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Les tomettes .

Les tomettes .tomettes de salernes 

Dans les maisons de Tourtour on retrouve beaucoup de ces belles tomettes qui sont un témoignage du patrimoine local (à quelques kilomètres) : dans les escaliers, les tomettes avec les rebords en bois sont du plus bel effet.

La tomette de Salernes est un carrelage hexagonal en terre cuite rouge qui a connu son heure de gloire au XIX ème siècle. Ce revêtement de sol traditionnel, typique des maisons provençales, connaît un véritable renouveau .

Le village de Salernes est réputé depuis le début du XIX ème siècle pour sa production de tomettes, un carrelage rouge hexagonal.
La tomette de Salernes, en terre cuite parfois émaillée, est le revêtement de sol typique des maisons provençales.
En Provence, les tomettes sont toujours de forme hexagonale et leur mode d’emboîtement, qui ne laisse presque pas de joint, donne un sol très lisse, doux et frais.

Origines

Le village de Salernes, dont l’économie reposait traditionnellement sur des activités agricoles (production de l’huile, du vin, du blé) et sur les filatures de soie, a commencé à produire de la faïence à la fin du XVIII ème siècle.
Au lendemain de la Révolution, le marché de la faïence décline et le village se reconvertit dans la fabrication de tuiles, de briques, de tuyaux, de malons et de poteries utilitaires en terre cuite.
C’est dans les années 1830 que les fabricants de Salernes se sont spécialisés dans la fabrication d’un seul produit : la fameuse tomette de Salernes.
Ce malon hexagonal rouge doit sa réputation à la qualité exceptionnelle des gisements d’argile de Salernes, une argile rouge ferrugineuse.

Prospérité de cet artisanat au XIX ème siècle

La production de la tomette de Salernes prend une ampleur considérable dès 1850, quand ce matériau léger et très résistant conquiert le marché du bâtiment.
La production des tomettes, qui profite de l’expansion des constructions sur le littoral azuréen, devient très tôt le fer de lance de l’économie de la région.
Pour répondre à une demande toujours plus grande, de nouvelles fabriques sont construites et les petits ateliers implantés à Salernes sont agrandis.

Les fabriques de Salernes alimentent non seulement les magasins de Toulon, Marseille et Nice mais exportent aussi, via les ports de Toulon et Marseille, leur fameux carrelage hexagonal en Afrique du Nord, en Afrique du Sud, en Italie et en Amérique.
Cette activité s’est maintenue jusque dans les années 1950 et le procédé de fabrication des tomettes s’est transmis de génération en génération, sans grands changements.

Le procédé de fabrication traditionnel

La tomette de Salernes est fabriquée avec l’argile extraite des carrières environnantes.
Cette argile est lavée dans un délavoir ou malaxeur, dans lequel la terre et l’eau sont brassées pendant un heure et demi environ.
Le mélange ainsi obtenu, appelé la barbotine, est conduit dans des bassins de décantation ou pastières.
Après évaporation de l’eau, la terre prend une consistance solide.
On en fait des boules de 13 à 15 kilos, appelées pastons ou pains, que l’on place sur une aire de séchage, le séchoirs à pains.

plancher et séchage


Après une journée de séchage à l’extérieur, les pastons sont stockés dans une cave humide et sombre pendant de nombreux mois avant d’être utilisés pour le façonnage des malons proprement dits.

tomette faite main

Déclin et nouvel essor

La tomette de Salernes, concurrencée dès 1950 par de nouveaux produits comme le grès ou le linoléum, a été utilisée pour la reconstruction des maisons après la seconde guerre mondiale.
Elle était alors considérée comme un produit peu coûteux mais vieillissant.

Dans les années 60 et 70, les céramistes de Salernes ont donc développé de nouvelles formes de carreau rustique aux couleurs variées (trèfles, mauresques, fleurs de lys) et des supports en lave émaillée.

Aujourd’hui, 14 céramistes et 5 potiers perpétuent la tradition céramique à Salernes et les carreaux hexagonaux synonymes d’une authentique décoration provençale reviennent au goût du jour.

Tomette Provençale - Terre Cuite de Sols - Salernes en provence

 

 

 

 

Dans les escaliers de ma grand-mère je passais un produit blanc pour les joints : c’était pour bien faire ressourtir la couleur des tomettes. Un petit flacon avec un bout très fin... c’était le Raidur ! il fallait être soigneux, patient, méticuleux .... 

Vos commentaires

  • Le 16 octobre 2009 à 08:45, par Jasmine Lara En réponse à : La tomette, en 1850 ?

    Sauf le respect que je suis censée vous devoir (il est indéniable qu’ici vous êtes le rédac chef), sur l’article (la tomette) et sur son objet le doute me taraude (je vais finir par me faire jeter).

    Je crois que la tomette est bien plus ancienne que le XIXème siècle. En effet, j’ai visité le chateau de La Roche-Guyon (Vexin français), chateau d’un intérêt rare car il a toujours été, et de nos jours l’est encore, habité par ses propriétaires qui, au fil du temps et de leurs besoins, ont rajouté diverses parties et aménagements. (C’est un chateau vivant davantage qu’un musée et au passage je vous en conseille la visite). Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que le sol de la partie la plus ancienne (XVème ? XVIème siècle ? en tout cas bien antérieure au XIXème) qu’on pourrait dire "administrative" -elle hébergeait la "domesticite de plume" : secrétaires, trésoriers, greffiers et recellait les archives et actes du domaine, à ma grande surprise, était carrelée au sol, escaliers compris... de tomettes rouges.

    Sont elles de Salernes ? A-t-on fait des tomettes ailleurs ou est ce une exclusivité de Salernes ? cette forme est elle une création de Salernes ?

    Merci d’avance de bien vouloir m’édifier à ce sujet.

  • Le 16 octobre 2009 à 18:37, par Gilbert Giraud En réponse à : Tomettes à la Roche-Guyon .

    Les tomettes de Salernes en terre cuite ne datent que du début du XIXème siècle mais de prochaines découvertes archéologiques nous en apprendront plus bientôt...Malgré tout, on sait que de nombreuses autres fabriques existaient dans la région (Lorgues, Brignoles) et même Maubeuge : la terre rouge de notre contrée se prêtait bien à la cuisson et elle était livrée dans plusieurs régions. Les tomettes ont été exportées très vite aux Etats-Unis, en Espagne, Italie et Grèce. Pour le château de La Roche-Guyon de gros travaux de rénovation ont été réalisés au XIXème par la famille La Rochefoucauld et par les instances administrativesrégionales mais également après la guerre suite à de nombreux bombardements : il y a donc de fortes chances pour que les tomettes que vous avez découvertes aient été posées à ces moments-là (n’oublions pas que le succès des tomettes était dû à son coût raisonnable, à sa solidité et à sa facilité de pose. Pour la question de la forme de la tomette, l’hoctogonale est la plus répandue mais il en existe également des carrées et quelques rectangulaires. A l’origine, la forme de la tomette a été choisie car l’hoctogone permettait un enchevêtrement plus facile pour la pose et ne nécessitait pas de larges joints.

    Je vous promets presque d’aller un jour visiter ce château afin d’obtenir les renseignements complets que votre saine curiosité mérite...

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Mis à jour le dimanche 23 septembre 2018