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La valériane .

 La valériane  

Ne m’en veuillez pas trop mais cet article est tout spécialement dédié à une dame qui habite au bas du village...
Elle a un prénom qui fait penser à une voiture  !! Cherchons bien ... Diane ? non ! Mégane ? non plus ! Clio ? Ondine ? toujours pas ! Ah oui, ça y est, je m’en souviens, c’est Mercédès !!

Au mois de mars, je me suis trouvé un jour devant le parapet qui jouxte la maison de mes grands-parents (où Nadège et Bertrand louent en ce moment) : je touchais les branches de lierre qui commencent à envahir le muret et je les dirigeais vers la zone pierreuse qui couvre la sortie de l’égoût, du côté de l’escalier communal . Et notre Mercédès, derrière un tissu-moustiquaire au deuxième étage, se met à vociférer (et le mot est faible...) : 
" Eh vous là !! vous faîtes quoi là ? ça donne des jolies fleurs roses ça, faut rien couper ! ne touchez plus rien ! " . J’ai passé ma carrière professionnelle à faire preuve de patience et il m’en reste donc encore quelques traces, ce qui dans le cas présent s’avère bien utile . Et tout calmement je réponds à cette dame : 
" Mais non, Madame, ça ne fait pas de fleurs roses, c’est du lierre ! Et je ne le coupe pas , je le fais partir vers d’autres pierres ! " . 
J’avoue que j’ai cru un instant que ma grosse voix et ma bonne foi allaient arranger les choses ... Hélas, notre dame n’a pas eu la parole coupée (d’ailleurs dans ce cas-là ça aurait donné une Mercédès coupée et à Tourtour c’est un modèle réservé au sieur Metzger...pardon, il faut dire c’était...à la belle époque) . Donc, la dame ne lâche pas l’affaire :
" je vous ai dit de ne rien toucher ! laissez ça et foutez le cas d’ici !! ".
Là, la mémé pousse un peu et elle commence à me chauffer grave ce qui peut avoir une conséquence néfaste sur la mesure de ma tension artérielle... Il faut donc que je lui donne une réponse claire et appropriée à la situation : 
" Madame, vous m’emmerdez et je ne bougerai pas du tout d’ici . Je ne fais rien de mal, donc je continue ". (et ça, avec une voix digne de la surveillance d’une cour de récréation avec 280 gamins..).
Heureusement, la crise parano a quitté le deuxième étage et le calme est revenu...
Quelques semaines plus tard, en mai, je me retrouve devant le même muret et je vois de grandes fleurs roses (on en voit aussi le long du vieux château, près du lavoir) : je me suis renseigné car je ne reconnaissais pas cette fleur et je ne me souvenais pas de sa floraison à cet endroit là (puisque depuis environ 40 ans je n’étais jamais là au mois de mai) : ma cousine Jacquine m’a dit que la fleur rose était la valériane .

  

Mercédès, cet article est donc d’abord pour vous !! Et comme la valériane est appelée aussi "l’herbe aux chats", on va aussi dédier l’article à votre Alexis qui adore tous les petits félins qui peuplent la montée Saint-Denis .

Le centranthe rouge (Centranthus ruber) appelée lilas d’Espagne ou valériane rouge ou "muthaille"ou "valérien" est une plante herbacée vivace de la famille des Valérianacées (famille aujourd’hui parfois agrégée aux Caprifoliacées).

La valériane rouge, ou centranthe rouge, est originaire d’Eurasie. Son nom vient du latin valeo qui signifie "être en bonne santé", mais certains auteurs signalent que le nom de Valeria correspond à la province romaine de Pannonie où, au Moyen-âge, cette plante était cultivée pour être ensuite expédiée à travers l’Europe dans les pharmacopées traditionnelles. Le parfum très caractéristique de sa racine exerce une attraction surprenante sur les chats qui aiment s’y frotter avec délice. Ceci explique son surnom "d’herbe aux chats".

 

Fichier:Centranthus ruber 1.JPG

C’est une plante assez grande formant des touffes, aux tiges et feuilles vert-grisâtre, assez charnues, aux feuilles supérieures engainantes, aux fleurs parfumées, roses, rouges ou blanches, à éperon. Elle se plaît dans de nombreux endroits et affectionne particulièrement les vieux murs ou les rochers ensoleillés. 

Une forme particulière de la fleur, la valériane officinale (voir ci-dessous) avec des feuilles plus petites : c’est elle qui offre plus particulièrement des propriétés thérapeutiques (notamment sur le sommeil). Notre spécialiste locale de la flore, Michèle Van Panhuys, a gentilment fait remarquer cette différence et notre site lui présente toutes ses excuses pour cette énormité botanique qui a failli causer de graves troubles physiologiques dans la population villageoise .

Un peu d’histoire :

Hippocrate, Dioscoride et d’autres auteurs anciens recommandaient la valériane dans diverses indications. Le recensement des usages de la plante qui n’a cessé d’être utilisée au cours des siècles est difficile tant on lui a attribué de “ vertus ” : un survol rapide des ouvrages de matière médicale et de thérapeutique — ou de botanique médicale — publiés pour le seul XIXe siècle (en ligne sur Gallica), montre que les médecins lui attribuaient des propriétés variées, souvent contradictoires — un véritable " guérit-tout ", une herbe de tous les maux. Il semble malgré tout que ses indications majeures aient été l’épilepsie, la danse de Saint-Guy (chorée), l’hystérie...Dans la campagne de Bologne (Italie), on croyait autrefois qu’il y avait une valériane mâle (valérien) et une valériane femelle. On attribuait aussi à la valériane le pouvoir de chasser les elfes. La valériane a été très consommée au cours des deux guerres mondiales, pour traiter les différents traumatismes nerveux subis par les combattants. Son appellation "d’herbe aux chats ” est due à l’attirance de ces animaux pour son odeur : alors qu’elle semble agir comme un calmant sur l’homme, son influence est inverse sur les chats. En fait, elle provoquerait un état proche de l’euphorie éthylique ou cannabique chez ces félins. 

valériane

 Production, culture et récolte :

Très commune en Europe, la valériane préfère les sols frais, presque humides, perméables, profonds. Sa multiplication peut s’effectuer par semis des graines au printemps, ou par division des souches à l’automne. Après la récolte, les racines, éventuellement divisées, sont séchées à basse température (< 40 °C) pour éviter les pertes en acide valérénique, puis conservées en emballage fermé, au sec et à l’abri de la lumière.

Les besoins en valériane sont essentiellement couverts par la culture de la plante. Actuellement, 1200 tonnes de racines sèches sont produites en Europe, sur environ 400 hectares. Les deux-tiers des 50 à 80 hectares cultivés en France sont situés en Anjou (variété Valia). La teneur en acides sesquiterpéniques de la valériane améliorée par l’Institut technique interprofessionnel des plantes à parfum, médicinales et aromatiques (ITEIPMAI) a été augmentée de 28 % depuis le début des années 1990.

 Propriétés médicinales :

Pharmacologie. 
La racine de valériane est réputée sédative. Une majorité d’auteurs attribue actuellement cette activité aux acides sesquiterpéniques : divers travaux montrent l’affinité, in vitro, des extraits de valériane pour les récepteurs au GABA. Les données recueillies chez l’animal montrent une activité sédative, anxiolytique, potentialisatrice des barbituriques. La signification clinique de ces données est discutée et une synergie de différents constituants est aussi postulée. La biodisponibilité des constituants des extraits n’est pas connue.
Données chez l’humain. De nombreux
essais cliniques versus placebo ont été réalisés avec des monopréparations de valériane. Les experts du domaine les jugent, très majoritairement, de faible qualité méthodologique. Une méta-analyse de 6 essais a, en 2006, montré que la valériane améliore de façon statistiquement significative la perception de la qualité du sommeil par les patients, mais cette conclusion, affaiblie par les carences méthodologiques, est contredite par une analyse critique publiée en 2007. L’action, quand elle est observée, n’est pas obtenue avec une prise unique, mais par un traitement d’environ deux semaines. Elle n’apparaît pas différente de celle de benzodiazépines administrées à faible dose (essais comparatifs, mais sans bras placebo). Les essais les plus récemment publiés alimentent la controverse : l’un montre un effet favorable, l’autre non. De fait, la valériane n’agit pas (ou très peu ?) sur les paramètres électrophysiologiques du sommeil, mais sa prise aurait une incidence sur le ressenti (subjectif) du patient, difficile à différencier de celui d’un placebo. L’usage de la valériane comme anxiolytique ne s’appuie pas sur des éléments de preuve incontestables.

En 2005, une revue médicale concluait à propos de la valériane que, dans le domaine très subjectif, de la plainte d’insomnie sans cause organique ou psychiatrique, " quelques résultats favorables sont modestes et méritent d’être confirmés " ajoutant, en citant d’autres plantes sans danger (tilleul, mélisse, oranger), que " la prise d’une infusion vespérale (du soir, comme les vêpres) en soutien aux actions comportementales, peut favoriser la transition vers l’endormissement. "

Effets indésirables. La toxicité chez l’Animal est négligeable et il n’a pas été rapporté d’effet indésirable notoire chez l’humain (l’imputabilité de quelques cas d’hépatite est douteuse). Le caractère mutagène et cytotoxique des valépotriates est bien établi. L’instabilité des valépotriates conduit à leur absence de la plupart des préparations. Toutefois leurs produits de dégradation conservent une cytotoxicité résiduelle : il existe donc, en théorie, un risque résiduel au niveau digestif. Les valépotriates étant absents des extraits aqueux et hydro-alcooliques de titre faible, certains estiment logique de leur accorder la préférence. (A priori, les valépotriates sont présents dans la poudre de plante). Il n’a pas été signalé d’interaction médicamenteuse avec la valériane et ses préparations.

Indications thérapeutiques :

La valériane est connue depuis l’Antiquité. Pline en parlait déjà dans ses ouvrages, mais ce n’est qu’au XVIème siècle qu’on lui reconnut les propriétés qui font sa réputation actuelle. Elle est traditionnellement utilisée pour ses propriétés sédatives et les troubles du sommeil, pour combattre la nervosité et le stress. Ajoutée au traitement classique, elle améliore la vie quotidienne des épileptiques en contribuant à la prévention des crises (elle est anticonvulsivante). Dans les cures de désintoxication tabagique, elle évite l’énervement et les angoisses dues au sevrage. On utilise la racine de cette plante ; celle-ci possédant un goût et une odeur désagréable, on conseille d’éviter les infusions et de préférer les formes gélules ou comprimés qui vont masquer le goût.

En France, la seule indication qui peut être officiellement revendiquée pour un médicament fabriqué à base de plantes contenant vraiment de la valériane est " traditionnellement indiqué dans le traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles mineurs du sommeil. " Le Comité chargé par l’Agence européenne du médicament (EMEA) d’élaborer des monographies communautaires distingue, lui, les extraits obtenus par des mélanges contenant de 40 à 70 % d’alcool — d’usage « bien établi " —, et l’extrait sec aqueux et autres préparations — d’usage « traditionnel ». Les deux types d’extraits sont utilisés, chez l’adulte et l’adolescent de plus de 12 ans, en cas de nervosité ou de troubles du sommeil. L’usage de la valériane n’est pas recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement.
La valériane est fréquemment employée en association avec d’autres espèces végétales réputées sédatives :
aubépine, passiflore, mélisse, etc...

 

Une tisane ? Tchin, tchin, Mercédès !! Et bonne nuit !

 

Vos commentaires

  • Le 28 juin 2010 à 11:15, par Michèle van Panhuys En réponse à : par pitié Gilbert, ne te mèle pas de botanique !!

    Bonjour Gilbert

    et oui, encore une fois je viens râler , excuses moi mais tu écris encore de énormités .

    Oui les fleurs roses ou blanches qui poussent dans les murs, au nom latin Centhrantus ruber, sont bien appelées "valérianes" dans la région, mais ça n’a rien à voir avec la valériane aux propriétés médicinales qui est : Valeriana officinalis.

    Tu vois bien sur les photos que les feuilles ne sont pas du tout pareilles , même si les fleurs se ressemblent !!

    Je n’ai pas tout lu en détail, je suppose que ça vient d’internet, mais tu devrais faire attention, il y a souvent des bêtises et c’est particulièrement risqué à propos de propriétés médicinales.

    Amicalement
    Michèle

  • Le 29 juin 2010 à 12:36, par Gilbert Giraud En réponse à : Compassion...

    Sois gentille, chère Michèle, essaie de faire preuve d’un peu de compassion pour un pauvre rédacteur qui ose parler de fleurs sans être diplômé de la Société Internationale d’Horticulture (basée en Hollande, bien sûr...).Cela dit, notre site ne craint pas de compter parfois sur quelques lecteurs avisés pour corriger des erreurs commises . Dans notre village, les réactions concernant les fleurs sont plus nombreuses que celles concernant les atteintes aux droits élémentaires des électeurs et des citoyens : ce qui se passe à Tourtour et qui relève de l’autocratie communale ne suscite guère de commentaires et il est plus facile effectivement de s’offusquer des "énormités botaniques". Malgré tout, il reste donc un aspect positif : si personne ne conteste les chiffres donnés, les mises en cause ou les affirmations sur des décisions municipales suspectes, il est alors possible d’imaginer logiquement que rien n’est totalement faux. C’est le principal ! Cordialités fleuries .

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Mis à jour le jeudi 23 novembre 2017