Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > L’Union > Les oliviers d’Olivier.

Les oliviers d’Olivier.

 

Les oliviers d’Olivier.  

    

On ne raconte plus assez d’histoires aux petits enfants... Celle-là est un peu triste mais elle peut encore servir de leçon à nos chers bambins.

Dans un village provençal, la famille d’Olivier travaillait dans les champs, de vrais paysans au milieu du blé, de l’avoine, des vaches, des lapins, des cochons et des arbres. Toute l’année à biner, traire, tailler, semer. A force de travail et de sueur la famille commençait à s’enrichir mais nul ne s’en apercevait car chez ces gens-là on ne voulait pas faire de jaloux. Le patriarche Bébert avait une passion pour les oliviers et il entreprit de planter plusieurs dizaines d’arbres sur un terrain bien exposé et au sol caillouteux. Les deux fils étaient de la partie et très vite la production d’olives commença à procurer des finances acceptables à la famille.

Olivier (le papa n’avait pas hésité lors du choix du prénom) avait deux amis Titi et Patou, un couple de parisiens. Pour Olivier, des gens de la capitale ça le fascinait et il était tellement béat devant tout ce que disait Titi que son père commença à s’inquiéter. Pourquoi Olivier se laissait-il autant influencer, pourquoi n’ouvrait-il pas les yeux ? Parce que tout simplement Titi et Patou lui faisaient miroiter la lune, lui tournaient le cerveau avec des idées de grandeur et des mirages de vie riche et facile.

Olivier décida (était-il libre de ses choix) d’écouter les parisiens fraîchement débarqués et il augmenta la plantation d’oliviers : le couple rachetait les petits plans et les emportait pour les planter dans un terrain plus propice et plus fertile. Soi-disant...

   

Sans souci, Titi et Patou avaient pris des contacts avec tout ce que la région comptait de notables, de créateurs, de sculpteurs, de cinéastes, d’artistes, de carreleurs... et ils avaient donc un carnet d’adresses bien fourni. Grâce donc à leurs relations politico-artistico-economico-cocorico les deux anciens du Faubourg Saint-Honoré se sont réservés le marché varois de l’olivier d’ornement pour les clients étrangers (anglais, hollandais, suisses, italiens et depuis peu japonais) qui occupent de somptueuses demeures au bas de ce joli village de Provence.

Olivier ne s’est pas aperçu des petites, moyennes ou grosses entourloupes, son père s’inquiète moins car lui aussi s’est mis à bien aimer les dorures sur tranches mais les villageois, eux, ils continuent à préférer l’OM au PSG...

Si une grand-mère prenait le temps de raconter cette petite histoire tirée de la Fontaine ( celle de Jean pas celle de la place) elle terminerait sans doute par une simple mise en garde : "tu vois, mon petit chéri, fais bien attention à ceux qui veulent récolter ce que ta famille a semé".

C’était une autre époque, un autre temps. Dans ce village, aujourd’hui, il y a encore un jeune Olivier : mais il n’a plus sa mémé...

Répondre à cet article

Stats | 7 visiteurs en ce moment | SPIP 3.1.3 [23214] | Squelette BeeSpip v.3.1.0

Mis à jour le lundi 25 septembre 2017