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Lolita, le mythe .

 Lolita, le mythe 

" Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur les pointillés. 
Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "

 


 

Lolita est un roman en langue anglaise de l’écrivain russe naturalisé américain Vladimir Nabokov, publié pour la première fois à Paris en 1955 dans sa version originale, et en 1959 en français. L’édition en "Livre de Poche" (couverture verte, voir photo du titre de l’article) est aujourd’hui recherchée par les collectionneurs .

Ce roman est connu aussi bien pour ses qualités stylistiques que pour son sujet controversé. Le personnage principal est Humbert Humbert et le roman est centré sur sa relation, notamment sexuelle, avec Dolores Haze, une nymphette âgée de douze ans et demi au début d’une relation qui va durer deux ans. On comprend donc que la polémique ait pu naître surtout dans les milieux puritains de l’Amérique d’après-guerre : en France, nous sommes un peu plus habitués et compréhensifs à l’image de notre ministre de la Culture qui prend la défense de Polanski condamné pour la même raison que le héros du livre de Nabokov . 

Nabokov a imaginé l’histoire d’une liaison entre un homme d’âge mûr et une préadolescente avant même son départ pour les États-Unis. Dans un premier temps, l’histoire devait se dérouler en Provence (où Nabokov venait souvent pour la chasse aux papillons).

Le roman provoqua un scandale. Pourtant, Lolita faillit ne jamais sortir. Nabokov envisagea de brûler le manuscrit inachevé quelques années auparavant, las de ne pas voir la fin de ce roman. Le manuscrit fut refusé par tous les éditeurs américains, soit parce qu’ils craignaient des poursuites judiciaires ou morales, soit qu’ils souhaitaient modifier le livre dans un sens « moral ». Nabokov le fit publier pour la première fois par Olympia Press en version originale, à Paris, en 1955. Nabokov savait qu’il allait choquer. Selon lui, l’Amérique puritaine de l’époque comporte trois tabous. Outre la pédophilie et l’inceste abordés dans Lolita, il y a le « mariage négro-blanc retentissant et glorieux, produisant une foultitude d’enfants et de petits-enfants ; et un athée endurci à la vie heureuse et utile, mourant dans son sommeil à l’âge de 106 ans ».

Dès sa sortie en France le roman fut censuré. La censure est levée un temps en 1958. Mais entre-temps Gallimard a publié une traduction en français. Dès lors, la censure de la version anglaise n’est qu’anecdotique. Le livre sort en 1958 aux États-Unis, chez Putnam et connaît un grand succès, restant pendant 180 jours à la tête des meilleures ventes du pays. Lolita est même le premier roman, après le best-seller Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell, à atteindre le seuil des 100 000 exemplaires vendus en trois semaines. Depuis, Lolita s’est vendu à plus de 15 millions d’exemplaires dans le monde.

Le regard sensuel derrière les lunettes en forme de coeur a fait le tour du monde et suscite encore les fantasmes masculins... 

  

Le roman est devenu un film tourné par Stanley Kubrick  et sorti en 1962 :
(avec James Mason, Sue Lyon, Peter Sellers et Shelley Winters)

Le scénario :
Humbert Humbert,
professeur de littérature française, cherche à louer une chambre pour l’été dans le New Hampshire. À cette occasion, il se présente chez Charlotte Haze, une veuve en mal d’amour qui, jouant les enjôleuses et les érudites, lui fait visiter sa maison et lui vante tous les avantages de la chambre à louer. C’est uniquement parce qu’il découvre l’existence de la jeune fille de Charlotte, Dolorès (surnommée « Lolita »), dont il tombe amoureux et pour rester auprès d’elle qu’Humbert louera la chambre puis épousera la mère. Lorsque Charlotte apprend la vérité, elle quitte précipitamment sa maison sous le coup de l’émotion et meurt accidentellement en se faisant écraser par une voiture. Humbert, « beau-père » de Lolita, est son tuteur légal. Leurs amours, d’abord platoniques, deviennent passionnées… Lolita se mariera , Humbert jaloux commettra un meurtre et c’est en prison qu’il racontera sa Lolita ...

Au début du film (et du livre), Humbert aperçoit la très jeune fille dans un jardin, près d’une piscine : il ne pourra jamais se défaire de cet envoûtement qui le conduira à sa perte .

Une autre version sera tournée en 1997 par Adrian Lyne, avec Jérémy Irons et Dominique Swain , mais les puristes ont toujours soutenu que le premier était plus fidèle au roman .

Avec tout ça j’en arrive à me demander si je ne pourrais pas me lancer dans un article sur l’histoire des Lolitas tourtouraines (jeunes et moins jeunes) : n’hésitez pas à envoyer des photos .... 

 

Vos commentaires

  • Le 19 janvier 2010 à 00:06, par Jasmine Lara En réponse à : Pauvre Dolorès...

    Il est curieux que, depuis le début (à savoir la parution) le "mythe Lolita" fasse à la fois fantasmer à mort tant d’hommes et leur concède une sorte d’alibi de moralité : Humbert Humbert l’a fait, ça n’est donc pas grave, c’est même profondément normal pense-t-ils un peu légèrement. Curieusement les femmes n’ont pas la même approche, sauf peut être celles qui ne l’ont pas lu et considèrent la pauvrette comme une f..... salope aguicheuse d’hommes mûrs et concupiscents.

    D’abord pour ceux ci, et s’il s’agissait de leur fille ? Nombreux, tout émoustillés se disent : "je lui mets une claque et je la saute : elle aime ça". C’est oublier que la jeune fille est une pré ado, orpheline, sans famille, en recherche d’amour, certes, mais pas celui que lui offre son profiteur. Par bonheur pour lui Humbert en devient le tuteur, il a autorité sur elle... il l’oblige. Elle ne pense qu’à se sauver de lui. Elle se refuse chaque fois que possible et dès qu’elle peut elle s’enfuit avec le garçon qu’elle aime. décidément elle n’apprécie guère le vieux. Et elle a bien raison, parce lorsque bien plus tard il la retrouve et la rencontre (comme un bon vieux père sa fille ingrate qui l’a abandonnée), l’état de sa dulcinée enceinte jusqu’aux dents le dégoute profondément. Pauvre chochotte cet Humbert.

    De tout celà je conclus que Vladimir Nabokov ne fut sans doute pas le meilleur coup du siècle, relisez Lolita : elle subissait parce qu’elle n’avait pas le choix et n’aimait même pas "ça". C’est surement ce qu’il a vécu et retranscrit enrobé de ses fantasmes. Et le passe-temps de chasseur de Nabokov de papillons à épingler précautionneusement dans des vitrines de verres ne me le rend pas davantage. sympathique.

    "Lolita" est le type même de la grave dérive littéraire : de nos jours le sujet de cette histoire est devenu banal, quasiment normal, presque distingué. Ce n’est pourtant pas plus supportable que l’excision des filles ou l’encagement textile des femmes. Lolita est peut être une belle oeuvre mais pas à mettre sous tous les yeux. En tout cas l’expression "la liaison torride..." est un peu abusive.

  • Le 19 janvier 2010 à 13:56, par Gilbert Giraud En réponse à : LO.. LI.. TA ...

    Nabokov est universellement reconnu comme un grand écrivain classique et ce serait dommage de ne le voir qu’à travers Lolita, ce livre qui a fait scandale lors de sa parution. L’actualité récente nous montre que notre cher ministre de la Culture (invité à l’inauguration de notre jardin Buffet cet été) a pris totalement la défense de Roman Polanski accusé des mêmes outrages (sauf que chez Nabokov c’est un roman)... Malgré tout, votre analyse sur les fantasmes masculins est juste et vos réprobations sont largement justifiées : cependant, il reste une oeuvre majeure qui traverse les décennies car elle mérite surtout et d’abord une analyse littéraire avant une étude politico-socio-psycho-morale. Lo li ta ...

  • Le 20 janvier 2010 à 00:39, par Jasmine Lara En réponse à : et "l’oiseau bariolé" alors ?

    Certes, je ne peux que convenir avec vous (et le monde entier) du talent de Nabokov. Mais pourquoi ne parle-t-on quasiment jamais, quand on évoque l’oeuvre de celui-ci, de "L’oiseau bariolé" ????

    Ca fait bien cent ans que je n’ai pas lu Nabokov. Les temps passe et j’en suis à l’heure actuelle au dernier James Ellroy. J’adore James Ellroy... Le fait que je n’aie jamais entendu dire qu’il eût fréquenté La Bastide y est peut être pour quelque chose.

  • Le 20 janvier 2010 à 12:55, par Gilbert Giraud En réponse à : Vladimir et James ...

    Ne vous privez pas de lire Nabokov : ses oeuvres complètes ont été publiées par les éditions de la célèbre "Pléiade" (Gallimard) ce qui est le gage indubitable d’un talent littéraire universel. Pour James Ellroy, je vais enquêter pour savoir s’il n’est pas venu à la Petite Auberge et cela me permettrait de faire un article sur lui, sur son livre " L.A.Confidential" puis sur le film du même nom, ce qui m’entrainerait obligatoirement à publier quelques photos de la sublime Kim Basinger, l’éternelle Lolita trentenaire (et l’objet de fantasmes masculins que vous seriez la première à me reprocher...). Un détail : Nathalie et Jean-Louis sont de très grands lecteurs, en particulier de romans noirs et de polars, et il ne serait guère étonnant que votre auteur fétiche fasse parfois partie de leurs lectures... à bientôt sur "Apostrophes"...

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Mis à jour le vendredi 16 avril 2021