Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Autour de Tourtour... > Brovès . > Le village de Brovès .

Le village de Brovès .

 Le village de Brovès . Raffélis de Broves

 

Il ne faudra pas trop m’en vouloir mais je reconnais sans peine (mais sans honte non plus...puisque "lyonnais") que le mot "Brovès" ne me procurait jusqu’à aujourd’hui que très peu d’émotions particulières pour la bonne et simple raison que je n’en connaissais que la transcription phonétique et la vague indication que cela correspondait à un "bled du coin..".

Fort heureusement (et vraiment par hasard), une jeune tourtouraine (cheveux généralement blonds et le plus souvent frisés..) me racontait hier soir qu’avec une copine (dont la famille était originaire de ce village de Brovès) elle avait eu l’occasion d’aller faire un pique-nique lors d’une journée autorisée par l’armée (une seule fois dans l’année) : en effet, la particularité du village de Brovès est d’avoir été "commune annexée " par le ministère de la Défense lors de la constitution du grand territoire militaire de Canjuers en 1970. La population de cette commune a donc été délocalisée avec la même délicatesse que les ouvriers de chez Continental ou Moulinex...

Brovès, commune du Haut-Var est probablement l’un des villages les plus isolés du département. Ce n’est pas vraiment la distance qui le sépare des autres communes environnantes qui joue ici un rôle déterminant mais bien le relief qui l’entoure. Au sud, c’est le col du Bel-Homme qui sert de porte d’accès à l’ancien territoire de la commune. Il domine à plus de mille mètres d’altitude pour offrir une vue imprenable sur tout le haut pays varois et verrouille les plaines de Draguignan en constituant une première marche de l’escalier préalpin de la région qui grignote une partie du département du Var. Au nord, la commune la plus proche est celle de Bargème à environ dix kilomètres, elle est séparée par une route tortueuse qui chemine entre les massifs du Malay et celui du Brouis. Du côté est, c’est le col de la Glacière qui boucle l’immense plateau qui s’étend jusqu’à l’ouest et se termine par les plans de Canjuers, un désert de pierres et de végétations sauvages.
Partant de Bargemon  la Départementale 25 mène après quelques kilomètres de descentes aux premières bâtisses. Elle traverse des plaines qui au printemps prennent des couleurs vertes inimitables, elles jaunissent en été pour se laisser couvrir d’une somptueuse moquette blanche lors de certains hivers. Avec ça, quelques collines rases. Les vieilles bornes kilométriques longeant la voie n’indiquent même plus le village situé à proximité de la route. Route d’où l’on peut voir certains automobilistes passer devant les maisons avec indifférence ou parfois lançant un regard furtif. En effet, la plupart des usagers de cette route se dirigent pour l’essentiel en direction des gorges du Verdon, lieu très touristique.
Le village est situé sur une plaine coincée entre plusieurs collines escarpées. Pour y accéder, il faut pénétrer dans le camp de Canjuers, plus grand camp d’entraînement d’Europe de l’armée de terre. Occupant un dixième du territoire varois il a été crée à la fin des années soixante pour des nécessités de défense nationale. A cheval entre les Préalpes et les plaines du Var, Brovès vivait pour l’essentiel d’une économie pastorale.
 

Brovès a été déserté en 1970 par ses habitants de façon contrainte et forcée par les autorités militaires de l’époque. Les propriétaires et fermiers ont été relogés dans un lotissement situé sur la commune de Seillans, nommé en hommage à leur ancien lieu de vie : Brovès-en-Seillans.

Brovès aura survécu aux pestes et autres choléras qui ont ravagé les campagnes françaises durant les XVIIIe et XIXe siècles, mais aussi aux divers conflits de l’Histoire comme notamment les dernières grandes guerres. Bref, à tout, sauf à l’Administration...(et quand il s’agit du Ministère de la Défense il faut donc compter sur les privilèges des hautes autorités militaires
Brovès aura livré son dernier combat pour capituler le 4 Août 1970 et voir son territoire communal se rattacher à la commune de Seillans et s’endormir tristement dans le silence.
Aujourd’hui et 35 ans après les évènements, le village n’a pas ou peu changé, les maisons et fermes se tiennent toujours aussi fièrement, c’est du moins l’image que donne le bourg vu de la route, mais de plus près, beaucoup de choses ont changé.Fenêtres défoncées, entrées murées, toitures effondrées ; voilà l’état dans lequel on découvre le village qui se dresse toujours aussi fièrement après plus de trente ans de cession.


 en passant sur le bord de la route... (mais on ne peut pas s’approcher)...

Pour découvrir des vidéos sur ce village (10 sont disponibles) vous pouvez passer par Google, vous allez sur l’onglet "vidéos" et vous écrivez "le village de Brovès", ou alors vous cliquez sur le lien suivant :
www.google.fr/search

 

Une vraie désolation ! Une compassion ! 

 Au début du siècle...personne n’aurait pensé que 70 ans après, plus aucun enfant ne jouerait dans ce pré...

Pour "donner le change", l’armée a accordé un petit semblant de rénovation de la toiture du lavoir...mais on n’a pas osé mettre de vraies tuiles ...

Il semblerait que l’armée commence à étudier la question de l’utilisation du village comme espace de vie (et de logement) pour des familles de militaires ... Après des années d’occupation du village pour des opérations d’entrainement (guérillas de type Sarajévo !) le village retrouverait une petite dose d’humanité ...!! Merci, chers généraux !! 
Une association milite également pour que le village redevienne commune varoise et soit donc "soustraite" à la défense nationale pour être à nouveau le petit village d’autrefois : allez-y les gars (elles et ils), ne faiblissez pas, vous y arriverez !!

Vos commentaires

  • Le 20 octobre 2010 à 22:22, par Goure En réponse à : Broves

    J’ai eu l’occasion de passer au large de Brovès lors d’une visite très intéressante du plan de Canjuers. Une bonne partie de la commune d’Ampus a été prise lors de l’élaboration du camp et , depuis, chaque année ou presque un car d’Ampus est accepté pour la visite. Soit le camp, soit les anciennes fermes et chapelles. J’ai fait les deux sorties. Je rechercherai le compte-rendu sur le Toupin et en donnerai l’adresse.
    Lors de la dernière sortie (l’an passé) nous avons vu une ferme où était née la mère d’un des visiteurs. C’était émouvant et révoltant aussi.
    A un moment donné on a une vue plongeante sur Ampus et sur une campagne appelée Chaudoin , prise par l’armée. Une de mes copines , habitant La Motte, venait y passer l’été avec ses grands-parents ampusians pour y cueillir la lavande.
    Voilà de l’histoire vivante , cher Lyonnais.

  • Le 23 octobre 2010 à 17:43, par Goure En réponse à : Sortie à Canjuers

    Voici l’adresse de notre sortie à Canjuers
    http://villageampus83.blog.lemonde.fr/2009/07/09/sortie-a-canjuers/

  • Le 18 juin 2011 à 06:21, par le focéen En réponse à : Des villages en agonie

    Les Salles sur Verdon, Savines, Brovès...

    Brovès, demeures brulées par le soleil dont les pierres retiennent, invisible, le souffle des villageois qui hantent les ruines...

    Merci Monsieur Giraud d’avoir créé cette page.

    De mon côté je présente également le village de Brovès dans
    "sentiers et chemins"
    et je vous cite.

    Bernard, auteur de la vidéo :
    "Mémoire des Salles sur Verdon"

Répondre à cet article

Stats | 12 visiteurs en ce moment | SPIP 3.1.3 [23214] | Squelette BeeSpip v.3.1.0

Mis à jour le vendredi 28 juillet 2017