Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Traditions > 04 . La langue provençale . > Les grandes oeuvres de la littérature provençale . > Mirèio (Mireille), de Frédéric Mistral .

Mirèio (Mireille), de Frédéric Mistral .

 Mirèio (Mireille), 

  poème de Frédéric Mistral . 

 

L’oeuvre de Frédéric Mistral , Mirèio (Mireille) est un monument éternel de la culture provençale et de nombreux parents méridionnaux ont profité de cette notoriété pour attribuer ce prénom à leurs filles : à Tourtour, par exemple, nous connaissons Mireille Torchet, Mireille Altéa puis deux autres dans la famille Jugy, la mère du maire et sa fille ...

Mirèio (Mirèlha en graphie classique, Mireille en français), composée en 1859, est une œuvre de l’écrivain Frédéric Mistral, en langue d’oc provençale. Elle raconte le désespoir amoureux d’une jeune femme. Ce poème ferait référence à un épisode de la vie de Mistral (selon un article de Henri Longnon dans la Revue d’histoire littéraire, le jeune Frédéric aurait furieusement aimé une servante de sa mère, aurait voulu l’épouser et se serait heurté à l’interdit du Mas du Juge)

Au pays des Baux, en Provence, Mireille (Mirèio), fille de riches paysans et Vincent (Vincènt), jeune vannier modeste, s’éprennent l’un de l’autre. Amour impossible : les parents de la jeune fille, furieux de son choix, alors qu’elle éconduit de beaux partis, refusent la mésalliance. Mireille, désespérée, s’enfuit de chez elle. Sous le soleil d’été, elle traverse la Camargue, dans le but d’aller aux Saintes-Maries-de-la-Mer implorer les saintes d’infléchir la décision de ses parents.

  

Sa course est pénible : accablée de chaleur, elle est frappée d’insolation. Quand elle arrive au terme de sa route, les saintes lui apparaissent, lui racontent leur propre épopée et lui font entrevoir le bonheur de l’autre monde. Au milieu des siens qui, éplorés, la retrouvent, elle se laisse doucement glisser dans la mort, confiante et sereine.

Mistral dédie son livre à Alphonse de Lamartine en ces termes :
« À Lamartine
Je te consacre Mireille : c’est mon cœur et mon âme ;
C’est la fleur de mes années ;
C’est un raisin de Crau qu’avec toutes ses feuilles
T’offre un paysan ».
Le texte original est : A Lamartino Te counsacre Mirèio : es, moun cor e moun amo ; Es la flour de mis an ; Es un rasin de Crau qu’emé touto sa ramo Te porge un païsan.

Et Lamartine de s’enthousiasmer : « Je vais vous raconter, aujourd’hui, une bonne nouvelle ! Un grand poète épique est né. (…) Un vrai poète homérique, en ce temps-ci ; (...) Oui, ton poème épique est un chef d’œuvre ; (…) le parfum de ton livre ne s’évaporera pas en mille ans. »

Mirèio a été traduite en une quinzaine de langues européennes, dont le français par Mistral lui-même. En 1863, Charles Gounod en fait un opéra.

Miréio n’est pas une œuvre régionaliste, mais bien universelle. Mistral a réalisé pour le dialecte de la région d’Arles ce que les grands classiques ont accompli pour le français, il a enrichi, discipliné et magnifié sa langue vernaculaire première afin d’atteindre à l’esprit des Lumières.

Ce qu’il raconte dans Miréio est un chant d’amour et un cri de révolte contre l’injustice. Au cœur du poème se trouve le conflit social et le drame des exclus. C’est aussi la peinture fidèle du monde rural de son enfance, un monde encore intact dans sa mémoire, mais qui s’effrite sous ses yeux et disparaît à la vitesse des premières locomotives qui traversent son terroir.
Sur cette toile de fond, il va projeter les belles utopies des révolutionnaires de 1848 et le grand courant humanitaire qui enflamme les jeunes gens entraînés par l’élan romantique. Le Romantisme a ouvert les portes de la politique aux poètes. L’exemple de Lamartine est contagieux. C’est aussi, ces années-là, la redécouverte des troubadours et de la
Chanson de Roland.

Son sujet ? une histoire d’amour absolu. Miréio est le roman de l’amour tout puissant qui transcende une vie et supplante tout autre considération de rang social, de fortune ou d’âge ; la malédiction d’aimer dans un milieu où l’amour ne compte pas, monde du village archaïque, du mas clos, de la famille terrienne. Nous parlons ici de l‘amour passion tel que l’exprime le jeune couple de Mireille et Vincent.
Elle a presque quinze ans, il en a seize à peine. Elle est fille unique d’un aristocrate de la terre, maître Ramon, Vincent est un travailleur saisonnier, originaire d’un pays mal famé, là-bas, de l’autre côté de l’eau. Il est fils de vannier à Vallabrègues, c’est un va-nu-pieds, quoi, un bohémien comme on disait, à cette époque où l’on n’avait pas encore inventé les qualificatifs "arabes, roms, caracous".... Et les deux adolescents s’aiment. Les pères s’affrontent dans un terrible dialogue où les mots tuent impitoyablement.

La jeune Mireille s’enfuie de chez elle espérant trouver du secours auprès des Trois Maries venues par mer de Palestine. Elle ne rencontrera que la mort. Dans un dernier souffle, Mireille souhaite que la mer déborde et recouvre la Crau de ses vagues pour engloutir le mas et ses terres. Alors, joyeuse, elle verrait disparaître ce bien au soleil, seule cause de son malheur. Elle regrette n’être pas née d’une pauvresse dans quelque masure pour pouvoir se marier avec son Vincent.
"Ô mon beau Vincent pourvu qu’avec toi je puisse vivre et t’embrasser comme fait le lierre, dans les ornières j’irais boire ! et je me nourrirais de tes baisers ! Dans ce monde, le grand mot que l’homme oublie, le voici : la mort, c’est la vie !…"

Ci-dessous, quelques unes des premières lignes de l’oeuvre : d’abord la graphie mistralienne, puis la graphie classique (en marron) et ensuite la traduction en français .

Cante uno chato de Prouvènço.(Cante una chata de Provènça)
Dins lis amour de sa jouvènço,(Dins leis amors de sa jovènça,)
A travès de la Crau, vers la mar, dins li blad,(A travès de la Crau, vèrs la mar, dins lei blats),
Umble escoulan dóu grand Oumèro,(Umble escolan dau grand Omèra)
Iéu la vole segui. Coume èro (Ieu la vòle seguir. Come èra)
Rèn qu’uno chato de la terro,(Rèn qu’una chata de la tèrra),
En foro de la Crau se n’es gaire parla.(En fòra de la Crau se n’es gaire parlat).

Je chante une jeune fille de Provence. 
Dans les amours de sa jeunesse, 
à travers la Crau, vers la mer, dans les blés, 
humble écolier du grand Homère,
je veux la suivre. Comme c’était 
seulement une fille de la glèbe, 
en dehors de la Crau il s’en est peu parlé..

___Mirèio ___ _Mireille_ ____Mirèio___ __Mireille__

Vos commentaires

  • Le 21 janvier 2013 à 19:42, par clariond En réponse à : Mireio

    Bonjour,
    J’aime bien ce que vous faites.
    Je vous ai laissé un message sur votre répondeur téléphonique.
    Vous devez être absent en ce moment...
    Ce n’est pas pressé, mais j’aimerais bien vous parler car nous avons des sujets de préoccupation communs.
    Tenez pour Mieille par exemple, regardez vous venez de mettre ce poème en ligne, et regardez ce que j’ai commencé en 2011,de mon côté :
    http://jc.clariond.free.fr/Mistral/index.php
    J’utilise également spip pour mettre en ligne le site d’une association, et je ne sais pas comment réaliser un bandeau comme le votre...
    C’est-à-dire avec trois photos et le titre.
    Voilà, à bientôt peut-être, du moins je l’espère !
    Cordialement.
    Jean Claude Clariond.
    http://lesamisdenotredameduroc.fr/

Répondre à cet article

Stats | 10 visiteurs en ce moment | SPIP 3.1.3 [23214] | Squelette BeeSpip v.3.1.0

Mis à jour le lundi 20 mars 2017