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Poids et mesures à Tourtour au XVIIIème siècle .

 Poids et mesures à Tourtour

 au XVIIIème siècle .

 

(ça c’était après !...) 

Au XVIIIème siècle, le village de Tourtour était principalement soumis à une économie rurale, de production agricole et d’élevage, avec de nombreux artisans qui faisaient également vivre la commune . Les récoltes devaient être vendues, l’huile, les vignes, les fruits, les légumes et les paysans avaient besoin de repères chiffrés pour établir les prix (en fonction de l’offre et de la demande mais aussi des conditions climatiques - comme aujourd’hui, d’ailleurs !). A l’époque des seigneurs esclavagistes de Tourtour, principalement ceux de la famille Raphélis (ou Raphaëlis suivant les historiens), les mesures de poids, de capacités ou de surfaces étaient laissées "à la discrétion" du despote qui plaçait donc les paysans, ses vassaux dans des situations très précaires . Petit à petit, les communications entre les régions se sont développées, les lois ont été précisées (et contrôlées) et des notions plus précises ont été dictées pour aboutir ensuite aux mesures "normalisées sur tout le territoire (celles que nous connaissons de nos jours).

Au XVIIIème siècle, notre village fonctionnait avec des poids et mesures en vigueur en Provence mais quelques disparités pouvaient se produire . Pour le cas du quartaut, on peut s’apercevoir facilement de ces différences .
Le quartaut  : Mesure de capacité de liquide 
1 quartaut d’auvergne = 137 l 
1 quartaut de Beaune = 114 l 
1 quartaut bourguignon = 57 l 
1 quartaut chalonnais = 114 l 
1 quartaut d’Orléans = 114 l 
1 quartaut de Vouvray = 125 l 
Dans cet exemple, on constate que dans 2 zones pas trop éloignées, deux mesures peuvent être du simple au double (Beaune et Bourgogne) : dans ces conditions, le commerce pouvait poser quelques soucis (pour l’achat et la revente).

Ci-dessous, des mesures "modernes" en décalitres, pour le grain, le riz, la farine, les olives...

 

Mais dans les années 1750, à Tourtour, on entendait aussi parler d’autres mesures : 

Mesures de longueur :

Le pied de roi : 0, 32483 m (censé être la mesure du pied de Charlemagne : 12 pouces). Il se subdivise en 12 pouces, le pouce (2,706 cm) en 12 lignes, la ligne (0,226 cm) en 12 points (le point =0,188mm). De 1812 à 1840, le pied métrique était de 0,33 m., le pouce métrique de 0,0275 m. et la ligne est donc de 0,0023 m. 
un détail : eh oui, c’est mathématique et il se peut bien que tous ces chiffres puissent rebuter quelques lecteurs ... (confidence, j’en fais partie...mais je fais un effort !).
L’aune : elle était utilisée surtout pour mesurer les étoffes.
L’aune de Paris : 1 m 1884 (soit 3 pieds 8 pouces)
L’aune de Bordeaux : 1 m 4561
L’aune de Troyes : 0 m 812...
Au village, il fallait donc décider quelle aune choisir et ensuite on la gardait comme "étalon" . Surtout là, on l’on voit la différence de longueur entre celle de Paris et celle de Troyes. 
La brasse : utilisée dans la marine. Il s’agit d’une longueur de corde entre les bras étendus. Elle varie de 7, 6 à 5 pieds (1,624 m).
La toise : du latin tensa, « étendue ». Elle était d’environ 6 pieds, soit 1,949 m. De 1812 à 1840, la toise métrique était de 2 m. 
La canne : utilisée en Provence, elle valait environ 1,98765 m. (mais 2,01265 à Marseille). La canne était très utilisée pour les petites mesures, celles des jardins, des prés, des petits terrains, des maisons : une canne-carrée correspondait donc à 4m2.
La Perche ordinaire : cette mesure était égale à 20 pieds, soit 6,496 m.
La perche des eaux et forêts : 22 pieds, soit 7,1464 m. 
Le pas : 0,624 m.(au XVIIIème, les hommes étaient plus petits et un pas mesurait donc 62cm : au XXIème siècle , quand on fait un pas - pour mesurer la distance à la pétanque - on compte un mètre !)...

Mesures de surfaces :

Le journal : c’était l’unité de superficie la plus utilisée sous l’Ancien Régime. Il s’agissait de la quantité de terre qu’une charrue pouvait labourer, ou qu’un homme pouvait travailler, ou la quantité de pré qu’il pouvait faucher, en une journée.
Le journal de Paris : 32 ares 86, le journal de Bordeaux : 31 ares 93...
Le journal de Toulon était donc légèrement inférieur puisque, manifestement, la mesure diminuait selon la latitude ...
L’arpent : (du gaulois arepenn, « portée de flèche »). Cette autre mesure agraire était également très usitée.
L’arpent de Paris : 100 perches carrées de 18 pieds de côté, soit 34,19 ares, soit 3 417 m2.
L’arpent commun : 42,21 ares, soit 4 221 m2
L’arpent du roi ou d’ordonnance : 51,07 ares
L’arpent des eaux et forêts : 100 perches carrées de 22 pieds de côtés, soit 48 400 pieds carrés, soit 5 104 m2.
La perche des forêts : 22 pieds de côté, soit 484 pieds carrés, soit 51,04 m2.
La toise carrée : 36 pieds, soit 3,796 m2.
Le pied carré : 144 pouces, soit 0,10546 m2.(le pied carré est devenu une expression populaire signifiant la mauvaise qualité d’un footballeur !).
La verge : (du préceltique vège, « champ plat », contaminé par vergée, « terrain mesuré à la verge »). Elle correspond à 1/4 d’arpent, soit 1 276 m.
(il existe d’autres verges signalées dans les archives municipales mais leurs mensurations sont plus raisonnables !).
L’acre : correspond à 2 arpents ou 4 vergées.
L’ânée : il s’agit de la quantité de terre pouvant être ensemencée avec la charge normale d’un âne, soit environ 7 arpents.
La rasière ou mencaudée : c’est la quantité de terre pouvant être ensemencée avec le grain contenu dans une rasière, soit environ de 35 à 45 ares.
L’hommée, la bicherée, la coupée, l’ouvrée, la quarterée, la séterée, la poignerée : ce sont des quantités de terre pouvant être ensemencées avec le grain contenu dans une quartière, un setier, une poignère, un boisseau, une émine (la moitié du setier).
L’éminée : en moyenne 8 ou 9 ares en Provence.
La salmée : en moyenne de 63 à 70 ares.

Mesures de capacité :

Le litron : 0,79 litres .(de nos jours, quand on dit un litron c’est la bouteille de 75 cl et cela ressemble bien aux 79 de l’époque ).
Le boisseau : (dérivé de boisse, bas-latin bostia et gaulois bosta, « creux de la main ». C’était la mesure la plus utilisée pour les grains (blé, avoine, seigle) ou pour le sel, le charbon de terre et le charbon de bois. Environ 24 litres.
Le setier : 32,73 litres.
Le picotin :2,05 litres.
Le panal ras : 16,36 litres. 
Le minot : (diminutif de mine, du gréco-latin hemina, « mesure de 28 cl ».
Correspond à 6 boisseaux pour l’avoine et le charbon de terre, 4 boisseaux pour le sel, 3 pour le blé et 2 boisseaux pour le charbon de bois.

Le muid : (du latin modius, « mesure »). Elle correspond à 12 sétiers, soit 1 872 litres pour les matières sèches et à 2 feuillettes, soit 274 litres pour les matières liquides .
L’émine : 1/2 sétier, soit 16,4 litres.
La pinte : 2 chopines, soit 0,9305 litre.(autrement dit, quand on avait bu deux bonnes pintes, on sortaiut complètement "pinté" !)
Le pot ou quade (cade) : 2 pintes, soit 1,861 litre (2,2648 litres à Bordeaux).
La velte : (du latin médiéval gualguita, « petite jauge ». elle correspond à 8 pintes, soit 7,62 litres.

 

Mesures de poids :

La livre : 489,5 grammes. Elle était divisée en 2 marcs (le marc = 8 onces, soit 4 608 grains, soit 244,75 g.), ou en 16 onces, ou en 9 216 grains. L’once (8 gros, soit 30,59 g.) en 8 gros, et le gros (3 deniers soit 3,824 g.) en 8 grains. La livre se divisait aussi en 4 quarterons, et le quarteron (122,4 g.) en 4 onces. Le grain : 53 mg., soit 0,053 g.
La charge de blé : 125 kg
Le denier ou scrupule : 24 grains, soit 1,275 g.
Le quintal : 100 livres, soit 48,95 kg.(depuis le temps, comme moi, il a pris quelques kilos !).
Le millier : 1 000 livres, soit 489,5 kg.
Le tonneau de mer : 2 000 livres, soit 979 kg.

Bibliographie  :(plus tous les articles sur le web) :

- Cabourdin (G), Viard (Q), Lexique historique de la France d’Ancien Régime, Paris 1990.
- Marion (M), Dictionnaire des institutions de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, 1993 (réimpressions).
- Bulletin du Cercle Généalogique des P.T.T., présidé par M. Sagot, B.P. 33, 75 721 Paris cedex 15.

Vos commentaires

  • Le 23 novembre 2012 à 21:58 En réponse à : Poids et mesures au XVIII° S

    Article très intéressant dont je ferai une copie. Bien illustré également

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Mis à jour le jeudi 12 octobre 2017