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Les cinq petits cailloux...

 Les cinq petits cailloux...

 agate CMPB 

 Sur l’un des quatre piliers du vieux lavoir de Tourtour, on peut voir cinq jolis petits cailloux qui sont incrustés dans le tuf. Ce sont cinq pierres très brillantes dont les tons vont du vert à l’orangé jusqu’au marron.

Avec l’aide de Carlos, notre sympathique galériste du Jas (très belle exposition de sculptures sur pierres semi-précieuses), il a été découvert que ces pierres étaient des agates polies en provenance du Brésil, de Madagascar, d’Afrique du Sud, du Pérou et d’Australie. 
Après cette authentification par un expert reconnu, il reste une question sans réponse pour le moment : comment les 5 cailloux sont-ils arrivés là ?

Plusieurs chercheurs, ethnologues, minéralogistes, historiens, géologues, paléontologues et chimistes ont étudié ce phénomène étrange et ont commencé à délimiter des axes de recherche mais aussi à émettre certaines hypothèses.

  

La première piste étudiée concerne l’emplacement des 5 cailloux : il n’est guère de raison que les pierres se soient retrouvées là, à des endroits précis sans que cela ne corresponde pas à une donnée scientifique. 
Mais alors ? 
Le professeur Coulet (du Cnrs, section astronomie nucléaire) défend la thèse d’une représentation de 5 constellations en corrélation avec les rythmes saisonniers. Par contre, Charles Dricourt (dans son livre " les énigmes des sources du Haut-Var ", 1876) affirme que l’emplacement des cailloux correspond aux lieux des principales sources de Tourtour.

 En 1917, le minéralogiste Edouard Puneau , explicite (dans son ouvrage très documenté " Agates en Provence ") les diverses familles de pierres présentes dans la région et déduit que les mouvements sismiques du Diocène supérieur ont provoqué de gigantesques vagues (des tsunamis mutipliés par 1000) ayant entraîné des déplacements d’alluvions sur l’ensemble des continents. Cette assertion est remise en cause par les travaux de l’ingénieur hydrologue Marcel Granon qui affirme de son côté en 1923 la prédominence de résurgences terrestres issues de fosses sous-marines. 

  Agate naturelle rouge rubanée  

Un historien, Georges Binro (Académie de Généalogie Appliquée de Marseille) s’est délibérément engagé dans une autre direction de recherche : dans son livre paru en 1972 " Les flux migratoires en Provence maritime", il fait une démonstration rigoureuse sur les populations migrantes qui ont peuplé notre région au fil des siècles et détermine en conséquence certains vestiges prouvant son hypothèse initiale : ustensiles, armes, poteries, outils, bijoux... Et par extension, les restes de collections minérales (recueillies au fil des mouvements divers des populations) auraient été les prémices du futur Musée de Victor. 

 

Un chimiste solliès-pontois, Louis-Jean Tilenier, a présenté (en 1988) une thèse à la Faculté de Toulon sur "les composés organiques du Haut-Verdon" où il recense les divers formes géologiques de ce territoire en analysant les compositions chimiques de centaines de prélèvements différents : il assure scientifiquement que les agates ont été polies au fil des siècles par les alluvions du Verdon le long des gorges et des torrents mais également par les effets conjugués des rafales de mistral et du vent d’Est.

    

Le mystère de ces petits cailloux n’est donc pas totalement résolu mais il reste aujourd’hui un espoir : la municipalité a décidé en septembre 2008 de subventionner une structure partenariale entre Tourtour et Villecroze. L’Association des Amis du Musée des Fossiles de Tourtour (l’AAMFT) sera créée d’ici quelques semaines et de nombreuses innovations sont prévues par les deux maîtres d’oeuvre Jean-Marie Brémond et Jean Lainé, chargés par le conseil municipal de mener à bien ce projet culturel polyvalent. 
Il nous reste donc à espérer que des recherches seront à nouveau engagées avec les spécialistes de cette association pour essayer de percer enfin le mystère de ces cinq pierres... 
 Agates 1Agates 2

 

 

 

 

Vos commentaires

  • Le 24 juin 2009 à 10:35, par Justine Légende En réponse à : L’étang aux canards

    Avez vous remarqué qu’à l’arrière du village de Tourtour il existe une cuvette herbeuse et cultivée et qu’on contourne lorsque, du parking de l’entrée, on prend la route du lavoir ? "On pourrait y loger un petit lac" dit on souvent. Justement...

    Autrefois il y avait là un petit lac. Et puis une année où l’hiver fut particulièrement précoce et glacial, dans des temps reculés dont personne, aujourd’hui, n’a plus le souvenir, une bande de canards migrants retardataires, épuisés par le vol et le froid, s’enhardit à s’y poser pour faire halte. C’était le soir et dans la nuit la température chuta encore. Tant et si bien que lorsqu’au matin les canards voulurent reprendre route, leurs petites pattes étaient prises dans l’eau qui avait gelé.
    "Ah misère ! s’exclamèrent les volatiles, sommes nous condamnés à demeurer ainsi à nous geler tout crus ?
    - Secouons nous au lieu de pleurnicher" dit le chef du bataillon . "Agitons vivement nos ailes de concert : l’agitation commune nous dégagera de cette gangue glacée et en même temps nous réchauffera quelque peu les magrets".
    Aussitôt les vaillantes bêtes déployèrent leurs ailes le plus grand possible et les bougèrent tant et plus. Ce ne fut pas si simple que de le dire, n’empêche : l’effort fut récompensé. Soudain, dans un vombrissement quasi infernal la bande quitta le sol à l’unisson parfaite. Quelques centimètres, puis quelques mètres, enfin l’ensemble s’éleva doucement mais sûrement pour gagner une hauteur compatible avec la poursuite du voyage...
    L’ennui c’est que, dans leur effort, ils emportèrent le lac avec eux.
    Il faisait si froid que personne, sur leur route, ne s’étonna de recevoir quelques gouttes glacées sur le crâne et gageons que, la glace fondant, ils arrivèrent les pattes libres sur leur lieu de villégiature.
    Depuis on n’a plus de lac mais un beau près, que Fabien se plait à cultiver.

  • Le 24 juin 2009 à 13:37, par Gilbert Giraud En réponse à : Le lac des canards...

    C’est une bien belle histoire... Elle montre bien qu’à Tourtour on ne se laisse jamais prendre les pattes dans la glace pas plus que la cervelle dans le bling-bling.... Malgré tout, une petite ombre : quand on raconte une légende avec autant de brio et d’astuce, quel est le phénomène psychologique (ou politique ou social) qui conduit à se cacher derrière un pseudonyme ? Va comprendre, Charles !! Cordialement .

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Mis à jour le jeudi 23 novembre 2017