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Le livre de lecture le plus lu à l’école de Tourtour .

 Le livre de lecture le plus lu à l’école de Tourtour .

Sans aucun doute, le livre de lecture qui a été le plus lu à Tourtour (et ailleurs), c’est le fameux " le Tour de la France par deux enfants " : nos anciens s’en souviennent . (l’an prochain, pour l’exposition des Journées du Patrimoine, deux exemplaires seront présentés ).

 

Replongeons-nous dans cet univers bien particulier de ce livre mythique qui a bercé l’imagination de millions d’écoliers : et lisons avec les yeux de nos Marcel, Jules, Rose, Suzanne, Doudou, Raymond, Denise, Armand, Thérèse, Paulette, Marius, Louis, Angèle.... et d’autres chers à nos coeurs . 

Livre de lecture scolaire :

Rarissimes sont les écoles qui n’ont pas utilisé ce livre célèbre dans leurs classes de cours moyen au début des années 1880 et pendant pratiquement soixante-dix ans .

Rédigé par Augustine Fouillée (née Tuillerie) sous le pseudonyme de G. Bruno, publié par les éditions Belin en 1877, le livre servait à l’origine de livre de lecture du cours moyen des écoles de la IIIe République. Son succès fut tel qu’il avait atteint un tirage de 6 millions d’exemplaires en 1900 et fut utilisé jusque dans les années 1950 (après environ 40 rééditions). De nos jours, ce petit livre est très recherché par les collectionneurs (lors des salons de brocante ou les vide-greniers) et la première édition de 1877 atteint des sommets (entre 100 et 150 € en fonction de l’état de l’ouvrage). Ce succès ne se dément pas au fil des décennies car le livre est un "monument" dans l’historique des manuels scolaires d’autrefois (au même titre que le livre d’histoire d’Ernest Levisse).

Pédagogie :

Ce livre très patriotique visait à la formation civique, géographique, scientifique, historique et morale de la jeunesse, qu’il fallait aussi préparer à reconquérir l’Alsace et la Lorraine. Chaque chapitre commence par une maxime et s’organise autour d’un thème principal. Il s’agit de faire connaître le territoire de France avec toutes ses activités. Aux questions spontanées des enfants sont toujours apportées des réponses simples, avec une carte située toujours sous les yeux, pour l’enseignement de la géographie. Il s’agit d’apporter aux enfants des éléments vivants, éprouvés, d’une véritable culture. Une vraie mine, le Google de l’époque...

Postérité :

On observa que le public continuait à réclamer, après sa disparition du programme, le Tour de la France par deux enfants. En 1976, il s’en était vendu 8 400 000 exemplaires, dont 7 000 000 exemplaires avant 1914. L’ouvrage a été réédité, en 2000, par Belin, et en 2006, par France Loisirs. On peut toujours se le procurer aujourd’hui. Une version un peu agrandie en a été tirée pour le centenaire de l’ouvrage.

L’histoire :

L’ensemble relate le périple de deux enfants, André et Julien Volden, qui, à la suite de l’annexion de l’Alsace-Lorraine par les Prussiens et du décès de leur père, partent à la recherche d’un oncle paternel à travers les provinces françaises. La diversité des populations amène la curiosité et habitue aux différences. On y trouve ainsi des passages sur la saveur des nourritures du terroir, ou sur l’étrangeté des patois atténuée par l’apprentissage méthodique du français. Malgré leur origine lorraine, les deux enfants ne sont pas touchés par l’idéal ambiant de la revanche propre à cette époque. L’histoire est apprise par les traces, monuments et symboles, les vies exemplaires des inventeurs, soldats patriotes et bienfaiteurs. À chaque rencontre, l’idée de paix gagne sur la réalité des luttes et des conflits. Ils sont attentifs à la découverte du pays et fort zélés à reconnaître cette patrie. Ils accumulent une richesse de connaissances nées de l’apprentissage des techniques, de l’habileté dans le travail : ils s’initient à l’agriculture, à l’économie domestique, à l’hygiène…on passe d’une tradition à l’autre, on chemine à travers les vieux métiers et certaines anecdotes deviennent logiquement de bons sujets pour l’éducation civique et les leçons de morale. Cette simplicité va assurer la pérennité décennale de ce petit livre destiné prioritairement aux enfants entre neuf et onze ans (CM1 et CM2 puis la fameuse classe -aujourd’hui disparue- du Certificat d’Etudes). (on est un peu loin de Coluche, de Bedos ou de Guillon ..).

Les marques de l’époque :

On peut faire le compte des exclusions ou oublis dans ce manuel d’initiation à la France, mais il ne faut pas oublier l’époque et le but de l’auteur de cultiver l’espoir en ne traitant pas de querelles d’adultes.

Un passage notoire du livre (chapitre 75) divise l’humanité en quatre races (blanche, jaune, noire et rouge)  la race blanche étant dite la plus parfaite. De nos jours, la notion "d’identité nationale" soulève des polémiques sans fin et il nous reste à imaginer ce qui serait dit au JT de 20h si les élèves du CE2 lisaient "le tour de France de deux enfants" aujourd’hui....Cela dit, les résultats électoraux du FN sur la commune risquent de tempérer le propos et quelques citoyens considérés comme respectables et quelques électrices réputées vénérablement morales feraient apprendre par coeur le passage du livre à leurs petits-enfants ...

Dans l’édition de 1906, toute référence à Dieu, à la religion, est supprimée, même dans les expressions les plus courantes. Les enfants ne visitent plus Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille.(dans la prochaine édition ils iront au Vélodrome..). Fénelon, Bossuet, Vincent de Paul disparaissent. Jean Jaurès s’étonnera, en 1910, de cette autocensure. L’auteur avait, en fait, tenté de substituer à la morale religieuse une idéologie de la fraternité et de la solidarité. Cela accentue la tonalité laïque du livre, et souligne un optimisme à l’égard d’une société sans référence au surnaturel, strictement humaine et œuvrant au règne de la raison et de la concorde.(si on relit bien cette longue phrase, on s’aperçoit que c’est toute la philosophie de notre Pierre Jugy..).
Grand succès de librairie de l’école laïque, on décrit parfois ce manuel scolaire comme le « petit livre rouge de la République » : on s’aperçoit malgré tout que le "rouge" était parfois un peu "arc-en-ciel"...

 Notre chère commune pourrait facilement être au coeur d’un livre de lecture de ce type et le titre pourrait être du genre "tour du village par deux enfants tourtourains".... 
Vous aurez sûrement des chapitres qui vous viendront alors à l’esprit, quelques pistes... :
** la battue aux sangliers du dimanche matin à Valuègne...
** les figues du jardin de Michel à la Garbure ....
** Arlette et les plantes du cimetière....
** le gîte et le couvert chez le bouillant colonel....
** Les rabasses tonkinoises un peu jaunes ....
** les petites querelles de la Placette...
** Petit-Jean et Tonton-Gaby posent la glu pour les grives...
** L’auberge rouge des deux élus marrons ...
** Les gros sacs de pignes de Gastounet ...
** Beauvezet, le lotissement " aux quatre vents "... 
** Titi et la cerise du gâteau ....
** les folles soirées de " la Rapugue " à l’Exagone ....

Ce serait bien un petit bouquin de lecture avec du " tourtourain " !! Mais non ! Allons, allons, Gilbert ! Pour ne pas avoir de reproches, c’est simple, tu n’écris rien, tu ne dis rien et tu permets au petit ovin d’origine ibérique de soulager son système rénal (ce qui se résume par " tu laisses pisser le mérinos ...").
Bon d’accord, je ne branche plus... (ça ne coûte rien d’essayer mais le gage de réussite n’est pas totalement acquis ...et toutes les anesthésies ça n’arrange pas tout...).

Vos commentaires

  • Le 26 novembre 2010 à 22:23, par Goure En réponse à : Les livres

    J’ai eu ces livres à l’école d’Ampus. J’y étais de 1940 (mon père étant à la guerre et ma mère obligée de travailler, on m’avait accepté à 5 ans) jusqu’à 1947 (collège). Je me souviens des deux livres mais celui qui m’a le plus marquée , c’est le livre d’histoire Lavisse. Je revois encore certaines illustrations.
    Quant aux quatre races dont la plus parfaite est la blanche !!!!! , je pense que j’avais gobé cette énormité... Des conneries sur les livres de classe , il y en a toujours eu et , hélas, ça continue je crois.IL y a toujours une idéologie véhiculée.

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