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La voie " romaine "

La voie Aurélienne suit un axe assez facilement repérable sur une carte routière. Les routes actuelles, comme c’est souvent la cas, se superposent ou passent à proximité du tracé antique. C’est la cas de la Grande Corniche aux abords de la Côte d’Azur et surtout de la RN 7 jusqu’à Salon de Provence. Cependant, la voie Aurélienne prenait parfois des chemins parallèles encore bien matérialisés actuellement. De nombreux vestiges (bornes miliaires particulièrement nombreuses le long de la Voie) jalonnent son itinéraire et permettent de bien la délimiter.

  • Cap Martin.  

C’est la station de Lumone. On y a retrouvé les vestiges d’un mausolée romain. Un diverticule partait de Lumone et se dirigeait vers Port Hercule (Monaco).

  • La Turbie.

La voie montait vers La Turbie, siège d’une occupation ancienne. En 6 avant J.C, le Sénat Romain décide de construire sur la colline de La Turbie le Trophée des Alpes, pour commémorer la victoire d’Auguste sur les dernières peuplades rebelles des Alpes. C’est à partir de cet action que fut décidée le renforcement et la rénovation de l’antique voie qui passait à ses pieds, la voie ĥéracléenne, qui allait jusque Vintimille. Elle s’appellera désormais Via Julia Augusta.

Le monument était à l’origine de dimension impressionnante : presque 50 m de haut et surmonté d’une statue de l’empereur Auguste. Laissé à l’abandon à la fin de l’Empire Romain, il subira de grandes destructions, servira de forteresse au Moyen Âge avant d’être miné en 1705 pour servir de carrière.

La voie Aurélienne se poursuivait jusque Cemenelum par le vallon de Laghet et le Paillon. Il est possible qu’elle ait été doublée depuis La Turbie par un itinéraire maritime, qui serait l’actuelle grande corniche.

  • Cemenelum / Cimiez.

Au dessus de l’actuelle ville de Nice (la Nikaïa phocéenne), sur les vestiges de la capitale des ligures Vediantii, Auguste crée, en 14 avant J.C, la ville de Cemenelum pour en faire le chef-lieu des Alpi Maritimæ. Aujourd’hui, Cimiez a remplacé Cemenelum. On peut y voir un ensemble gallo-romain abondant : des ensembles thermaux, égouts, boutiques, domus, amphithéâtre, basilique et baptistère paléo-chrétien.

  • Antipolis / Antibes.

En 43 avant J.C, la grecque Antipolis est annexée par Rome, avec la creation d’un municipe ( cité soumise aux contraintes de Rome mais gouvernée par ses propres lois). Elle se romanise vite : Arc de Triomphe, théâtre, aqueduc…

Après Antipolis, la Voie suit le tracé de l’actuelle RN 7 puis passe par le chemin de Malpey et la Tour de Mare, près du Mont Vinaigre.

  • Forum Julii / Fréjus.

Forum Julii est une grande cité à l’époque romaine. S’étendant sur plus de 30 hectares, elle comptait plus de 6000 habitants (avec entre autres Agricola et Tacite ). La ville a été probablement fondée par Jules César vers 49 av. J.-C. La prospère ville commerciale devint alors un port de guerre, un des plus important de la Méditerranée. Un canal reliait la mer à un grand bassin. Les vétérans de la VIIIe légion s’y installèrent. Au début du christianisme, Forum Julii devint siège épiscopal. Les vestiges de l’époque romaine sont nombreux à Fréjus : Les thermes de Villeneuve, la porte des Gaules et les remparts, l’amphithéâtre, le théâtre, l’aqueduc et les restes du port avec le bassin, la porte dorée et la lanterne d’Auguste (phare).

La Voie suivait ensuite le cours de l’Argens et empruntait en partie l’actuelle route nationale jusqu’au mutatio du Muy et à la station de Forum Voconii / Vidauban ( reste de pont ) pour arriver au Luc.

Elle rejoignait ensuite Matavo / Cabasse, dont l’occupation est très ancienne. De nombreux vestiges de l’époque gallo-romaine y ont été mis au jour (nécropole et mausolée ).

La Voie Aurélienne rejoignait ensuite Brignoles par l’actuelle route. On a retrouvé sur son secteur quelques miliaires et une villa gallo-romaine.

  • Turris / Tourves  occupait alors une position stratégique et on y trouvait une station et de nombreuses villæ.

La voie contournait ensuite l’actuelle ville de Saint-Maximin la Sainte Baume pour aller vers Pourcieux et la Grande Pugère. Entre ces deux communes, quelques pierres constituent les restes du Trophée de Marius . L’ Arc de Triomphe avait été érigé à la gloire du consul Marius pour sa victoire sur les Teutons en 102 av. J.-C.

  • Aquæ Sextiæ / Aix-en-Provence.

La Via Julia Augusta arrivait à Aquæ Sixtiæ par l’Est. L’histoire de la ville est intimement liée à celle de l’oppidum voisin d’Entremont. Pour contrer la puissance des Ligures qui le peuplait, Rome détruisit l’oppidum après un siège en 123 av. J.-C. Puis, le proconsul Sextius crée alors une forteresse de plaine, près des sources thermales. Il donne son nom au site, " les Eaux de Sextius ". La ville s’agrandit alors autour du camp, devint colonie en 15 avant J.C et voit ainsi son rôle économique croître. Au IIIe siècle, elle deviendra la capitale administrative de la Narbonnaise. Au moment des invasions du IVe siècle, il ne reste plus de la cité que 17 hectares des 40 originels.

A partir d’Aix, un embranchement partait vers Marseille, Vitrolles, Fos et Arles. D’autres voies prenaient la direction de Lugdunum (Lyon) et de Vallis in Vallibus (Vaulx-en-Velin).

 La voie d’Aups à Draguignan n’est donc pas romaine : bien sûr, les routes construites à cette époque étaient fabriquées avec du sable, de la terre, des pierres mais cela ne leur confère pas nécessairement le titre de "romaines" .

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 La voie " romaine "  

Souvent les randonneurs disent qu’ils sont allés marcher sur la " voie romaine " : ce n’est pas tout à fait juste car il n’y a aucune route ou voie romaine à Tourtour . De même que le pont" romain " est tout simplement "roman" ,autrement dit médiéval . La Tour de Grimaud déclarée sarrasine et le pont attesté romain sont les deux préjugés les plus communs de notre village et il semble difficile de se défaire de ces erreurs historiques dénoncées par tous les spécialistes du patrimoine de notre département .

Comme nul d’entre nous n’est à l’abri de l’erreur, Mariette a demandé à Michel Giraud pourquoi, dans un message du forum, il répondait à "Yasmine Lara" : "la voie qui n’a de romaine que le nom" ? Et Michel, de lui préciser que la voie d’Aups à Draguignan n’est absolument pas romaine : Mariette va devoir écrire à tous les visiteurs guidés pour les rassurer....

Il est facile de se tourner vers toutes les voies construites par les romains et qui sont scientifiquement cataloguées et répertoriées sur la base de documents attestés et validés : afin de bien comprendre que Tourtour ne peut pas avoir de voie romaine (ni Aups), nous tentons d’éclairer la question .

  

La Via Aurelia ou voie Aurélienne est le nom donné à la grande voie romaine de la côte méditerranéenne de l’Italie romaine et de l’ancienne Gaule.

La Via Aurelia a été mise en œuvre à partir de 241 av. J.-C. par le consul Caïus Aurelius Cotta Elle partait de Rome, longeait la côte occidentale de la péninsule italienne et passait par Pisæ / Pise pour arriver à Luna / Luni.

Au fur et à mesure des conquêtes sont venus s’y rattacher des tronçons. Ainsi le consul Æmilius continua la voie à partie de 109 av. J.-C. Cette partie de voie devint la Via Æmilia Scauri . Elle passait par Genua / Gênes et Vada Sabatia / Vado Ligure .

Après sa victoire sur les peuples des Alpes-Maritimes, l’empereur Auguste continua cette route, à partir de 13 av. J.-C., à partir de Plaisance (Placentia) jusqu’à Arelate / Arles, sur le Rhône. Elle prendra alors son nom : la Via Julia Augusta. (certains géographes-historiens parlent aussi de la Via Rapuga qui raccordait le haut-var à Vintimiglia pour les personnes âgées qui allaient en villégiature pour chercher les spécialités romaines...).

La construction de la Via Julia Augusta revêt alors une des plus grandes importances. Jusqu’alors, pour rejoindre Rome à l’Hispanie, il y avait obligation de passer plus au nord, par le col de Montgenèvre, et d’emprunter ensuite la Via Domitia. La soumission de ces peuples va permettre de raccourcir le trajet en temps et en distance, en passant par des zones plus praticables, sans réelle difficulté de circulation (peu de massifs à franchir, forêts..). Grâce à la voie Aurélienne, Jules César put se rendre de Rome à Arles avec son escorte en 8 jours, se rendre de Rome en Hispanie avec son armée en 27 jours. Le cursus publicus (la "poste" romaine) faisait 70 kilomètres par jour (avec 4 changements de cheval).

Tiens, à propos de la construction des routes romaines :

 

Les Romains construisent leurs routes suivant le trajet le plus droit et le plus direct. Ils ne disposaient pas de contremaîtres formés à l’école de Giovanni-Marcus Simonaé (on peut logiquement le traduire en Jean-Marc Simon) mais leurs méthodes étaient pourtant infiniment efficaces et relativement rapides .

Les routes et voies romaines se composent de quatre couches : du sable, des pavés de pierres cimentées,(ce sont les romains qui ont inventé le ciment) des pierres concassées cimentées puis enfin de grandes dalles de pierre. Des fossés bordent les routes et permettent ainsi l’écoulement des eaux. Tous les douze kilomètres environ, les voyageurs trouvent déjà de quoi se restaurer et se loger.(sur les autoroutes ils ont gardé ces distances pour les aires...) Aujourd’hui de nombreuses routes européennes suivent le tracé de ces anciennes voies romaines.

Revenons à la Via Aurélia :

La voie Aurélienne suit un axe assez facilement repérable sur une carte routière. Les routes actuelles, comme c’est souvent la cas, se superposent ou passent à proximité du tracé antique. C’est la cas de la Grande Corniche aux abords de la Côte d’Azur et surtout de la RN 7 jusqu’à Salon de Provence. Cependant, la voie Aurélienne prenait parfois des chemins parallèles encore bien matérialisés actuellement. De nombreux vestiges (bornes miliaires particulièrement nombreuses le long de la Voie) jalonnent son itinéraire et permettent de bien la délimiter.

  • Cap Martin.  

C’est la station de Lumone. On y a retrouvé les vestiges d’un mausolée romain. Un diverticule partait de Lumone et se dirigeait vers Port Hercule (Monaco).

  • La Turbie.

La voie montait vers La Turbie, siège d’une occupation ancienne. En 6 avant J.C, le Sénat Romain décide de construire sur la colline de La Turbie le Trophée des Alpes, pour commémorer la victoire d’Auguste sur les dernières peuplades rebelles des Alpes. C’est à partir de cet action que fut décidée le renforcement et la rénovation de l’antique voie qui passait à ses pieds, la voie ĥéracléenne, qui allait jusque Vintimille. Elle s’appellera désormais Via Julia Augusta.

Le monument était à l’origine de dimension impressionnante : presque 50 m de haut et surmonté d’une statue de l’empereur Auguste. Laissé à l’abandon à la fin de l’Empire Romain, il subira de grandes destructions, servira de forteresse au Moyen Âge avant d’être miné en 1705 pour servir de carrière.

La voie Aurélienne se poursuivait jusque Cemenelum par le vallon de Laghet et le Paillon. Il est possible qu’elle ait été doublée depuis La Turbie par un itinéraire maritime, qui serait l’actuelle grande corniche.

  • Cemenelum / Cimiez.

Au dessus de l’actuelle ville de Nice (la Nikaïa phocéenne), sur les vestiges de la capitale des ligures Vediantii, Auguste crée, en 14 avant J.C, la ville de Cemenelum pour en faire le chef-lieu des Alpi Maritimæ. Aujourd’hui, Cimiez a remplacé Cemenelum. On peut y voir un ensemble gallo-romain abondant : des ensembles thermaux, égouts, boutiques, domus, amphithéâtre, basilique et baptistère paléo-chrétien.

  • Antipolis / Antibes.

En 43 avant J.C, la grecque Antipolis est annexée par Rome, avec la creation d’un municipe ( cité soumise aux contraintes de Rome mais gouvernée par ses propres lois). Elle se romanise vite : Arc de Triomphe, théâtre, aqueduc…

Après Antipolis, la Voie suit le tracé de l’actuelle RN 7 puis passe par le chemin de Malpey et la Tour de Mare, près du Mont Vinaigre.

  • Forum Julii / Fréjus.

Forum Julii est une grande cité à l’époque romaine. S’étendant sur plus de 30 hectares, elle comptait plus de 6000 habitants (avec entre autres Agricola et Tacite ). La ville a été probablement fondée par Jules César vers 49 av. J.-C. La prospère ville commerciale devint alors un port de guerre, un des plus important de la Méditerranée. Un canal reliait la mer à un grand bassin. Les vétérans de la VIIIe légion s’y installèrent. Au début du christianisme, Forum Julii devint siège épiscopal. Les vestiges de l’époque romaine sont nombreux à Fréjus : Les thermes de Villeneuve, la porte des Gaules et les remparts, l’amphithéâtre, le théâtre, l’aqueduc et les restes du port avec le bassin, la porte dorée et la lanterne d’Auguste (phare).

La Voie suivait ensuite le cours de l’Argens et empruntait en partie l’actuelle route nationale jusqu’au mutatio du Muy et à la station de Forum Voconii / Vidauban ( reste de pont ) pour arriver au Luc.

Elle rejoignait ensuite Matavo / Cabasse, dont l’occupation est très ancienne. De nombreux vestiges de l’époque gallo-romaine y ont été mis au jour (nécropole et mausolée ).

La Voie Aurélienne rejoignait ensuite Brignoles par l’actuelle route. On a retrouvé sur son secteur quelques miliaires et une villa gallo-romaine.

  • Turris / Tourves  occupait alors une position stratégique et on y trouvait une station et de nombreuses villæ.

La voie contournait ensuite l’actuelle ville de Saint-Maximin la Sainte Baume pour aller vers Pourcieux et la Grande Pugère. Entre ces deux communes, quelques pierres constituent les restes du Trophée de Marius . L’ Arc de Triomphe avait été érigé à la gloire du consul Marius pour sa victoire sur les Teutons en 102 av. J.-C.

  • Aquæ Sextiæ / Aix-en-Provence.

La Via Julia Augusta arrivait à Aquæ Sixtiæ par l’Est. L’histoire de la ville est intimement liée à celle de l’oppidum voisin d’Entremont. Pour contrer la puissance des Ligures qui le peuplait, Rome détruisit l’oppidum après un siège en 123 av. J.-C. Puis, le proconsul Sextius crée alors une forteresse de plaine, près des sources thermales. Il donne son nom au site, " les Eaux de Sextius ". La ville s’agrandit alors autour du camp, devint colonie en 15 avant J.C et voit ainsi son rôle économique croître. Au IIIe siècle, elle deviendra la capitale administrative de la Narbonnaise. Au moment des invasions du IVe siècle, il ne reste plus de la cité que 17 hectares des 40 originels.

A partir d’Aix, un embranchement partait vers Marseille, Vitrolles, Fos et Arles. D’autres voies prenaient la direction de Lugdunum (Lyon) et de Vallis in Vallibus (Vaulx-en-Velin).

 La voie d’Aups à Draguignan n’est donc pas romaine : bien sûr, les routes construites à cette époque étaient fabriquées avec du sable, de la terre, des pierres mais cela ne leur confère pas nécessairement le titre de "romaines" .

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Mis à jour le vendredi 23 juin 2017