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Accueil > Histoire > Insurrection de 1851 . > Martin Bidouré , " fusillé deux fois " .

Martin Bidouré , " fusillé deux fois " .

 

Martin Bidouré à Tourtour .

 

 

 

 

" Nous serons toujours fiers au pays des cigales
D’être issus de pareils aïeux
Quand nous ne serons plus, ô jeunes Provençales
Enfantez des braves comme eux
Elevez-les dans la Justice
Et l’Amour de l’Humanité
Afin qu’au jour du sacrifice
Nos fils imitent Bidouré ! ".

 Paroles d’Antoine Ricard (Rédacteur en chef du Journal LE PROGRES ) natif d’Aups en 1856.

 Monument à Barjols .

Louis Ferdinand MARTIN est né à Barjols  le 24 août 1825. Son père François Martin est un scieur de long, originaire d’Apinac (Loire), et installé à Barjols. Sa mère, Magdelaine Agnelly, est née à Barjols dans une famille de cultivateurs. En 1851 Ferdinand Martin, dit "Bidauré" ou "Bidouré" est "cordier de chanvre"  à Barjols.

L’insurection varoise de 1851 a traversé le " Var rouge " et de nombreux villages rendent hommage aux insurgés et à leurs luttes contre les conséquences du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte . 
A Aups, une colonne aups1.jpg (83376 octets) est érigée en hommage aux acteurs de l’insurection de 1851 . (et sur le fronton de l’église on peut lire les inscriptions très laïques).

Le mausolée d’Aups en hommage aux camarades révolutionnaires.(1885).
Le mausolée d'Aups (1885)

Le village de Tourtour n’a jamais émis l’hypothèse d’un tel hommage alors que la commune a joué un certain rôle dans l’insurection de 1851, en particulier avec l’histoire de Martin Bidouré . Il est vrai que lors du référendum organisé en 1851, 201 votes (sur 203 électeurs) se sont prononcés en faveur du Prince Président : cette dévotion explique que l’on ne trouve que très peu de traces avérées de l’implication de tourtourains dans les troupes insurrectionnelles et dans les contingents de villages voisins .
A Barjols, un imposant monument est dédié à l’insurgé Martin Bidouré et à ses camarades varois. Comme le souligne l’historienne Irène Astier, Martin n’a pas été choisi comme symbole de tous les insurgés à cause de son jeune âge ou de son rôle précis dans la révolte mais surtout à cause des conditions particulières de sa mort survenue dans d’atroces souffrances .

Quels sont les rapports entre Marin Bidouré et la commune de Tourtour ? 

Martin dit Bidouré est ouvrier textile et il est politiquement sensible aux idées d’opposition au Coup d’Etat . Le 9 décembre 1851, les troupes d’insurgés (venues des communes avoisinnantes) sont stationnées à Aups afin de se constituer en un contingent important : le commandement est assuré par Camille Duteil .  Dans le même temps, les forces militaires de Louis-Napoléon Bonaparte sont en route pour exterminer les insurgés républicains : le départ groupé se fait à Draguignan en direction d’Aups . 

 

Les insurgés doivent donc leur couper la route pour protéger les camarades de diverses communes tous regroupés à Aups .
C’est sous le commandement d’Arambide que la troupe de Barjols( celle de Bidouré) est chargée d’assurer la surveillance de la route de Draguignan-Aups . Mais Arambide n’est pas le meilleur des stratèges et il commet une grave erreur d’appréciation : plutôt que de poster ses hommes dans une zone tortueuse et boisée (ce qui aurait permis un assaut par surprise), il cantonne son unité sur les hauts de Tourtour, dans le partie plane de Beauvezet.

Durant la longue attente, Arambide est anxieux : il décide d’envoyer un émissaire à Aups pour obtenir des ordres précis de Duteil . Ce messager est Martin Bidouré : il prend le cheval prêté par le maréchal-ferrant (le Féfé de l’époque) : Jean-Joseph Blanc, pour cette action, sera condamné en 1852 à la déportation dans la région d’Alger (qui depuis 4 ans était une possession française).

Ce même jour, le 10 décembre, la colonne militaire dirigée par le Colonel Trauers et le Préfet Pastoureau  se dirige vers Aups : ce 50ème régiment de ligne surprend la troupe des insurgés, le combat est très rapide et les républicails sont contraints à s’enfuir à travers les bois. Poursuivant la route vers Aups (par l’ancienne voie qui passe au Pré-Puget et les Molières) : ils rencontrent Martin Bidouré qui revenait au galop vers Tourtour pour transmettre l’ordre donné par Camille Duteil à Arambide de regagner Aups. Le cavalier Bidouré est arrêté, blessé au visage par un coup de pistolet et au corps par plusieurs coups de sabre . Les militaires du 50ème de ligne se saisissent de la missive de Duteil et laissent Martin Bidouré sur place, le croyant mort . Ils se dirigent vers Aups où ils mettent les insurgés dans une totale déroute obligeant les combattants des divers contingents à repartir vers leurs communes respectives.

Gravement atteint, Martin Bidouré parvient malgré tout à rejoindre le domaine de la Baume : le fermier le soigne mais apprend le lendemain la cuisante défaite des insurgés à Aups . Craignant pour sa sécurité et celle de ses maîtres en hébergeant un militant républicain, le fermier fait conduire Bidouré sur une charrette conduite par deux servantes. Le blessé est conduit chez le maire d’Aups qui le fait transporter à l’hôpital . Les infirmières (religieuses) le soignent : il a une plaie derrière l’oreille et une grosse estafilade à la jambe. Très vite la nouvelle se répand et les gendarmes sont sur les lieux pour attacher les mains et les chevilles de l’insurgé . Le 14 décembre, malgré les suppliques des jeunes soeurs de l’hôpital, Martin Bidouré est emmené . Il demande à être accompagné par le curé de Vérignon, le père Bonnet, jusqu’au lieu de l’exécution . Bidouré fut placé contre le mur d’une ruelle près de l’hôpital et fusillé . C’est pour cette raison que l’on dit de lui " fusillé deux fois " .
La répression fut terrible et les cadavres d’insurgés furent retrouvés sur toutes les routes des environs d’Aups .

Déclaration de l’Etat de Siège, 6 décembre 1851 . JPEG - 87.9 ko

 

 

 

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Mis à jour le jeudi 14 décembre 2017