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Les archives de l’acquisition du château .

Les archives de l’acquisition du château .

Le précédent article ( tourtour.village.free.fr/ecrire/ ) sur l’acquisition du château en 1952 a suscité quelques remarques de la part de lecteurs qui émettaient de larges réserves sur la véracité des faits rapportés et en particulier sur le rôle joué par le premier adjoint , Mr Albert Escarelle . Promesse avait été faite d’aller consulter les archives municipales afin d’essayer de clarifier les choses : la visite a eu lieu avec l’aimable participation de Magali qui m’a grandement facilité la recherche et fait les photocopies nécessaires . 

Dans ce nouvel article, l’analyse sera un peu plus étayée et elle reposera sur des sources inattaquables car puisées dans le registre officiel des conseils municipaux de l’époque concernée . Magali m’a confié le gros cahier qui regroupe les comptes-rendus des séances de 1939 à 1968 et qui est numéroté par pages .( Un petit détail personnel : entre 1946 et 1948, tous les textes ont été écrits par la belle calligraphie de ma maman, et j’avoue que leur lecture m’a donné une petite émotion...). La première mention sur le château figure à la page 132, séance du conseil municipal du 13 août 1951, le titre noté dans la marge étant " projet d’achat du Château Raphélis " .Je dispose de toutes les photocopies qui pourront attester des lignes ci-dessous mais chacun peut aller aux archives pour vérification : plus tard, à partir des photocopies, j’effectuerai des numérisations qui reproduiront le texte intégral, mais pour l’instant le résumé nous permettra sans aucun doute de dénouer dans l’urgence les fils de l’énigme...

 

 Image:83139 - Tourtour Mairie.jpg

 Au cours de cette séance d’août 51, Mr le Maire (Auguste Troin) demande à son conseil d’étudier les conditions d’acquisition du château : il explique qu’en 1903 et en 1937, les ventes successives du château avaient donné à des habitants l’idée que ce soit la commune qui se propose pour l’achat . Le maire pense donc " que le conseil agirait sagement en mettant tout en oeuvre pour éviter les erreurs passées . Il précise qu’il s’est rendu avec Albert Escarelle pour rencontrer le propriétaire du château et que celui-ci a fixé les " conditions siné qua non " : prix cinq millions de francs et paiement comptant . Auguste Troin concède que cette somme est très élevée pour la commune mais il donne quelques arguments en faveur de l’achat : 
— L’acquisition du château constituerait un accroisement considérable du patrimoine communal .
— Les difficultés qui font obstacle à l’installation d’un WC public et à la déviation de la route qui traverse la place, disparaîtraient "ipso facto".
— Le bon état du château ne nécessiterait pas de gros travaux.
— Par contre l’école et la mairie (de l’époque) ont besoin de grosses réparations .
— Financement prévu par les autorités préfectorales avec remboursement sur 30 ans, avec amortissement réalisé par différentes ventes de bois et des deux immeubles communaux (mairie et école).

Rappel : lors de ce conseil, au début de la séance les 11 élus sont présents, donc aucun absent (on comprendra cette précision en fin d’article, au moment du vote).

On peut supposer que les conseillers municipaux aient débattu longuement de ces diverses questions qui n’étaient que la première étape du processus d’achat . La fin du compte rendu, noté en page 134, note : " le conseil, après en avoir délibéré conformément à la loi, approuve unanimement les suggestions du maire et lui donne mission de poursuivre toutes démarches utiles en vue de l’acquisition éventuelle du Château Raphélis au profit de la commune de Tourtour ". A la suite de cette phrase, ne figurent plus que 7 signatures sur les 11 présents et c’est sans doute là que se situe la clé de l’énigme . 

Réfléchissons un peu : si le compte-rendu peut se permettre de noter le mot unanimement, c’est uniquement parce que les 4 autres élus non signataires ne sont plus dans la salle au moment du vote et que les 7 présents sont donc unanimes . Les élus d’accord avec le délibéré et qui ont signé sont : Jules Rouvier, Louis Ferran, Auguste Troin, Eugène Giraud, Joseph Olivéro, Henri Mandin et ... Albert Escarelle . Il est donc établi que les 4 élus n’ayant pas approuvé sont Marthe Basset, Albert Meiffret, Auguste Verdaine et Louis Martin : ces 4 non signataires ont sans doute quitté la salle avant le vote et ont du se déclarer démissionnaires ; En tout état de cause, la preuve est faite qu’Albert Escarelle ne peut pas être taxé d’opposant à l’acquisition du château car il est clairement établi qu’il a accepté toutes les conditions énoncées par le maire .

Il est bien évident que les 4 élus opposés au projet ont agi selon leurs opinions réfléchies et nul se saurait leur reprocher aujourd’hui l’expression de leur intime conviction. Par contre, il convient de se fonder sur la réalité des archives municipales et non pas sur " j’ai toujours entendu dire que.." qui n’est pas une preuve totalement irréfutable ....

Tourtour

Le conseil municipal suivant qui a abordé l’achat du château s’est tenu le 7 juillet 1952, (pages 136 et 137 du registre) autrement dit 11 mois plus tard  : on n’accusera pas les élus de l’époque de s’être tourné les pouces mais il faut avouer que les affaires de la commune n’étaient pas de la même nature ou urgence que de nos jours ... Toujours est-il que cette séance fut donc consacrée à l’achat entériné du château : les discussions avec les propriétaires ont permis d’arriver à une somme de 3,5 millions (au lieu des 5 prévus), la préfecture a donné son accord et toutes les conditions budgétaires ont été réunies pour le financement de l’achat : vente de bois, dons de particuliers et cession de biens immobiliers (école et mairie). A noter que lors de cette séance, les 7 élus présents étaient les mêmes que les signataires du précédent conseil et que, par déduction, les 4 absents sont les mêmes que ceux n’ayant pas participé au vote en 1951 (ce qui tend à prouver qu’ils s’étaient donc retiré de fait de l’assemblée communale, ce qui est d’ailleurs confirmé par le conseil précédant (au 10 avril 52, page 135 du registre) où le sujet était "allocation scolaire" et pour lequel les 4 mêmes élus étaient absents ...

Certains esprits chagrins risquent encore de s’indigner que l’on ait pu polémiquer sur de tels sujets mais il est parfois bien utile et citoyen de rétablir certains faits en utilisant des sources indubitables issues des archives municipales . Rendons donc à Albert Escarelle ce qui lui revient, et si des choses peuvent lui être reprochées, il ne s’agira en tout cas nullement de son accord pour l’ acquisition du château . Et rendons également à Jean Lainé ce qui lui appartient quand il a défendu la cause de son ami Albert et que cela a pu lui être reproché à tort .

Il reste malgré tout de cette époque que l’équipe municipale conduite par Auguste Troin aura permis au village d’acquérir un élément architectural de premier ordre et d’élargir l’éventail de son patrimoine . Les opposants avaient tout à fait le droit de ne pas adhérer au projet car ils pensaient aux finances de la commune et les élus favorables à la démarche ont eu raison de poursuivre l’aventure du château car aujourd’hui tous les tourtourains sont satisfaits de ce monument communal en plein coeur du village

 

 

 

Vos commentaires

  • Le 25 février 2010 à 17:31, par Jean Lainé En réponse à : Fin d’un débat !

    Félicitations Gilbert pour cette recherche dans les archives communales. qui doit couper court à toute discussion. Je suis très heureux que le résultat de cette recherche confirme en tout point ce que m’avait expliqué Albert Escarelle !
    Félicitations aussi pour les trois photos du château qui agrémentent l’article ; elles sont très belles.

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Mis à jour le samedi 18 novembre 2017