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Accueil > Célébrités > 01 . Ronald Searle (dessinateur, essayiste) > Mr Searle et la Rivière Kwai .

Mr Searle et la Rivière Kwai .

Mr Searle et la Rivière Kwai .  

Certains risquent de dire "mais qu’est-ce qu’il est encore allé inventer ? Eh bien non ! C’est vrai, c’est historique et le rapport entre Mr Searle et le pont de la rivière Kwai mérite vraiment notre attention et notre profond respect. 

En janvier 1942, Ronald Searle est basé à Singapour. Après un mois de combats à Malaya, Singapour tombe aux mains des japonais, et il est fait prisonnier tout comme son cousin Tom Fordham Searle. Il passera le reste de la guerre en prison, d’abord dans la prison de Changi puis dans la jungle Kwai, travaillant pour le Siam-Burma Death Railway (chemins de fer).

Cela c’est le résumé des années terribles vécues par Mr Searle au cours de la deuxième guerre mondiale : l’endroit où travaillait (travail d’esclave) notre artiste et la construction du pont ont fait l’objet d’un livre de Pierre Boulle "le Pont de la rivière Kwai" (sorti en 1952) et d’un film du même nom réalisé par David Lean en 1957 (lauréat de 7 Oscar à Hollywood). Bien évidemment le livre et le film ont répondu à des impératifs de production littéraire et cinématographique : autrement dit, le fait est réel et certifié historiquement mais de nombreux passages laissent apparaître des approximations et des arrangements volontaires avec la véracité des faits bruts. Mr Searle ne se reconnaît pas toujours dans le fil de cette histoire romancée mais il est malgré tout témoin de cette effroyable tragédie humaine.

  

En hommage à Ronald Searle, notre site vous invite à découvrir les aboutissants d’une aventure hors du commun .

Le pont de la rivière Kwai est un roman de Pierre Boulle   (prix Sainte-Beuve 1952 et auteur également de "la planète des singes)), dont l’histoire se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale et qui a été porté à l’écran par David Lean en 1957 (produit par Sam Spiegel, avec Alec Guinness ) :   

Il retrace la souffrance des soldats alliés prisonniers, obligés par les Japonais de construire une ligne de chemin de fer de 415 kilomètres de long pour relier la Thaïlande à la Birmanie, alors que les Nippons occupaient cette zone. Cette liaison a été surnommée voie ferrée de la mort car elle a coûté la vie à des dizaines de milliers de travailleurs enrôlés de force, dont 16 000 prisonniers de guerre alliés réduits en esclavage. Près d’un quart des hommes enrôlés dans ces travaux succombèrent d’épuisement et de maladies (choléra, malaria et dysenterie). Le point sensible était la construction d’un pont sur la rivière Kwae Yai, dont la première version en bois a été terminée le 17 octobre 1943 à Kanchanaburi. C’est autour de ce point historique que Pierre Boulle articule son récit.

Il a été en partie inspiré par les souvenirs de Pierre Boulle lorsque celui-ci a vécu dans la région, ainsi que de témoignages qu’il a pu recueillir. Pierre Boulle a créé le personnage de Nicholson de ses mémoires des officiers français en Indochine. L’histoire en revanche a été très fortement romancée, et n’a plus grand rapport avec la réalité historique. Elle n’y prétend d’ailleurs pas.

Le Pont de la Rivière Kwai

L’essentiel du livre et du film est de démontrer comment, sous prétexte de discipline et moral l’on peut tomber dans la collaboration avec l’ennemi. Il est clair que ce pont avait une valeur stratégique énorme. Donc dans le cadre de la IIe guerre mondiale contre l’axe( l’Allemagne nazie, le Japon et l’Italie) ce pont ne pouvait être construit. Pierre Boule dans son roman, fait comprendre que les soldats évidemment n’avaient pas le choix que de construire ce pont, mais il ne fallait pas faire de l’éxcès de zèle, comme le colonel Nicholson, et même ralentir ce projet de construction. Des questions morales comme, la discipline est-elle un but ou un moyen ? Jusqu’ou va l’obéissance, sont très bien posées et dans le film et dans le livre.

David Lean  a articulé son film sur la personnalité très britannique du colonel Nicholson et sur une description quelque peu édulcorée de la brutalité des officiers japonais envers les combattants ennemis qui, en pratique, « perdaient la face » et leur humanité après avoir accepté de se rendre. Le film commence par une séquence où Nicholson se montre inflexible sur le fait que ses officiers n’ont pas à participer aux activités de chantiers en vertu de la convention de Genève, dont il porte un exemplaire sur lui. Le colonel japonais Saïto, humilié par ce rappel, décide de briser Nicholson.

Le Pont de la riviere Kwai - Alec Guinness

Il s’avère pourtant rapidement que les travaux du pont n’avancent pas si Nicholson ne prend pas en main le commandement du projet. Au moment du suicide (Seppuku) de l’ingénieur japonais ayant failli à sa mission, Saïto change donc d’approche : arrêtant toute brimade sur Nicholson, il laisse entendre au cours d’une discussion cette fois-ci entre officiers que ce sont les britanniques qui sont incapables de mener à bien un tel projet.

Le Pont de la riviere Kwai - Sessue Hayakawa, James Donald et Alec Guinness

 

Aussi évident que soit le piège, la fierté de Nicholson est piquée au vif : il va montrer à Saïto que des Britanniques, eux, sont capables de construire le pont dans les délais.

Le Pont de la riviere Kwai - Alec Guinness

Mais il voit aussi l’effet qu’ont la détention et ce travail forcé et volontairement mal fait par sabotage sur les militaires dont il est responsable. Il parvient donc à un accord avec Saïto : le pont, mal conçu, sera construit sous son commandement et suivant ses plans. Il met au travail ses officiers, et constatant que le temps manque, convainc les malades et blessés de participer, allant ainsi au-delà de la demande initiale de Saïto. L’ouvrage productif et le but commun à atteindre par les Britanniques ont un effet très positif sur le moral des troupes. Nicholson a trouvé un moyen de remettre de l’ordre chez ses subordonnés et de leur donner un sentiment positif de fierté pour le travail accompli, alors qu’ils sont vaincus et prisonniers.

Le Pont de la Rivière Kwai

En parallèle, un détenu américain, le commandant Shears, est parvenu à s’enfuir et fait part aux alliés de la construction de ce pont. Cela les inquiète et on décide de renvoyer cet ancien prisonnier avec un commando pour plastiquer le pont dont il faut à tout prix empêcher la réalisation. Shears refuse de retourner dans l’enfer duquel il s’est échappé, mais il est rattrapé par son passé : il a usurpé son grade et son identité lors du naufrage de son bâtiment et il est découvert et contraint d’accepter la mission sous les ordres du major Warden. Le commando arrive sur place la nuit précédant le passage du train et met en place les explosifs sur le pont achevé la veille. Ils attendent alors l’aube, le but étant de faire sauter le train avec le pont. En attendant le passage du convoi, le colonel Nicholson aperçoit le dispositif de destruction, le niveau de la rivière ayant baissé durant la nuit. Perdant tout à fait de vue que la construction du pont sert l’ennemi dans une guerre qui dépasse les enjeux locaux, il prévient le colonel Saïto et provoque la mort du commando sauf le major Warden couvrant ses hommes. Le colonel Nicholson est mortellement blessé dans la fusillade, mais retrouve sa lucidité dans ses derniers instants, et dans son dernier souffle déclenche lui-même l’explosion en tombant sur la boîte de commande au moment où le train franchit le cours d’eau. Le héros est né.

 

The Bridge on the River Kwai

En revanche, grâce aux mouvements de résistance thaï, les alliés furent informés du projet et de la situation précise du pont, qui fut plusieurs fois bombardé, plusieurs milliers de prisonniers de guerre alliés (et dizaines de milliers de travailleurs thaïlandais) trouvant d’ailleurs la mort dans ces bombardements en plus des morts que comporte tout chantier de construction de cette ampleur. Le pont a été remis en service à la fin de la guerre et se visite encore aujourd’hui.

  

Le pont de la rivière Kwaï a réellement existé et a été reconstruit depuis. Il s’agit d’un pont construit en Thaïlande à Kanchanaburi sous les ordres de l’armée impériale japonaise, dans le cadre d’une ligne de chemin de fer nord-sud construite entre la Birmanie et les côtes thaïlandaises afin d’acheminer des matières premières nécessaires pour l’effort de guerre du Japon. La Thaïlande étant alors alliée diplomatique du Japon et partie intégrante de la Sphère de co-prospérité de la grande Asie orientale.

Ce film tourne, pour l’essentiel, autour de la lutte entre deux volontés, celle du colonel Saito et celle du colonel Nicholson dans une situation qualifiée de « folie » par le médecin Clipton qui a le mot de la fin.

Après l’opposition totale au colonel Saito, le colonel Nicholson est arrivé à une collaboration complète (cette soumission est contraire à la réalité historique mais elle permet de donner un scénario plus romanesque) jusqu’à empêcher la destruction du pont qu’il a construit pour la gloire du roi et de l’Empire et démontrer le "fardeau de l’homme blanc" (l’esclavage).

 

C’est un brillant réquisitoire contre l’absurdité de la guerre qui présente toutefois une version édulcorée des conditions atroces de détention des prisonniers de guerre dans les camps de travail japonais dont faisait partie Ronald Searle . Celui-ci peut goûter aujourd’hui à une vie paisible au bas de notre village et il mérite hautement notre considération .
Et nous penserons à lui chaque fois que résonneront les sifflets des soldats sur la célèbre musique (maladroitement traduite en français par "Hello, le soleil brille, brille, brille...).

Et qu’un jour règne enfin la Paix !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vos commentaires

  • Le 10 février 2009 à 14:36, par Jean Lainé En réponse à : Ronald Searle

    J’ai communiqué à Ronald Searle une copie de l’article paru sur ce site. Aujourd’ui je viens de recevoir une lettre à communiquer à Gilbert, avec quelques corrections à apporter au texte publié, il y a 6 pages,. Je pense qu’il serait bien que les quelques unes des erreurs signalées puissent être corrigées. Merci de me communiquer l’adresse e-maïl, où je pourrais envoyer ce document.
    Merci et amicales salutations

  • Le 10 février 2009 à 17:10, par Gilbert Giraud En réponse à : Mistakes....

    Bonjour Jean,

    J’espère que Ronald Searle n’a pas été trop offusqué par ces erreurs (que tu vas me faire passer par mail) . Il est bien évident qu’elles seront corrigées avec les précisions nécessaires. Si elles concernent le film, le livre, elles sont relativement compréhensibles puisque Pierre Boulle et David Lean ne se sont jamais cachés d’avoir édulcoré parfois certains épisodes. Entre le fait historique et la production littéraire ou cinématographique, les appréciations sont diverses. Si des erreurs se sont glissées dans la biographie de Mr Searle, elles seront rectifiées sans tarder : les renseignements obtenus sont issus d’articles et rien ne me semblait louche ou polémique. En tout cas l’article le dit plusieurs fois, c’était un hommage volontairement rendu à un personnage hors du commun qui mérite notre respect le plus profond. Si j’ai failli, c’est tout à fait de bonne foi. Cela peut me faire réfléchir à un aspect rédactionnel du site : il serait plus simple de communiquer l’article pour corrections éventuelles quand la personne concernée est joignable afin que l’article ensuite publié ne souffre d’aucune ambiguité. Pour communiquer le texte de Mr Searle tu peux l’envoyer aux deux adresses (école et domicile)
    ce.0693533r@ac-lyon.fr
    giraud.gilbert@orange.fr
    Merci et cordialement.

  • Le 11 février 2009 à 15:00, par Jean Lainé En réponse à : Petits commentaires , concernant Ronald Searle

    Bonjour Gilbert,
    Rien de grave dans le courrier de Ronald et Monica Searle. ils sont l’un et l’autre des perfectionnistes !
    Je pense qu’ils apprécieront que les quelques erreurs signalées puissent être rectifiées. Je t’adresse ce courrier par maïl.
    Encore une fois :Félicitations pour la qualité de ce site et des échanges qu’il permet.
    Amicalerment

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Mis à jour le jeudi 12 avril 2018