Trois ans après : le 15 juin 2010, l’Est-Var était touché par les inondations.
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L’incroyable conjonction de phénomènes météorologiques va plonger la Dracénie et la plaine de Fréjus dans le chaos et la mort. Trois ans après, on amorce enfin des plans anti-inondations
Une après-midi surréaliste. Une nuit dantesque. Un petit matin d’apocalypse. Vingt-cinq morts, une population traumatisée, des bassins de vie réduits à néant. Ce mardi 15 juin, l’attention se focalise sur l’aire toulonnaise où, conformément à l’alerte météo, des inondations monopolisent les secours. Rien d’affolant. La masse orageuse poursuit sa route et touche cette fois les secteurs du Luc, Le Cannet puis Lorgues. Une centaine d’interventions sont comptabilisées. Rien d’insurmontable néanmoins.
Vague meurtrière :
Vers 13 h 30, les pluies diluviennes s’intensifient sur Draguignan et alentours. Le phénomène, très localisé, prend rapidement une dimension exceptionnelle. Quelques routes et quartiers commencent à subir la fureur des eaux. Rien, cependant, qui ne bouleverse la vie locale.
Pourtant, sur les rives de l’Aille, le visage de l’horreur commence à se dessiner. Impuissants, un couple d’éleveurs voit leurs 1200 bêtes emportées par une vague de plus d’un mètre. Un peu plus loin, à Saint-Julien, les ouvriers d’un domaine viticole n’ont d’autre choix que de rester sur place. Devant eux, des flots de boue dévalent la route.
La situation se dégrade notablement après 15 heures, alors que les bassins versants saturés vomissent leurs trop-pleins d’eau, de boue et de pierres. L’inquiétude commence à poindre. Une demi-heure plus tard, l’impondérable météorologique vire au chaos mortel : alors que le ciel ébène continue à dégueuler de liquide, la rupture d’une énorme cavité karstique, en amont du hameau de Rebouillon, sur la Nartuby, va provoquer un raz-de-marée. Une vague de dix mètres de haut, d’une force irrésistible, qui va finir de broyer ce qui était déjà sous les eaux.
Panique générale
En ce mois de juin, vers 16 h 30, alors que le plafond opaque a plongé la Dracénie dans une nuit artificielle, des drames humains sont déjà noués, d’autres se jouent minute par minute. Des centaines de personnes n’ont pas le temps de se mettre à l’abri. S’accrochent aux buissons des ronds-points. Se réfugient dans les arbres, sur les toits. Le PC opérationnel du centre de secours dracénois est submergé en quelques minutes. Le SDIS a les pieds dans l’eau. Une cellule d’urgence se reconstitue dans l’hypermarché du Salamandrier.
Le salut des airs
Son sang-froid sera exceptionnel. Tout comme la réactivité du préfet qui va briser tous les codes administratifs et réquisitionner ce que la région compte d’hélicoptères. Toute la nuit durant, dans des conditions encore dantesques, les pilotes vont hélitreuiller quelque 1300 personnes. Et sauver, au bas mot, plus de 300 âmes.
Quelques heures plus tard, le phénomène se répercute dans la plaine de Fréjus où s’ajoute le débit monstrueux du fleuve Argens. Comble de fatalité, la tempête en mer empêche l’écoulement des eaux. Le désastre poursuit son œuvre.
Des plans pour l’avenir
Un cataclysme naturel que l’entreprise humaine, par ses aménagements inconsidérés, a forcément amplifié. Alors, État et collectivités locales et territoriales ont souhaité prendre les choses en main. Via des Plans de prévention des risques d’inondation et le fameux Papi, destiné à fédérer les travaux sur les bassins versants de la Nartuby et de l’Argens. Il faudra du temps et de l’argent pour assurer un semblant de sécurité aux citoyens. Et aux politiques une grosse dose de courage pour résister aux appétits des cupides bâtisseurs...
Les chiffres :
Le bilan des 15 et 16 juin 2010 dans l’Est-Var :
- 25 personnes décédées ;
- 300 personnes sauvées d’une mort certaine (estimation) ;
- 2450 sauvetages (1100 par le sol, 1350 par hélicoptère) ;
- 32000 sinistrés déclarés (9791 sinistres automobiles) ;
- 700 millions d’euros de dégâts estimés (sans compter les biens non assurables et non assurés) ;
- 2979 salariés impactés en chômage ou chômage partiel sur 359 entreprises.
(fin de l’article de Var-Matin).
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Commentaires du site " Tourtour, notre village" :
*** La catastrophe du 15 juin 2010 reste bien sûr dans toutes les mémoires des habitants de la Dracénie et il nous faut espérer que les meilleures mesures soient prises pour que de tels drames ne puissent se reproduire, en particulier les mesures concernant les Plans de Prévention et le respect des zones inondables . Hélas, on sait que les permis de construire sont souvent accordés sans tenir compte des contraintes édictées par des autorités que l’on pense compétentes mais qui sont malheureusement dépassées par des notions liées à l’argent et au profit ... Hélas ...
*** " numéro spécial " :
Le journal régional "Var-Matin" a publié une numéro spécial de 11 pages pour rendre hommage aux victimes à l’occasion du troisième anniversaire de cette tragédie .
*** "... Et aux politiques une grosse dose de courage pour résister aux appétits des cupides bâtisseurs... " :
Il est même des politiques qui n’auraient pas résisté, au lendemain des tragiques inondations, à l’appétit des cupides réparateurs de routes et chemins ! Ces maires de villages perchés auraient eu l’idée aussi opportuniste qu’ignoble de profiter des événements tragiques de Draguignan (et alentours) pour établir des déclarations sur des chemins déjà en mauvais état et des trous sur des portions de routes qui ont donc été mis en regroudonnage grâce aux subventions !!... Les tourtourains savent que ce genre d’attitude ne grandit guère ceux qui agissent de la sorte mais d’autres habitants (les "habitués de la gamelle") trouvent cela normal ....
On se permettra donc de penser d’abord à ceux qui ont effectivement souffert et à vomir sur ceux qui ont profité du drame pour leurs desseins inavouables et leurs intérêts iniques ... Et nous aurons une pensée émue pour ceux que nous voyons lors de reportages et qui ont pratiquement tout perdu mais qui ne sont toujours que peu indemnisés et se trouvent donc -3 ans après- dans des conditions dramatiques : s’ils veulent se changer les idées, ils peuvent venir promener sur les chemins regroudonnés de Tourtour ...(ça ne les consolera peut-être pas totalement de savoir comment ils ont été "réparés" !...).
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