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Le loup .

 Le loup .  

Il n’est pas encore temps de céder à la psychose, il n’y a pas de loup actuellement à Tourtour : cela dit, de nombreux indices avérés attestent de sa présence dans la région et il est prouvé historiquement que cet animal était présent, à plus grande échelle, lors des deux siècles passés.

En mars 2009, Var-Matin a publié un article sur "le loup à Canjuers" et j’ai lu ensuite l’article rédigé par Rosette Goure d’Ampus sur son blog toujours aussi intéressant et varié. Que Rosette ne m’en veuille pas de lui emboîter le pas : d’ailleurs, galanterie oblige, n’hésitez pas à consulter ses articles sur le loup en allant sur  villageampus83.blog.lemonde.fr/

 

  

Depuis l’hiver 2002/2003, le plateau de Canjuers est classé en Zone de Présence Permanente (ZPP) du loup, avec un seul individu recensé lors de chaque suivi hivernal. Mais la présence de l’espèce est attestée depuis décembre 1996. L’hiver 2006/2007, aucun indice n’a été récolté dans la zone.Le dernier Bulletin d’information du Réseau Loup nous apprend qu’un loup a été tué dans le plateau de Canjuers, au nord-est du département du Var . Le cadavre, dont l’analyse génétique a révélé qu’il s’agissait bien d’un loup (sans plus de précision sur le sexe ni l’identité), a été retrouvé le 9 août 2006 sur la commune d’Ampus.De plus, le plateau de Canjuers étant classé en Zone de Présence Permanente du loup (ZPP), les éleveurs peuvent bénéficier d’indemnisations lors d’attaques du loup, mais aussi lors d’attaques douteuses (le bénéfice du doute revient à l’éleveur). En 2006, 16 attaques ont été indemnisées dans le Var, pour 36 victimesSi la disparition du loup se confirmait dans le nord du département du Var ,la ZPP de Canjuers serait déclassée et les indemnisations ne seraient plus possibles pour les éleveurs de la région.(Source Ferus : ours-loup-lynx Info)

    

De tout temps, le loup a été l’ennemi de l’homme. Déjà, au Néolithique, les hommes et les loups s’affrontaient lors de la domestication des ongulés qui étaient des proies faciles pour le prédateur. Ensuite, avec la montée du Christiannisme, le loup est devenu l’objet d’une haine viscérale : il représente l’Ennemi opposé au Bon Pasteur et à ses Agneaux de Dieu. Dans le même temps, les croyances les plus folles se sont répandues dans les campagnes : histoires de loups-garous, de loups enragés, de bêtes sanguinaires....

Ainsi, tous les moyens étaient bons pour éradiquer le loup : chasses à courre, battues, pièges, empoisonnements, massacres de louveteaux à la tanière ...

Jusqu’au début du XIXème siècle, les armes à feu étaient peu performantes et à courte portée. Mais dès 1830, elles deviennent de plus en plus efficaces et accessibles. Les loups peuvent alors être tués à plus de 100 mètres de distance. De plus, le nombre de permis de chasse délivrés n’a fait que croître. 

Dans le même temps, les poisons sont variés et terriblement efficaces : aconit tue-loup, éponges frites et bulbes de colchique, lichen de mélèze, ciguë aquatique, noix vomique, strychnine... Les campagnes d’empoisonnement étaient de plus en plus nombreuses du fait de la disponibilité de ces produits.

La lutte contre les loups débute dès 813 en France, avec la création de la Compagnie de la louveterie par Charlemagne. Supprimée à la Révolution, elle est rétablie par Napoléon en 1804. A cette époque, on offre des primes de destruction allant de 12 francs pour un mâle à 18 francs pour une femelle pleine.  (en équivalent €, la somme variait de 150 à 225 euros ).

En 1882, les primes allouées sont fortement réhaussées : elles passent de 12 à 100 francs pour un loup mâle adulte et de 18 à 150 francs pour une louve pleine. Elles sonnent definitivement le glas pour le loup en France.

Par ailleurs - outre le poison, le fusil et les primes - la déforestation est une cause importante de l’éradication du loup en France, à l’origine notamment de la disparition de ses proies potentielles (ongulés sauvages). A cette époque, les campagnes ne connaissaient pas encore l’exode rural. Les populations rurales augmentaient régulièrement et des défrichements étaient effectués, ce qui diminuaient les territoires des loups et de leurs proies, ainsi que les corridors entre les différentes sous-populations de loups et de leurs proies. 

Les battues, de plus en plus nombreuses, eurent raison des derniers loups sauvages de notre pays.  De nos jours, une battue au loup avec les 4x4 et les téléphones portables, ne laisserait que peu de chances à l’animal.

 La "disparition" du loup :

  • A la fin du XVIIIème siècle

A la fin du XVIIIème siècle , le loup est présent partout en France avec des abondances maximales dans le Centre-Ouest de la France (Poitou, Limousin...), en Bretagne et dans le Nord-Est de la France (Côte d’Or par exemple). Beaufort (1988) estime que la population française était de l’ordre de 14 000 individus (10 à 20 000 loups). De nombreux loups sont tués chaque année : 5351 loups en 1797 et 6487 en 1798 ...

  • Au début du XIXème siècle

Au début du XIXème siècle, 5 à 7000 loups sont encore présents dans notre pays, dans près de 90% des départements français. En moyenne, 1400 loups sont encore éliminés chaque année, mais avec de fortes fluctuations annuelles. Ainsi, 2131 loups ont été tués en France en 1823 (Source : Le Grand retour du Loup - Bernard Prêtre - Editions Cabédita (1999) d’après les chiffres cités par la revue La Nature en 1891).

Jusqu’en 1860, la population bien qu’en régression était encore abondante.

A titre d’exemple, 28 loups ont été abattus en Isère en 1803 ; 23 en 1805 ; 22 en 1810 ; 13 en 1817 ; 11 en 1820.

  • A la fin du XIXème siècle 

Mais à la fin du XIXème siècle (date-clef : 1880 avec la forte hausse des primes à la destruction), le déclin semble inéluctable. En quelques dizaines d’années, le loup n’est plus signalé que dans la moitié des départements français. Son aire de répartition est fragmentée entre deux noyaux d’une certaine importance : le Nord-Est et le Centre-Ouest de la France. Les autres régions (Provence, Alpes, Pyrénées, Bretagne, Normandie...) n’ont plus que des populations réduites, isolées et fragmentées.

Cependant, 1316 loups sont encore abattus en 1883 ; 1095 en 1884 ; 900 en 1885 ; 760 en 1886 ; 701 en 1887 ; 905 en 1888 ; 915 tués en 1889 ; 461 en 1890 ; 327 en 1892 ... (Sources : Statistiques des archives du Ministère de l’Agriculture et Le Grand retour du Loup - Bernard Prêtre - Editions Cabédita (1999) d’après les chiffres cités par la revue La Nature en 1891).

 Dans les Alpes du Sud, le loup se maintient jusqu’en 1870-1880 dans les Hautes-Alpes, les Basses-Alpes (départements où une trentaine de loups sont abattus chaque année) et les Alpes-Maritimes. Il est probable que quelques individus se soient maintenus jusqu’au tout début du XXème siècle, comme en témoigne la réalisation d’une battue à Castellane en février 1895 (Source : Le loup - Muséum d’Histoire Naturelle de Toulon (1996)).

Dans les Alpes du Nord, cette époque sonne également le glas du loup d en tant qu’espèce reproductrice : le dernier loup du massif des Bauges (Savoie) est tué en 1856 ; un loup est tué à Thorens (Haute-Savoie) en 1861 ; en 1863 est tué le dernier loup de la Tarentaise (Savoie) à Peisey-Nancroix ; deux loups sont encore empoisonnés dans le Vercors entre 1878 et 1880 respectivement à Méaudre et Autrans. (Source : Le Grand retour du Loup - Bernard Prêtre - Editions Cabédita (1999)). Bien que des loups sont encore vus ou tués au tout début du XXème siècle, ils ne forment plus de populations reproductrices viables.

En Provence, le loup se rencontre encore dans les parties forestières du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône jusqu’en 1880. Dans ce dernier département, un louveteau est encore tué à La Ciotat en 1888, ainsi qu’un loup adulte à Vauvenargue en 1890 et deux louveteaux à Trets en 1892 (Source : Le loup - Muséum d’Histoire Naturelle de Toulon (1996)).

Le loup disparaît du Jura franco-suisse à la fin du XIXème siècle : dans le Jura suisse, les deux derniers loups sont tués en 1838 et 1842 dans la vallée de la Joux. Quelques années plus tard, une dernière observation visuelle est réalisée en 1869 au Brassus (Source : Le Grand retour du Loup -

Au début du XXème siècle

Malgré le répit accordé par les guerres de 1870 et de 1914-1918, le loup a quasiment disparu de notre pays au début du XXème siècle.

Dans les Pyrénées, quelques individus auraient encore survécu à la fin du XIXème siècle.

Dans les Alpes, un loup est encore tué à Bouvières (Drôme) en février 1901. Il s’agit très certainement d’un des derniers spécimens des Alpes françaises. Dans les Alpes occidentales suisses, le dernier spécimen est vu au Suchet en 1914. (Source : Le Grand retour du Loup - ) d’après les chiffres cités par la revue La Nature en 1891).

Les derniers loups provençaux se sont éteints, dans le département du Var, au tout début du XXème siècle. Une dernière observation visuelle, de 3 loups ensemble, est réalisée à Mons (nord-est du département) au cours de l’année 1900. (Source : Le loup - Muséum d’Histoire Naturelle de Toulon (1996)).

Seules quelques petites populations subsistent dans le Poitou (Vienne, Deux-Sèvres et Charente), le Limousin (Haute-Vienne), la Dordogne et la Champagne. Les derniers individus français seront observés ou tués vers 1925-1930, notamment dans les Deux-Sèvres et la Haute-Vienne.

Par contre, 48 individus ont encore été observés ou tués, dans toute la France, entre 1923 et 1992 (retour officiel du loup dans notre pays). Les origines possibles de ces animaux sont fort diverses : jusque dans les années 1950 environ, on peut penser qu’il s’agit encore des derniers loups sauvages de notre pays... Mais il peut aussi s’agir de loups captifs qui se seraient échappés, de chiens ressemblant à des loups ou, dès les années 1980, de loups italiens en voie de colonisation. Voici quelques exemples (Source : Le Grand retour du Loup - Bernard Prêtre ).    

  • Au cours de l’hiver 1945/1946, un louveteau est tué à Flavigny-sur-Ozerain, en Côte d’Or.
  • En 1951, un loup est tué à Grandieu, en Lozère.
  • En 1952, la dépouille d’un loup est examinée à Rumilly (Haute-Savoie) par un médecin vétérinaire de l’Ecole vétérinaire de Lyon.
  • Le 15 janvier 1954, un grand loup mâle est tué entre Vignieu et Sermérieu (Isère). Bien des années plus tard, l’ADN de cet animal a été analysé et révèle un loup d’origine italienne ... S’agit-il déjà des prémices du retour de l’animal en France ?
  • En 1954, une énorme traque - qui mobilisa un hélicoptère, 5 brigades de gendarmerie et 3000 chasseurs - n’a pas permis de tirer la louve visée.
  • Le 4 juin 1968, un loup est tiré au Sens (Landes).
  • Le 5 juin 1968, une louve est abattue dans le même secteur des Landes.
  • En 1977, plusieurs battues sont organisées afin de tirer la "bête des Vosges", elles aussi sans succès.
  • Le 20 juin 1977, un loup est signalé et tué dans l’Aubrac (Lozère).
  • Le 27 décembre 1987, un loup tué à Fontan (Alpes-Maritimes), tout près de la frontière. Compte-tenu de la chronologie de la recolonisation du loup en France, on est quasiment certain que ce loup fut un des premiers canidés italiens à effectuer un retour en France, 4 ans avant le retour "officiel" de l’espèce.

    Ne cédons pas à la panique, le loup ne présente aucun danger de nos jours à Tourtour. Ce que nous avons à craindre , d’abord et surtout, c’est plutôt l’arrivée de certains requins.....

 

 

 

 

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Mis à jour le vendredi 13 septembre 2019