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Les métiers au XVIIIème siècle à Tourtour .

 Les métiers au XVIIIème siècle 

 à Tourtour . 

On risque de s’étonner de voir la liste d’autant de métiers sur le village de Tourtour au XVIIIème siècle ! Il faut se souvenir que dans cette période, la commune a connu une population qui dépassait souvent les 1500 habitants mais il faut également tenir compte d’un fait historique important : les liaisons intercommunales, les voies de communication et les transports . Il faut évidemment se souvenir qu’à cette époque-là (dans les années 1700 environ) les chemins étaient en terre, empierrés : donc, dès que le mauvais temps arrivait (pluies, gel et neige), les chemins se trouvaient rapidement impraticables et les déplacements devenaient pratiquement impossibles . Dans ces conditions, les villages comme Tourtour ne pouvaient pas rester abandonnés, inactifs et désespérément coupés des réalités socio-économiques : ainsi, les métiers diversifiés étaient présents pour satisfaire les besoins des citoyens qqui ne pouvaient pas aller ailleurs . Il arrivait souvent que des professionnels pratiquent le cumul des fonctions car les métiers boien particuliers ne permettaient pas, tout seuls, de subvenir totalement aux recettes du praticien attitré . Par exemple, celui qui se déclarait "chirurgien" faisait aussi office de vétérinaire, d’accoucheur, de dentiste...

La liste ci-dessous donne l’exemple de quelques métiers qui ont été recensés sur certains documents d’état-civil de Tourtour (avec l’année correspondante) par les recherches de l’historien régional Guy Désirat .

Chirurgien : François Mallespine 1744, Jean-Paul Bon 1756, Paul Léger 1770.

Le barbier-chirurgien, en charge de la petite chirurgie, a pour enseigne des bassins jaunes.

Cardeur de laine : Antoine Brémond 1753, Antoine Tournel 1755, André Aillaud 1764.

 

Le cardeur de laine est celui qui démêle des fibres textiles et les peigne à l’aide d’une carde.(le mot "carde" vient du mot "chardon" qui servait autrefois à démêler les fils de laine, avant la construction de cardes métalliques).
Il réalisait les ficelles, cordes et câbles avec du lin, du chanvre et plus tard du coton. Il tordait les fils ensemble . L’artisan avait besoin d’un vaste espace pour travailler (grange ou plein air). Il pouvait se déplacer de ferme en ferme. 

Drapier : Joseph Escarelle 1770.

Avec le drapier, d’autres métiers liés aux tissus et laines : le tisserand, le négociant en lin, le chanvrier, le toilier...

Le tailleur d’habits et le tisseur de toile : 

Joseph Blanc 1733, Denis Sisteron 1761, Joseph Robert 1786, Honoré Brémond 1753, Antoine Sisteron 1771.

Le laboureur : Denis Maurel 1754, Pierre Abeille 1754, Jean-Joseph Michel 1768.

Le maçon :
Vincent Bernard 1775, Jean-Baptiste Agnès 1787, Jean Bernardy 1757, Joseph Andraud 1760, Jean Géraud 1768, Antoine Crès 1762. (un détail, le ciment n’existait pas sous sa forme actuelle et les maçons utilisaient la chaux et le plâtre - qui manquaient souvent d’ailleurs _ !). Les constructions étaient fragiles et devaient souvent être restaurées .

 Le mercier-rubannier : 

Il vendait alors un peu de tout, des dentelles, des galons, des étoffes, des broches d’or et d’argent, des toiles et des soies, même des lainages.

L’épicier :  

Il avait le droit de vendre "où bon lui semblait" drogues et épiceries, mercerie, clouterie, charcuterie et vinaigrerie : (l’épicier avait rarement une boutique, il se déplaçait chez les habitants, dans les fermes et bastides retirées). Les archives départementales n’ont pas conservé de trace sur la famille Mandin qui avait déjà - paraît-il - investi la vieille rue du lavoir pour installer boutique(s) pour le stock (miel, huile !...)

L’avocat  : 

L’avocat à la Cour était un spécialiste du droit devant la juridiction d’un Parlement ou d’un Conseil Souverain, il fallait pour être avocat : être âgé d’au moins 16 ans, ni incapable, ni indigne, ni sous le coup d’une excommunication...Depuis 1685 (révocation de l’Edit de Nantes), il fallait être de religion catholique, obtenir sa licence en droit civil ou canonique délivrée par une faculté du royaume (1587) et se plier à l’obligation de prêter serment de s’inscrire au rôle d’un barreau et d’effectuer un stage de 2 ans.
Les documents consultés sur les sites spécialisés des Archives Départementales sont assez difficiles à traduire et à authentifier mais il semble que le dernier avocat établi sur le village de Tourtour aurait été Maître Florentin Dervier en 1749 : serait-ce alors un signe du destin que notre cher Florent Verdier soit celui qui vienne bientôt installer son cabinet à Tourtour ?...

Maréchal à forge :

Joseph Vachier 1729, François Vachier 1753, Louis Vachier 1758, Louis Andraud 1760, Jean Fouques 1770, François Autran 1774, Jean-Baptiste Rouvier 1778, Antoine Denans 1786.
Le bâti de la forge est complété de la hotte qui évacue la fumée - et d’un soufflet de forge pour activer le feu - sur une potence. Le forgeron se sert de pinces pour saisir le fer rougi dans le foyer – et d’une enclume – pièce essentielle de la forge.(la mode du barbecue n’était pas encore là, sinon les grillades auraient été rapides !..).
Le maréchal ferrant était indispensable dans un village comme Tourtour pour le ferrage des chevaux ,des ânes, des bœufs…Il se transformait parfois en vétérinaire. Il fabrique lui-même les fers .


Menuisier : 

Il fabrique les boisseaux (mesures de grains), les seilles, les seaux destinés à puiser l’eau, les baquets à traire, les barattes (pour fabriquer le beurre), les boîtes pour le transport des fromages. Il fabrique aussi les pelles pour le boulanger (comme pour les pizzas d’aujourd’hui) les boîtes pour le sel, les fuseaux, les cuillères, les louches en bois (un peu le taillandier du bois). Le menuisier était également un hucher (fabricants de coffres car on ne connaissait pas encore les armoires), un huissier (fabricants de portes et huisseries). Il jouait aussi le rôle de lambrisseur, d’ouvriers parqueteur, d’ébéniste pour les meubles et de charpentier pour les toitures.

(décor d’un plat du XVIIIème siècle).

les outils de l’époque ...

Le tailleur de pierre :

François Abeille 1748, Denis Bernard 1765, Vincent Broument 1762.

Il façonnait les blocs de pierres pour les rendre utilisables par le maçon qui les assemblait avec un mélange de sable et de chaux. Beaucoup d’italiens au XVIIIe siècle, arrivèrent comme tailleurs de pierres et il y a de fortes chances que des familles transalpines se soient établies sur Tourtour : les généalogistes locaux - mon cousin Michel en étant le chef de file - nous démontreront facilement que les ancêtres des Mazzoleni, Croci étaient là à cette période ...Le sable était souvent pris dans les rivières et les ruisseaux des environs.La chaux était élaborée dans des fours à chaux par le chaufournier ou chaulier.


Le régent d’école (ou maître d’école) :

Honoré Bernard 1763.

 

(les conditions actuelles d’enseignement à Tourtour sont meilleures ...).

L’ordonnance épiscopale du 8 mai 1669 demande à chaque paroisse d’avoir un maître d’école qui sera chantre, sacristain, sonneur de cloches, balayeur… et devra instruire les enfants : un "sacré" challenge....

Le traitement du régent d’école est fixé dans un contrat passé avec les autorités communales en fonction de paramètres souvent très opaques : n’oublions pas qu’à cette époque l’enseignement des jeunes enfants n’est pas très bien vu dans les villages ruraux car les paysans ont besoin de bras et ils "oublient" souvent d’envoyer leurs fils en classe...Les mairies ne se font donc pas trop de bile pour investir dans les locaux d’école et ne font pas beaucoup pour garder leurs enseignants...


Le potier de terre (ou de grès) :

 

(vieille poterie des années 1750, Musée des Arts et Taditions Populaires de Draguignan)

Il fabrique tous les ustensiles de cuisine, pichets, écuelles, plats utilitaires, gourdes, pots à confiture, bouteilles ventrues, cruches, bouillottes (avec un manche), les poteries de salaison. Il fallait épurer la terre par la pluie et par le gel pour faire partir le sable. La terre était ensuite malaxée, dégraissée par l’apport de sciure de bois (quelquefois écrasée par les meules des moulins) puis modelée, tournée, moulée ou coulée et ensuite cuite pendant une semaine.

 

La sage-femme (ou matrone)  : 


Jusqu’à la Révolution et même après, la sage femme est très souvent une femme de plus de 50 ans ayant eu de nombreux enfants qui n’a que son expérience de mère. Elle prête serment sur les Evangiles, elle doit être vertueuse et bonne catholique. Etait-ce suffisant ? Bien sûr que non. Nombreuses sont les mères qui meurent des suites de couches : manque d’hygiène, soins mal à propos (saignée…). Les enfants meurent souvent avant 8 jours.
Lorsque l’accouchement se passait mal, ou que l’enfant était en danger de mort, la sage-femme avait le pouvoir de l’ondoyer, c’est-à-dire de le baptiser. Le dogme catholique, connu de tous, précise que l’être vivant ne pouvait accéder au Paradis sans avoir reçu le baptême. Ce geste était donc d’une importance capitale dans des siècles dominé par la religion.
L’ondoiement pouvait se donner de multiples manières : contact avec une partie du nouveau-né avec le coude, ou le genou de la sage-femme, aspersion d’eau bénite -avec ou sans seringue… Si l’enfant survivait, ce baptême était alors confirmé par le curé, qui parle alors d’un enfant ondoyé ou « baptisé sous condition par la sage-femme » dans ses registres paroissiaux.

Cordonnier-bottier :  

(Le nom vient de la ville de Cordoue qui était au Moyen Age le centre du travail du cuir de luxe).

Le cordonnier est un gagne-petit, il a souvent une autre activité, il était très souvent payé à la fin de l’année ( dans les inventaires on retrouve :"2 paires de chaussures dues au cordonnier"). Il fait donc les chaussures, la tige et la semelle, lorsque la semelle est en bois : c’est le galochier.

Les paysans n’étaient pas soumis à la tendance de la mode : ils faisaient faire une paire de chaussures pour leur mariage et la gardaient une bonne partie de leur vie. Le cordonnier la ressemelait, la ferrait pour la faire durer. La cirer relevait du cérémonial. L’échoppe du cordonnier était le lieu de rencontre et d’échange des nouvelles du village...

 

Le meunier  :

  (la vue n’est pas celle d’un moulin de Tourtour !).

Le meunier (munier, mulnier) est un paysan comme les autres. Il appartient au Seigneur du lieu ou à une abbaye. Il payait un fermage, soit en argent soit en nature. Il signait un contrat : on les retrouve aux Archives Départementales.

Il avait besoin de payer une caution elle l’était souvent par les parents pour un jeune qui reprenait le moulin : c’est pourquoi la transmission se faisait presque chaque fois de père en fils.
Il se payait en prélevant 10 % de la farine si les fermiers n’avaient pas d’argent. Le métier s’apprenait par imprégnation depuis l’enfance. Il employait souvent une domesticité, une servante, un journalier. Il avait quelques bêtes pour transporter la farine ou les grains. Il moud les grains mais aussi les écorces pour le tan, les graines oléagineuses car nos ancêtres avaient besoin d’huiles pour l’alimentation ou l’éclairage .
C’étaient les plantes cultivées au village qui fournissaient l’huile : le lin, le chanvre, la navette, le colza (introduit en Meuse en 1830), le pavot, les noix, les faines, toutes ces plantes donnaient des huiles de différentes qualités ou utilisations (cuisine mijotée, friture, gâteaux..).
Quand mon cousin Michel publiera les résultats de ses recherches généalogiques, il donnera les noms des meuniers de la famille Giraud qui ont été nombreux à Tourtour jusqu’à la fin du XIxème siècle ...

Vous pouvez aller un peu plus loin sur les vieux métiers en allant consulter les sites suivants :
www.coutumes-et-traditions.fr/category/vieux-metiers/

ou sur les Archives Nationales :

www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/pdf/caran/31-metiers-ancien-regime.pdf.

 D’après le livre de Guy Désirat  :(les commentaires sur les métiers ne sont pas dans ce livre ...).

Vos commentaires

  • Le 17 avril 2013 à 22:43 En réponse à : Les métiers

    Je salue le régent d’école pour sa bonne documentation !

  • Le 17 avril 2013 à 23:00, par Gilbert Giraud En réponse à : ...d’école !

    merci Rosette, mais tu dois te douter que je préfère " maître d’école" ... Pour la documentation, tu es bien placé pour savoir qu’aujourd’hui internet est un allié de poids !...

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Mis à jour le vendredi 21 septembre 2018