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Publié par | dimanche 4 janvier 2009
Le Château du despote Raphélis
Avertissement, préambule, clarification, précaution d’usage :
L’article qui suit parle de la mairie, du château de la mairie, du nom donné au château : le but n’est donc pas d’attaquer la municipalité en se servant d’un fait dont elle n’est pas responsable. L’idée est de soulever une question qui peut paraître anodine et futile mais qui représente malgré tout une atteinte aux valeurs humaines.
Et pourquoi donc ?
Lorsqu’ un courrier est envoyé à la Mairie, l’adresse postale est
Mairie de Tourtour,
Château Raphélis
Un détail : les bureaux de la Poste et ceux de la Mairie sont distants de 5,27m et il n’est donc peut-être pas utile d’indiquer au facteur l’adresse des services municipaux (sauf si l’on a une idée légèrement étroite de la notion de service public et une confiance assez limitée dans les agents de la poste..).
Donc, il faut (pour l’instant) écrire Château Raphélis . Ah bon ! Très bien !
Mais qui est ce Raphélis ?
Pour simplifier, on peut dire : un tyran, un despote, un fasciste, un tortionnaire, un odieux personnage, un symbole de cruauté....En termes imagés, un enfoiré de première, un salopard !
Mais le terme Raphélis ne s’adresse pas qu’à un homme, c’est toute une famille unie à faire régner la terreur dans le village et chez les habitants. Aucune période de l’histoire de Tourtour n’aura été aussi noire et semée de faits divers violents et barbares.

Trouve-t-on , en quelque endroit du monde, des rues, des places, des avenues, des châteaux, des musées, des lieux qui portent le nom de Mussolini, Franco, Barbie, Hitler, Néron, Staline... ? Bien sûr, les faits historiques ne sont pas de la même ampleur mais il s’agit pour notre village d’enfin régler une dette d’honneur. Peut-on honorer ou rendre hommage à ceux qui sont responsables d’exactions, de crimes ? Un bâtiment communal peut-il raisonnablement garder le nom de celui qui symbolise l’horreur, la terreur et la persécution des habitants lors des périodes les plus sombres de l’histoire du village ? Bien sûr, certains risquent de ne pas accorder d’importance à des personnages qui ont vécu plus de 400 ans en arrière, d’autres ne voudront pas changer ce qui est ainsi depuis des lustres... Le château était-il au départ la propriété des Raphélis ? Quand la Mairie s’est portée acquéreuse du château, quel en était le nom ?
Des historiens se sont déjà élevés contre ce personnage : Guy Désirat nous raconte que les procès entre les municipalités (les communautés) de l’époque et la famille Raphélis ont duré presque 120 ans . André et Nicole Cabau insistent aussi sur tous les problèmes posés par cette famille décidément unie contre tout le village (et inversement).
Les Raphaélis n’avaient aucun sens moral et aucune notion de solidarité ou de charité. Leur situation sociale dans la noblesse les plaçait, selon eux, au-dessus des lois et des règles fixées par la commune ou les décrets du roi. Il ne faut pas oublier que nul n’a jamais pu prouver leur descendance précise ni leur appartenance avérée à la noblesse . Leur charge nobiliaire a été obtenue par des moyens d’entourloupe qui préfiguraient déjà leur future mentalité et les comportements tyranniques au fil des décennies.
Jean puis son fils Joseph puis ses petits-enfants Jean-François et Jean-Honoré sont les tristes personnages qui ont fait régner la terreur au village. Jean fut le premier à pratiquer une politique de seigneur autocrate et despote : prêts d’argent aux habitants qui se retrouvaient ensuite en position d’asservissement, prêts à la commune qui était donc sous la coupe, rachat de la charge de consul communautaire (maire) quand la commune se retrouva quasiment en faillite, biens roturiés usurpés, rachat de terres aux endettés, empêchement de bénéficier de l’eau d’arrosage, interdiction de patûrages, dissimulation des archives du Conseil, falsification du cadastre par la réquisition du domaine "la Grange du Gavot" en le rebaptisant "domaine de Beauvezet" (ou Beauvezer).
Durant des décennies les membres de la famille Raphélis se firent détester par les tourtourains : sur la place, les deux Jean (François et Honoré) se plaisaient à faire des allers et retours pour que chaque passant les salue civilement à chaque fois. Si la salutation n’était pas assez visible, les coups de bâton ou de sabre pleuvaient : des dizaines de plaintes de tourtourains bléssés furent déposées.
A Tourtour, à la même époque, vivait la famille La Tour (qui logeait au château près du lavoir et aujourd’hui dénommé "Bousquet") : le seigneur Denis-Marcel La Tour était apprécié par la population villageoise et cette famille noble ne prit jamais la défense des Raphélis.
Un autre article du site précisera mieux les effets terribles de la présence des Raphélis à Tourtour mais il est peut-être utile de se poser la question : doit-on conserver ce nom pour qualifier notre "hôtel de ville" ? On peut déjà en discuter ...
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