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Accueil > Traditions > 02 . Les coutumes traditionnelles. > Les travaux des champs . > La fuvelle du cheval.

La fuvelle du cheval.

La fuvelle du cheval.  

Dans la rue du Lavoir, au n°12 exactement, une petite plaque en céramique émaillée est intitulée " la fuvèlo, la fuvelle" : on comprend (même si l’on est chinois ou afghan) que cela veut dire l’anneau (en fer). Mais à quoi pouvait servir cet anneau enfoncé dans le mur ?

  

Cet anneau servait à attacher le cheval, juste à côté de la porte d’entrée. Ces fuvelles (environ une quarantaine sont encore visibles dans les ruelles et sur la place) sont apparemment de simples objets mais que d’histoires pourraient-elles raconter ! 
"objets inanimés, avez-vous donc une âme ?". Pas tous, mais les fuvelles, oui !

  

L’une d’elles se souvient du cheval d’Auguste Giraud qui faisait tous les jours quatre fois le trajet de Camp-Fournier. Après les vignes, il suivait son maître vers les pêchers : les fruits étaient empilés dans de grosses caisses en bois, chargées ensuite sur la charrette peinte en bleu. Pour monter par la calade, il fallait forcer sur les muscles et à l’arrivée quelques gorgées à la cascade faisaient beaucoup de bien. Il était midi, Auguste accrochait son cheval à la fuvelle et mangeait avec Denise : la daube avait mijoté sur le poêle depuis le matin de bonne heure et le beau pain de campagne donnait envie de saucer l’assiette jusqu’à la rendre propre. Quelques minutes de sieste et il fallait redescendre ...

Une autre fuvelle (dans la rue Grande) se souvient du cheval de Rose et Marius Henry : les trajets jusqu’au Pré-Puget, seulement 2 par jour car Rose et Marius prenaient le repas de midi dans la petite bastide, juste à côté des grands peupliers. Le soir, la charrette ramenait du bois pour le poêle et les deux cheminées et au printemps Rose revenait chaque jour avec un bouquet de ses splendides fleurs qu’elle adorait voir dans son jardin. 

A Tourtour, les chevaux étaient un moyen de locomotion, de transport et un outil primordial dans les travaux des champs. On dit "cheval de trait" mais quelles sont les particularités de cette famille d’équidés ? 
Quelques petits renseignements.... 

Un cheval de trait est un cheval appartenant à une race sélectionnée pour ses aptitudes à la traction de véhicules de toutes sortes (roulottes, chariots, tombereaux, etc.) ou d’instruments agricoles (charrues, faucheuses, râteaux, etc.). Durant la première guerre mondiale, le cheval de trait a joué un grand rôle dans le transport des canons (et pour les obus).

L’emploi de chevaux de trait s’est développé durant la révolution industrielle pour le transport, notamment le halage en transport fluvial avec le développement de réseaux de canaux aux XVIIIe et XIXe siècle et il a accompagné largement la mécanisation de l’agriculture. Dans les pays développés, leur utilisation pour le travail a ensuite pratiquement disparu dans le domaine agricole ou militaire, ainsi que dans le transport face à la généralisation de la motorisation (tracteurs surtout) et il ne subsiste pratiquement que dans le domaine du loisir (promenades en roulotte, un peu comme Olivier et ses ânes). Il reste important dans certains pays en voie de développement concurremment avec celui d’autres animaux de trait comme le bœuf, le buffle, le zébu, le dromadaire voire l’éléphant.

Après la Seconde Guerre mondiale, en Europe, les utilisations des chevaux de trait en tant qu’animal de travail disparaissent progressivement et l’élevage des chevaux lourds n’a plus pour seul débouché que la boucherie. Ce changement a eu pour conséquence un alourdissement des morphologies, au détriment parfois des aptitudes physiques. L’hippophagie a probablement et paradoxalement permis de maintenir la diversité des races de trait, jusqu’aux années 1990 où l’attelage de loisir et de travail entraîne une nouvelle demande.

Cela dit, l’utilisation de chevaux de trait en loisir reste minoritaire, et 98% du cheptel est à vocation bouchère. (les mamans aimaient donner de temps en temps du steack de cheval, censé donner plus de force et d’énergie).

Image:Farmer plowing.jpg

 

A Tourtour, le cheval le plus employé était le percheron : pas obligatoirement celui avec pédigré authentifié mais plutôt un croisement avec d’autres races au fil des décennies.

Le percheron :

Les origines du Percheron semblent lointaines et, en tous cas, apparemment fortement imprégnées de sang oriental, dont l’influence se fait sentir dès le VIIIème siècle. D’autres sangs paraissent avoir concouru à la création de la race et probablement des sangs espagnols. Depuis, des étalons Arabes furent introduits à plusieurs reprises, ce qui fit dire que le Percheron est un " Arabe grossi par le climat et la rusticité des services auxquels il est employé depuis des siècles ". Plusieurs modèles de Percherons se sont dès lors côtoyés, du plus léger au plus gros cheval de trait qui a subsisté

Morphologie

Etant donné ses antécédents, le Percheron répond aujourd’hui au standard suivant : la taille moyenne est de 1,66 m (1,55 à 1,72 m), le poids moyen de 900 kg ; la robe est grise ou noire, les allures souples et légères, la tète est fine, le front large et carré, les oreilles fines et longues, l’oeil vif et sorti, le chanfrein droit et plat, les naseaux larges, très ouverts, la ganache effacée ; l’encolure est longue et rouée, les crins assez abondants, la gorge effacée, mince, le garrot sorti, l’épaule inclinée ; la poitrine est large et profonde, le sternum assez saillant ; le dos est droit et court, le rein droit et court, les côtes longues et rondes, le passage de sangle très descendu, le flanc rempli, les hanches longues et effacées, la croupe longue, droite et légèrement fendue, la queue haute dans le prolongement des reins ; les membres sont clairs et nets, bien d’aplomb, avant-bras bien sortis et puissants, les cuisses larges et musclées ; les fesses descendues, les genoux larges, carrés et dans la ligne de l’épaule, les jarrets larges, ni trop droits ni trop coudés ; les canons sont larges, plats et courts, les boulets effacés et torts, les paturons clairs et forts, la couronne pas trop large, les pieds hauts et torts en talons.

Aptitudes et utilisation

Le Percheron reste un merveilleux cheval de gros trait, capable d’efforts intenses. Sa puissance, ses allures, son esthétisme lui permettent de conserver de très bonnes aptitudes à l’attelage et à la traction Il excelle, tant en France qu’à l’étranger (Japon, Etats-Unis, dans les épreuves de puissance (Ban Ei, trait-tract, pulling,,.). Mais il reste aussi un excellent cheval pour l’agriculture, l’attelage de publicité (brasseries en particulier) ou de loisir.

Si jamais vous souhaitez que certaines de vos photos (des chevaux à Tourtour) soient publiées sur le site (et d’autres travaux des champs) n’hésitez pas à le faire savoir ! Des photos locales c’est mieux, n’est-ce pas ?

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Mis à jour le mercredi 13 décembre 2017