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Le campanile provençal : caractéristiques....

 Le campanile provençal . 

A Tourtour, notre campanile est situé au sommet de la Tour de l’horloge, dans la rue de l’horloge...

Le campanile de Tourtour est un élément architectural important de notre village et les touristes-visiteurs sont toujours très intéressés par ce témoin du passé qu’ils ne retrouvent que dans notre Provence.


le campanile de Tourtour, tour de l’horloge, (photo g.g.).

Une particularité de notre campanile tourtourain : bien sûr, la cloche annonçait traditionnellement les heures et les demi-heures, comme tous les autres, mais le gong sonnait également pour chaque quart d’heure ... Mais pourquoi donc cette petite caractéristique ? Simplement parce qu’au XIXème siècle (et cela jusque dans les années 1940 environ) les arroseurs sur le village de Tourtour étaient très nombreux : chaque tourtourain avait son propre potager (pour la cuisine familiale) et chacun avait besoin d’eau pour arroser carottes, tomates, haricots, fèves et salades. Ainsi, il fallait "prendre l’eau" pour une certaine durée et le calcul était fait selon la grandeur du jardin et le nombre de personnes vivant au foyer : donc, un couple sans enfant, voyait son quota horaire se résumer à un quart d’heure ! Et pour se souvenir du moment où il fallait bouger la martelière (la plaque de fonte qui obstruait le ruisseau ou le canal), la cloche sonnait ... De nos jours, moins d’une dizaine de jardins sur le village et le règlement de l’eau n’est plus aussi précis qu’autrefois.(ce qui lui permet donc de n’être pas aussi bien respecté qu’à l’époque !..) 

Que savons-nous des campaniles ?
Le campanile de Provence est un élément patrimonial unique puisqu’on ne le retrouve que dans le Sud de la France : c’est un élément d’architecture qui est installé au sommet d’une horloge pour lui donner une touche originale. Les ferronniers à qui l’on commandait la réalisation du campanile voulaient faire preuve d’esthétisme pour passer à la postérité et ils redoublaient d’imagination et de talent pour laisser un souvenir inoubliable en haut de l’édifice.
Et d’où vient le mot "campanile" ?
(le campanile de Barbentane)

La Campanie est une région du sud de l’Italie (autour de Naples et Capoue) : elle était célèbre dès le VIIIème siècle pour son travail du fer et en particulier la fabrication de cloches et de sonnailles pour les animaux ou aux activités publiques comme les assemblées (la cloche pour obtenir l’attention et le silence) ou les ventes à la criée (les enchères). Les premiers monastères utiliseront ce mécanisme horloger pour avertir les moines des diverses prières et l’utilisation des cloches s’associera petit à petit aux offices religieux. Les églises auront peu à peu des clochers ou des campaniles séparés pour l’installation de cloches de plus en plus grosses.

(le campanile de Correns)

En France, le mot désigne aussi « un clocher formant édicule sur le toit d’un bâtiment", souvent construit en charpente. Selon le dictionnaire Le Petit Robert, il peut aussi s’agir d’une lanterne surplombant certains édifices civils.

(le campanile de Lacoste, dans le Lubéron)

Bien qu’ils soient fréquemment installés sur des clochers d’églises, les campaniles n’appartiennent pas à l’architecture religieuse.(la preuve c’est qu’à Tourtour, il n’est pas sur une église !). Les campaniles sont le résultat de l’évolution de...l’horlogerie ! Ce n’est que tardivement qu’ils sont devenus des parties d’architecture et des objets d’art.
L’origine des campaniles :
Au Moyen-Âge, les villages étaient généralement construits en bois, entourés de palissades défensives et dotés au point le plus haut, de tours carrées vouées au guet. Sur la plate-forme, des veilleurs debout soumis à tous les vents et sous les intempéries, jour et nuit, devaient scruter l’horizon, pour avertir en cas d’attaque, d’incendie (la vigie) ou d’un événement quelconque. Par la suite, au XIIème siècle, on inventa la cloche (campana, en latin) pour permettre aux guetteurs de donner l’alerte. Ces tours, désormais en pierre, devinrent des donjons, assortis de remparts, de chemins de ronde et de mâchicoulis.

(le campanile d’Aups).

En même temps que se transformaient les moyens de défense, il devint nécessaire pour les municipalités de donner l’heure à leur population. C’est ainsi que l’on retrouve ces grands cadrans ouverts aux quatre points cardinaux que l’on voit dans tous les villages, montés sur les points visibles du plus loin, et plus souvent le clocher de l’église, car il était déjà construit,ou sur l’une des tours des remparts, comme on le voit encore à Bargemon et à Cotignac. Aux fonctions de guet,succéda la nécessité de sonner les heures qui rythmaient la vie sociale.
Comme par ailleurs l’industrie des automates, née dès l’Antiquité en Grèce, avait fait beaucoup de progrès, on décida de les remplacer par des automates à forme humaine : désormais la cloche était frappée généralement par deux automates. La première tour à automates fut installée sur la tour Maurizio à Orvieto en Italie en 1351.
Entre 1270 et 1344 parut la première horloge mécanique. Puis furent construits en 1499 à Venise les automates dits "les Maures", qui frappent encore aujourd’hui leur cloche au-dessus de l’horloge monumentale de la place Saint-Marc.

L’origine de la forme de la ferronnerie qui contenait le carillon de l’horloge fit encore l’objet de discussions de la part des spécialistes. On a dit qu’on avait cherché une structure ouverte qui résisterait mieux qu’un clocher fermé, au violent mistral de la région. En fait, on trouve des campaniles dans des régions où il n’y a pas de mistral et des clochers en dur dans des régions très venteuses. Il est probable que la vraie raison était d’obtenir une construction moins coûteuse qu’une tour, puisqu’elle était à la charge des municipalités, moins riches que l’Eglise.
L’idée de génie a été d’utiliser la ferronnerie. De plus, certains édiles appréciaient d’être indépendants de l’Eglise et de pouvoir mettre la carillon destiné à sonner les heures laïques non pas dans le clocher du curé, mais par exemple sur la mairie (maison de ville). A ce sujet, les archives font état de conflits fréquents à propos des cloches !
Le besoin d’horloges publiques s’est vite répandu dans toute l’Europe. Les artisans horlogers suivirent les routes commerciales ordinaires, de Milan et Turin vers Nice puis la vallée du Rhône, la Bourgogne, le Nord et jusqu’en Angleterre, qui fournit un temps les meilleurs horlogers du monde.

C’est à cause de ces pérégrinations horlogères qu’on peut voir dans tout le sud de la France un si grand nombre de ces campaniles. Leur densité étant la plus grande en Provence, et particulièrement dans le Var où chaque commune a le sien.(sur les photos de cet article vous verrez quelues voisins !..). C’est ainsi qu’on leur a donné le nom générique de campanile provençal.


(le campanile de Cotignac).
La plupart des campaniles qui se trouvent dans le Var datent du XVIIIe siècle. Il semble que les plus anciens remontent au XVIIe siècle mais il est très difficile de dater un campanile. Souvent on peut dater le support, qui est le plus ancien, mais pas le campanile lui-même. Seule la cloche porte quelquefois une date, comme il est d’usage dans la fonderie, mais aussi les noms des parrain et marraine de la cloche.
Toutefois, il faut savoir que l’on construit toujours de nos jours des campaniles. Il s’en construit ou s’en rénove à peu près un par an dans toute la Provence.


(le campanile de Villecroze).

Un site internet est consacré aux campaniles : vous y trouverez des dizaines de photos, en particulier des villages varois. Vous pouvez consulter ce site en cliquant sur le lien suivant http://abegui.free.fr/campanile/index.php

 

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Mis à jour le jeudi 8 novembre 2018