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Rose et Marius .

 Rose et Marius . 

Rose aimait passionnément les fleurs et dans le jardin du Pré-Puget elles tenaient une grande place . Le dahlia (sur la photo du titre) était sa préférée. (j’avais écrit "la gerbéra" mais une lectrice - fée carabine- a corrigé le détail botanique). Les amis qui venaient voir Rose et Marius "à la campagne" repartaient toujours avec un joli bouquet flamboyant (et souvent aussi avec les haricots verts, les fameuses bannettes de Rose).

 Je l’ai su vers quize ans . J’en suis resté stupéfait et j’arrivais difficilement à le croire . Jusque là, je venais chez Rose et Marius, je venais chez Madame et Monsieur Henry, chez un couple de la famille. Ma mère venait de prononcer une simple petite phrase qui me faisait donc comprendre que Rose était la soeur de Marius...

Quand je venais chez Rose, le tableau au mur m’impressionnait . 
C’était " l’angélus " de Jean-françois Millet .

 Tout petit, je ne savais pas que c’était une reproduction et je voyais ce cadre comme une oeuvre de musée, une vraie richesse dans une cuisine de paysans tourtourains où Rose faisait cuire ses tomates à la provençale. Ce tableau, je le regardais souvent et chaque fois, j’y découvrais autre chose et je pensais en même temps à Rose et à Marius : la campagne, la brouette, le champ et la prière du soir . Les sabots, le panier, les pommes de terre, les nuages jaunies par le crépuscule, le village et son clocher, c’étaient un peu Rose et Marius au Pré-Puget, dans le champ devant la bastide aux peupliers.

Frère et soeur .... J’ai posé la question à ma maman " ils ne se sont pas mariés avec quelqu’un ? " mais la réponse n’était pas d’une clarté limpide et je me posais donc encore cette énigme. Je sentais qu’une certaine gêne familiale entourait le mystère et aussi qu’un lourd secret pesait dans cette histoire bien protégée . 

J’ai appris par la suite qu’un drame s’était produit dans le village : un homme s’était pendu par dépit amoureux pour la jeune fille Rose. Le poids des traditions, les convenances sociales, les interdits religieux avaient eu raison de la passion et de l’amour. Dans les années 30, dans un petit village rural, dans tout le pays d’ailleurs, certains faits sont du domaine tabou, principalement à cause de préceptes et de dogmes religieux. On ne parle pas (sauf à mots bien couverts) de ces choses-là, l’amour défendu en dehors des sacrements divins, la passion interdite en dehors des préjugés séculaires d’une morale figée. Et pour avoir aimé, on se retrouve au ban de la société villageoise, on se trouve emmuré dans le silence et la honte, on se voit sans cesse accusé des pires vilennies et l’on poursuit son existence guidée par le poids énorme de l’étenel reproche d’un péché qui vous suit à jamais....

Rose, elle était la gentillesse même, une âme charitable, un coeur immense. Elle était un des symboles de la dure vie paysanne consacrée au labeur de la terre, aux travaux des champs selon le rythme des saisons et des caprices du temps. Jusqu’au bout de leur vie, Rose et Marius sont toujours allés au Pré-Puget, cette petite bastide au coeur d’un site idyllique avec les peupliers, le petit cours d’eau, la source, les fleurs, les prés, les moutons, la charette bleue et plus tard la 2CV bleue elle aussi. Là-bas, dans ce petit coin de paradis de Provence, ils se sentaient bien : ils étaient à l’écart (peut-être le reste de la "punition") mais ils étaient heureux de recevoir tous ces visiteurs désireux de partager avec eux ce paysage serein, naturel et pittoresquement provençal.et tourtourain. 

Le laurier rose ...de Rose : (le calembour était facile mais on aurait pu reprocher de ne pas l’avoir utilisé..).

49 Tourtour

Avec la fontaine de la place, le château communal, la devanture du bar des Ormeaux, le visage d’Odette Olivéro, le porche de la chapelle... ce laurier rose fait partie des photos les plus prises par les estivants et les touristes . Et il le mérite vraiment ! même les vieux tourtourains se souviennent de l’avoir toujours vu ! Rose en était très fière et elle le bichonnait avec son petit arrosoir et l’eau de la fontaine (qui était accessible à l’époque..). Ce beau laurier est toujours planté dans un vieux tonneau qui commence à fatiguer sous le poids des racines mais qui résiste au fil des années pour nous offrir chaque été un panache rose qui ravit les promeneurs.

Dans la maison de Rose et Marius, la cuisine était vraiment toute petite mais les plats qui y étaient préparés relevaient du magique : les civets cuits avec le sang de l’animal dépecé deux heures avant au pré-Puget, les tomates à la provençale dans la poêle en fonte noire qui caramélise bien la peau, les omelettes vertes avec les feuilles de salades et d’épinards. Des choses toutes simples mais qui sont si bonnes à manger dans les assiettes décorées avec des oiseaux sur des branches d’oliviers.

La terrasse de Rose est très grande et elle offre un des plus beaux panoramas du village : on aperçoit bien sûr la Sainte Victoire, le Faron, Aups, Salernes et les forêts à perte de vue. Contre la grille en fer forgé, les pots enn terre cuite avec de jolies plantes grasses qui fleurissaient au printemps et des géraniums de plusieurs couleurs.

Après son épisode douloureux, la vie de Rose a été marquée aussi par une idylle avec Albert Escarelle mais encore une fois les traditions familiales et les contraintes de la vie tourtouraine n’ont pas permis aux beaux sentiments de s’exprimer. A nouveau, l’abandon, les regrets, les remords, la honte, l’exclusion. Une vie de pardon, d’absolution, de confession. Une vie gâchée, détruite qu’il faut poursuivre malgré tout, en ayant peur de trop se montrer sur la place par mesure de contrition perpétuelle. Ils ne méritaient pas tout ça, Rose et Marius....

Juste avant d’arriver au vieux lavoir, Marius et ses moutons : ils partent vers les belles herbes du Pré-Puget...

Cet article va manquer de photos de ces beaux personnages qu’étaient Rose et Marius : l’appel est donc lançé aux héritiers pour illustrer ces petits souvenirs..... Et pourquoi pas donner aussi leurs souvenirs, s’ils veulent bien partager....

Vos commentaires

  • Le 20 mai 2009 à 19:13, par la fée Carabine En réponse à : De quoi on parle ???

    Parler d’Oeuf, d’ânes et/ou d’artichauds en barigoule est une chose... L’évocation de personnes, de leurs vies (très) privées et de leurs sentiments sans leur assentiment (et l’assentiment de Rose, la pauvre, vous ne le lui avez pas demandé que je sache)en est une autre, un tabou que personne ne devrait se permettre de transgresser, fut-il lyonnais.
    Décidément vous êtes un bon partisan de monsieur-l’ancien-maire qui, au grand scandale de la famille (dont beaucoup de membres sont encore en vie et sur Tourtour) lors des obsèques de Rose, s’est permis d’évoquer ces faits. Ce fut extrêmement choquant ce jour là, ça l’est de même aujourd’hui. On se croirait dans Voici ou Le Nouveau Détective ou quelqu’autre torchon dans lequel on vit de remuer la m.... Non seulement vous faites l’éloge permanent et dithyrambique de monsieur-l’ancien-maire mais en plus vous reproduisez ses bourdes. Vous êtes décidément un bon élève... envisageriez vous de vous présenter aux prochaines élections municipales ?

  • Le 20 mai 2009 à 19:25, par la fée Carabine En réponse à : gerbera et laurier rose

    Objection monseigneur, les fleurs de Rose c’était pas des gerberas mais des DAHLIAS. Et pas que rouges.

    Quant au laurier... était ce bien celui de Rose ? moi je le dirais plutôt, s’il faut l’attribuer à quelqu’un, "le laurier de Josette" devant la porte de qui il se trouve...

    Mais en définitive je préfère penser à une graine vagabonde portée par le Mistral.

    (ou va se nicher le Capitalisme ! pourquoi ce laurier ne serait il pas celui de personne et de tout le monde ? Ce modeste et splendide arbuste qui pousse si joyeusement, réjouit nos regards et ne demande rien à personne même pour sa pitance ne pourrait-il donc s’appartenir qu’à lui même ?)

  • Le 20 mai 2009 à 21:44, par Gilbert Giraud En réponse à : Fidélité....

    Chère fée,
    Pour vous remercier de votre fidélité sur le forum, je publie vos deux articles de ce soir pour ne pas vous faire languir , ni vous ni vos adeptes... Par contre, demain je répondrai à toutes vos observations, remarques et critiques qui réclament vraiment des corrections car elles mettent en accusation certains faits devant être précisés et expliqués .Bonne fin de soirée .

  • Le 20 mai 2009 à 21:48, par Gilbert Giraud En réponse à : Botanique...

    Même chose que pour votre premier message de ce soir : je le publie mais j’y répondrai demain dans un article du site car votre style et vos idées méritent un lectorat plus large...

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