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La mouchette, pour la mèche des bougies et des chandelles

 La mouchette, pour la mèche 

 des bougies et des chandelles 

Lorsque notre association "leï Bélugo" organise son exposition dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, chaque année à la mi-septembre, il est un petit objet qui suscite toujours la curiosité de nombreux visiteurs et provoque de fréquentes questions... Monsieur, cette mouchette, ça sert à quoi ? C’est une paire de ciseaux ?...

Notre mouchette, la voici, ci-dessous ...


La mouchette en expo "leï Bélugo"(photo gg)

Ce nom provient du verbe "moucher" qui désignait l’action de nettoyer une chandelle, ou couper une partie consumée d’une bougie, afin d’en améliorer l’éclairage. Le verbe et l’instrument sont tombés en désuétude en même temps que la disparition de ce mode d’éclairage. (néanmoins, les fidèles serviteurs de l’église peuvent encore utilliser la mouchette pour les cierges ).
Autre définition : Instrument ancien ayant la forme d’une paire de ciseaux destiné à tailler la mèche brûlée d’une chandelle et pourvu sur sa lame d’un petit réceptacle destiné à la recueillir.

Un peu d’histoire !..

Dès le 3e siècle av. J.-C., les hommes se sont dotés de systèmes d’éclairage proches de l’idée de la bougie, constituée d’une mèche tressée et enveloppée de suif produit par des animaux de ferme. Au Moyen-Âge, la noblesse et le clergé s’éclairent avec des bougies en cire d’abeille et laissent au peuple français l’éclairage au suif.(la lutte des classes est une notion ancienne !..).

La chandelle est composée d’une mèche en chanvre et plus tard en coton. Elle est moulée dans du suif (graisse animale : porc, boeuf ou mouton) mélangé à de la farine pour mieux le travailler.


La mouchette, l’objet le plus insolite !

La mouchette dont le nom vient de l’action de moucher la bougie, c’est-à-dire d’enlever la partie de la mèche brûlée. On peut donc la définir comme un instrument ancien ayant la forme d’un ciseau destiné à tailler la mèche brûlée d’une chandelle et pourvu sur sa lame d’un petit réceptacle destiné à la recueillir.

Pourquoi "Mouchait-on les chandelles" ?

La chandelle a l’inconvénient de réclamer une attention constante : Remonter la mèche qui charbonne, la couper autrement dit "moucher", nettoyer l’huile qui coule...

Une fois la chandelle allumée une belle lumière claire illumine la pièce ! (à la combustion, le suif est désagréable et génère une épaisse fumée noire, malodorante) Mais après quelques temps, la flamme devient de moins en moins intense et la mèche fume. Le suif fond souvent plus vite que la mèche ne se consume et non raccourcie, la mèche se carbonise et la flamme s’éteint... Il faut agir !!...
Pour que la flamme reprenne de l’intensité et que le suif ne coule pas, il fallait enlever le lumignon ou moucheron c’est à dire le bout de la mèche. A l’aide de la Mouchette, la mèche était donc périodiquement raccourcie (20 à 30 minutes) pour maintenir la flamme. La partie coupée était maintenue sur la lame et recueillie dans la petite boîte placée sur l’une des branches, permettant d’enfermer la mèche incandescente et de l’étouffer rapidement. La pointe servait à creuser le suif pour en faire émerger la mèche.

Le Coupe-Mèche : Ciseaux en métal dont l’une des branches est munie d’un réceptacle. Beaucoup plus récent que la mouchette, ces ciseaux servaient à couper la partie consumée de la mèche d’une lampe à huile ou à pétrole.
Pendant plusieurs siècles, la chandelle a été un moyen d’éclairage extrêmement répandu dans toutes les classes de la société. Jusque dans un passé bien proche, elle est restée en usage dans les milieux modestes.

____M O U C H E T T E...... _....

Mouchette est aussi le titre d’un roman de Georges Bernanos :
( Nouvelle histoire de Mouchette)

Mouchette, une jeune Picarde de quatorze ans, fuit l’école, ses brimades, et sa famille rongée par l’alcool, la misère et la maladie. Un soir d’orage, alors qu’elle erre dans les bois, trempée, perdue, elle rencontre un braconnier, le bel Arsène, qui lui propose un abri et lui raconte toutes sortes d’histoires destinées à le mettre en valeur. Déjà ivre, il est alors terrassé par une crise d’épilepsie. Revenu à lui, un violent désir pour la jeune fille le saisit et il abuse d’elle… Dans ce récit tragique d’une enfance sacrifiée, on retrouve les thèmes chers à Bernanos : le mal qui domine le monde, la solitude, la honte qui aboutit chez Mouchette à la haine de soi, et surtout la mort, omniprésente. Ecrit après le Journal d’un curé de campagne, un grand roman chrétien, vibrant de compassion et de colère...

Un film a été tiré de ce roman, en 1967 par le cinéaste Robert Bresson, avec Marie Cardinal dans le rôle de Mouchette.

 

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Mis à jour le vendredi 15 février 2019