pareils, tous les nègres se ressemblent et parce que les lions sont plus forts que les lapins, ce n’est pas une raison pour que les lapines leur courent derrière en clignant de l’oeil ! Et la tendresse alors, qu’est-ce que tu en fais ? Dis, ton berger de gouttières, est-ce qu’ils se réveillaient, la nuit, pour te regarder dormir ? (La chatte, tout à coup, s’en va tout droit vers une assiette de lait qui était sur le rebord du four, et lape tranquillement.) Voilà. Elle a vu l’assiette de lait, l’assiette du pauvre Pompon. Dis, c’est pour ça que tu reviens ? Tu as eu faim et tu as eu froid ?... Va, bois-lui son lait, ça lui fait plaisir... Dis, est-ce que tu repartiras encore ? 
     Sa femme : Elle ne repartira plus...
     Le boulanger : Parce que, si tu as envie de repartir, il vaudrait mieux repartir tout de suite, ça serait sûrement moins cruel...
     Sa femme : Non, elle ne repartira plus... Plus jamais...

    " La femme du boulanger " ... De belles émotions ...

     

  • Vos commentaires

    • Le 27 février 2013 à 21:52, par Goure En réponse à : Giono - Pagnol

      RAIMU est génial dans le film !

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    Mis à jour le samedi 18 novembre 2017