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Tempéra, peinture à l’oeuf .

Tempéra, peinture à l’oeuf . 

Notre nouvel artiste qui s’installe au village va pouvoir nous apporter beaucoup pour la prochaine fête de l’oeuf : en effet, son approche artistique (l’art de l’icône) est accompagnée par une technique picturale particulière puisqu’elle utilise l’oeuf (surtout le jaune) comme composant essentiel. On compte donc sur Vadim Garine pour organiser une activité iconographique lors de la semaine pascale 2011... On peut même lui sussurer l’idée de peindre une petite fresque dans notre église Saint-Denis ou à la chapelle de la Trinité (ou les deux).

Quelques éléments d’informations sur la tempéra (peinture à l’oeuf), cette technique utilisée par Mr Garine pour les belles fresques qu’il réalise et pour les stages d’initiation qu’il encadre .

    

Le terme tempera ou tempéra (du latin temperare : détremper) désigne une technique basée sur un liant à émulsion, qu’elle soit grasse ou maigre. Cette terminologie a longtemps suscité une extrême confusion, les uns confondant détrempe et tempera, les autres restreignant uniquement ce terme à la peinture à l’oeuf. Aujourd’hui, on distingue la tempera, évoquant l’idée d’émulsion, de la détrempe, peinture strictement aqueuse. Pour préciser la nature de l’émulsion, on énonce simplement la nature des composants ; par exemple tempera à l’oeuf, tempera grasse à la colle de peau, etc.

C’est la principale technique de peinture d’art utilisée depuis des temps immémoriaux, notamment en Égypte, puis par les peintres d’icônes byzantines,  puis en Europe durant le Moyen Âge.

Le procédé original est celui d’une peinture utilisant le jaune d’œuf, émulsion naturelle, ou le jaune entier comme médium pour lier les pigments. On l’utilise sur du plâtre ou sur des panneaux de bois recouverts de nombreuses couches d’enduits à base de colle de collagène et de carbonate de calcium dans le nord de l’Europe, ou sulfate de calcium dans le sud de l’Europe.

  

Quand la peinture à l’huile fut inventée vers la fin du Moyen Âge, la tempera continua encore à être employée pendant un certain temps en tant que sous-couche recouverte par un vernis à l’huile translucide ou transparent. Cette technique transitoire mixte fut suivie par une technique de peinture à l’huile pure, qui remplaça presque totalement la tempera au XVIe siècle.

Le terme « tempera » est également employé actuellement par quelques fabricants pour désigner la peinture ordinaire utilisée pour des affiches et qui est une forme bon marché de gouache (peinture à l’eau opaque) qui n’a rien à voir avec la véritable tempera à l’œuf.

La peinture à l’œuf (tempera à l’oeuf) est un procédé très ancien. Les recettes de tempera à l’œuf sont donc extrêmement nombreuses. Le procédé présente les qualités suivantes : luminosité, précision, solidité modérée mais correcte... et coût imbattable.

Habituellement, c’est le jaune qui est employé car c’est lui qui contient le liant, la lécithine, dite "huile d’œuf".

L’intérêt du procédé à l’œuf réside pourtant dans le fait que le jaune d’œuf est une émulsion naturelle (émulsion maigre). Il peut aussi bien être employé comme liant pur que comme adjuvant pour la peinture à l’huile ou bien comme complément légèrement oléagineux pour les peintures aqueuses.

Attention : le jaune d’œuf, bien que partiellement gras, sèche tout de même assez rapidement. Notamment, employé sans huile additionnelle, il rend malaisé le travail alla prima à cause de temps de séchage trop courts. Il se prête par contre très bien aux travaux semi-transparents, même s’il a longtemps été utilisé comme une gouache, à la manière opaque.

A l’époque des enluminures, lorsqu’il fallait broyer un pigment dans le but de travailler à la plume et non au pinceau, on utilisait du blanc d’œuf non pas comme liant mais comme adjuvant. Malgré les étranges dogmes proférées et appliqués dans ce domaine à cette époque, nous dirons seulement qu’il est possible que ce produit ait effectivement pu apporter un peu de fluidité aux pâtes étant donné sa charge en eau.

Certains auteurs actuels mentionnent l’emploi du blanc d’œuf comme liant au Moyen-âge. La chose n’est pas totalement impossible mais les conditions de mise en oeuvre devaient être assez complexes étant donné les insuffisances dramatiques de cette substance par rapport au jaune.

   

Liste de composants utilisables pour une tempera à l’œuf : (pour les stages chez Vadim, le prix comprend la fourniture des denrées...)

* le jaune, pour son rôle de liant-émulsion au satiné merveilleux. Il peut être pertinent de le crever afin de ne pas introduire sa membrane dans le mélange

* une huile (oeillette, lin, etc..), qui apporte sa solidité, sa beauté satinée, son épaisseur, son temps de séchage.

* le liant méthylcellulosique, qui permet d’accroître l’onctuosité de la peinture.

* une résine tendre (dammar ou - plus rarement - mastic dilué dans l’essence, térébenthine de Venise), pour la même raison que l’huile : l’obtention d’une solidité tempérée. Les recettes aux résines dures comme le copal et l’ambre ou à l’huile de copahu ne sont pas forcément à conseiller étant donné la structure déjà solide de la tempera à l’œuf - quoique l’adjonction d’éléments comme la cire ou l’emploi d’une grande quantité d’huile pourraient compliquer cette donnée structurelle et autoriser l’emploi de ces produits moyennant expérimentation approfondie.
1/2 coquille de résine diluée dans l’essence (chimiquement neutre et non-aromatique si possible - voir Les essences) est une proportion normale pour un jaune d’œuf entier, alors que le baume de térébenthine de Venise ne doit être adjointe qu’en doses homéopathiques (5% grand maximum) 

* la glycérine  (3 gouttes pour un jaune d’œuf environ), substance assouplissante et retardant le séchage, très intéressante mais non anodine chimiquement parlant - il s’agit d’un polyalcool. Elle peut donc interagir lentement mais sûrement avec d’éventuels éléments acides.

* le sucre candy  ou le miel, très conseillés par certains artistes, allient plusieurs avantages : conservation, souplesse, onctuosité, "temps d’ouverture" plus long. Attention : pour la même raison que pour la glycérine - tous ces produits contiennent des alcools -, la présence d’acides dans la pâte et le support peut rendre délicate l’adjonction de sucre. En ce qui concerne le miel, ils est souhaitable de choisir une variété classique, liquide et transparente .

* la gomme arabique ( e nviron 15 à 30 cl d’eau gommée pour un jaune d’œuf) pour une cure amaigrissante... Il s’agit là de se rapprocher des propriétés de transparence de l’aquarelle

* le vinaigre, adjuvant très classique qui prolonge la conservation de la pâte mais dont la composition chimique peut poser des problèmes d’interactions. Contenant de l’alcool éthylique et un aldéhyde, il peut interagir avec d’éventuels éléments acides.

* le jus de persil est utilisé en lieu et place du vinaigre par quelques artistes qui n’ont pas pu (ou voulu) nous en donner la raison. L’utilisation de cet ingrédient serait traditionnelle mais les traditions, dans ce domaine, sont innombrables.

* les vins blancs doux, utilisés à la place du vinaigre et/ou du sucre, sont chaudement conseillés par certains artistes. Contenant de l’alcool, ils peuvent interagir avec d’éventuels éléments acide mais apportent encore plus que le vinaigre des propriétés de conservation.

* Le citron à petite dose pourrait présenter la même fonction conservatrice. Il vaut mieux éviter de l’employer conjointement avec de l’alcool mais surtout avec des éléments alcalins (caséine, pigments alcalinoterreux, etc.).

* la cire (2 cuillerées à café de cire d’abeille blanche pour un jaune d’œuf), combinée à des résines tendres ou dures et/ou de la gomme arabique, en grande quantité de toutes façons pour compenser la mollesse et la fragilité de cet adjuvant.

* le blanc d’oeuf, ,qui peut être utilisé à la manière d’un médium : très aqueux (85% d’eau), très maigre mais très visqueux et dépourvu d’onctuosité ; il est transparent, il donne de la vivacité aux couleurs, mais employé massivement il n’a aucune tenue : il devient friable au séchage. Il faut impérativement l’associer à un autre produit : un jaune, une huile, un liant aqueux, une résine.

* l’eau, de préférence déminéralisée ou distillée.

* La térébenthine,  utile comme diluant surtout si vous ajoutez des corps gras. Elle a aussi une fonction de médium, apportant les résines que ne contiennent pas les diluants purs.

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Mis à jour le samedi 17 novembre 2018