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Les Mas .

 Les Mas .  

Tourtour est un village typiquement provençal et son patrimoine lui a logiquement valu d’être classé dans la catégorie des "plus beaux villages de France" (label national décerné par les Bâtiments de France et la Direction des Affaires Culturelles et des Monuments Historiques).
Les ruelles, les châteaux, les fontaines, les maisons, les porches font partie des spécificités pittoresques de Tourtour et les visiteurs sont éberlués devant ce caractère authentique des lieux.

Dans l’imginaire d’un touriste qui vient visiter notre village, de nombreuses choses batifolent : les cigales, la bouillabaisse, la lavande, le thym, le soleil, les salades de tomates, les oliviers, la pétanque, les farcis, le pastis, la sieste sous le figuier.... Et puis aussi le paysage, la garrigue, les messugues, les vignes, les grives, les sangliers, les truffes.... Et puis aussi, les mas.... Aller passer sa retraite au soleil, dans un joli mas de Provence, c’est le rêve de milliers de couples après une vie de labeur dans les brumes du Nord. 
Un joli mas de Provence ... Tout en pierres, avec les tuiles rondes, de beaux arbres pour une ombre salutaire, du terrain pour les animaux ou les petits-enfants, du bois pour la cheminée et pour les grillades... Le paradis sur terre, l’endroit idyllique, l’eden en Provence, le bonheur en Haut-Var...

Mon cousin adoré (le rénaïré de Camp-Fournier) va encore reprocher que les vues de l’article ne sont pas "locales" et il a en partie raison... D’autres photos de mas tourtourains seront bientôt incluses mais, de grâce, un petit peu de patience ... Ou alors, si des photos sont envoyées au site, elles seront publiées. Sinon, bientôt !

En attendant, on peut aussi se renseigner sur la notion de "mas", ses particularités, sa construction, ses matériaux, son historique, son architecture...

    

La racine de l’occitan mas est le latin mansus, participe passé de maneo, séjourner (demeurer, rester), qui est aussi à l’origine de « maison » (mansio, onis : le terme « mas » dérive de l’accusatif singulier « mansionem » en raison de l’abandon des autres cas fors le nominatif dans le bas latin), « manoir » et « manant » (en plus de l’ancien français « mes », meis, mais).

Dès le début, le terme paraît s’être appliqué aux locaux d’habitation et aux bâtiments à vocation agricole, auxquels s’ajoutent les dépendances telles que jardin, cour et verger.

Le droit seigneurial donna un sens plus étendu à mansus que les historiens rendent par le terme de « manse » : le mansus était l’unité d’exploitation imposable, c’est-à-dire la superficie agricole exploitée (champs, prés, vignes). Par transposition, le nom a été donné à des constructions plus récentes, en Provence en particulier : autrement dit, quand on regarde des annonces immobilières de la région, l’appellation "mas" est légèrement usurpée pour certaines habitations mais il faut bien faire croire pour essayer de vendre.

  

Au sens large, le mas est un ensemble de terres et de bâtiments d’habitation et d’exploitation à vocation agricole dont les produits (blé, légumes, fruits, animaux pour la viande, œufs, plumes, etc.) sont destinés principalement à la vente et dans une bien moindre mesure à la consommation sur place.
Au sens restreint, le mas se limite aux bâtiments d’habitation et d’exploitation. 

     

En Provence, toutes les fermes n’étaient pas des mas. Ceux-ci diffèrent des bastides, qui étaient pour la bourgeoisie. Par exemple, Beauvezet peut être considéré comme un mas, une grande ferme mais les occupants succéssifs n’ont guère été seulement considérés comme des paysans : le groupe d’habitation est donc placé sous le vocable de bastide. 

Le mas a presque toujours une orientation au sud, offrant ainsi une protection contre le mistral. Les ouvertures sont absentes au nord et plutôt étroites ailleurs afin de se protéger de la chaleur en été et du froid en hiver. Le mas est d’ampleur variable mais présente presque toujours un volume parallélépipédique et un toit à deux pentes.

Parmi les différentes formes de cette construction, les plus caractéristiques sont :

  • Le mas du Luberon, qui a la forme d’un pavé droit (rectangle) avec quelquefois un retour en L. Il a généralement un étage sur rez-de-jardin (voire parfois deux étages). En bas étaient disposées les pièces servant aux bêtes et à la cuisine à cause des dégagements de chaleur. Un escalier, souvent central, permet d’accéder à un couloir (disposé au nord) qui distribue sur les chambres. On trouve aussi, à l’étage, les pièces de stockage pour le fourrage, le grain, etc.
  • Le mas camarguais ressemble plus à une hacienda avec de grands volumes, des murs plutôt blancs, une cour intérieure et des bâtiments en U comprenant habitations et écuries.

     

  

 

     

S’il est un bâti où l’uniformisation et la caricature fait son chemin, c’est bien ce type de construction banale mais représentative du savoir-faire des artisans de jadis (maçons, charpentiers, couvreurs, etc.). Bon nombre de mas voient maintenant leurs murs déshabillés de leurs enduits, grattés, leurs pierres mises à nues et jointoyées avec toutes sortes de mortiers modernes colorés qui asphyxient les murs. Ceux-ci se dégradent et l’ambiance à l’intérieur de la maison devient glaciale et propice aux rhumatismes. Les volets à cadre recouverts de gris, de vert ou de bleu charron ou charrette ont souvent fait place à des menuiseries avec renfort en Z recouvert de "bleu lavande".( les architectes des Bâtiments de France n’ont pas toujours été -et ne sont toujours pas- sur tous les dossiers et en particulier ceux où ils ne pouvaient rien dire, les dossiers n’étant pas déposés, à cause de petites erreurs de formalités...).

Un mas est bâti avec les matériaux disponibles sur les terres de l’exploitation. Les pierres sont prélevées sur les tas d’épierrement des champs retournés. Le mortier n’est que de la terre minérale parfois additionnée de chaux éteinte sur place. les arbres abattus, équarris puis mis en place dans les deux années qui suivent pour éviter toute tension dans cette maçonnerie souple qui va prendre son assise pendant plusieurs mois.

L’enduit intérieur composé de terre sablo-argileuse est appliqué puis serré à la taloche de bois. Il a sa raison d’être dans la lutte contre les rongeurs, vermine en tout genre et le froid. Il est chaulé (avec la chaux) chaque année par les familles les plus soigneuses. Les murs se comportant comme du sucre posé sur un peu de liquide, de l’eau aspirée depuis le sol est donc présente naturellement dans ce type de maçonnerie (le salpêtre se montre sous son léger voile blanc).

Un soin particuler est porté à l’enduit extérieur. Il a la propriété de ne pas faire barrage à l’évaporation de cette eau. Il est composé de sable, de terre et de chaux pour éviter toute dégradation de la pierre par le gel et la transmission du froid sur des murs sinon détrempés par la pluie et les remontées capillaires. 

    

La taille d’un mas varie en fonction de la richesse et du nombre de ses occupants originaux : de 150 à plus de 1000 m², y compris dépendances (paillers, granges, etc.). Plus la famille s’agrandissait ou achetait d’équipements, plus le mas s’allongeait.

Les murs des mas proches de la rivière de la Durance sont faits de galets, ceux de Gordes de pierres calcaires et ceux de Roussillon de pierres rouges (ocrées). A Tourtour, les pierres utilisées sont le plus souvent à base calcaire et en particulier en tuf car elles offrent l’avantage d’être plus faciles à tailler.

Les mas de Provence sont assez recherchés et souvent transformés en maisons de villégiature : des retraités de tous horizons viennent goûter la quiétude de notre village (et de la région) et font parfois construire des bâtiments qu’ils nomment "mas" : certains permis de construire ont été accordés cette dernière décennie à des habitations qui sont de bon goût mais qui ne peuvent guère se prévaloir de ressembler à des mas provençaux : il s’agit de répliques, de succédannés, d’erzatz, du simili mais pas du vrai, pas de l’autenthique. On peut rajouter que certaines constructions ont été réalisées en dépit des règles élémentaires qui auraient normalement dû être aplliquées aux alentours d’un village classé : les deux maisons carrées que l’on aperçoit de la barrière du jardin public de Tourtour sont deux purs attentats à l’environnement et les baies vitrées de 12 mètres carrés sont une insulte à nos anciens. Ceux qui veulent ouvrir un petit fenestron de 30 x 50 cm et qui se conforment aux règles en remplissant des pages d’autorisations ne comprennent guère la différence de traitement de la même règle d’urbanisme. (selon que vous serez puissant ou misérable...). Heureusement la toute jeune équipe municipale avec le nouveau PLU va changer ce système de politique locale bananière.

Prions pour avoir encore le bonheur de goûter aux grillades sous un vieux chêne, à l’abri d’un joli mas tourtourain, après une bonne anchoïade et juste avant une sieste réparatrice ...

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Mis à jour le mardi 12 novembre 2019