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" Un Tourtour en marge " : l’Express, en 1995.

" Un Tourtour en marge " : 

l’Express, en 1995.

 

Comme il est écrit parfois dans ces lignes, la recherche documentaire sur Internet réserve parfois des surprises : on cherche quelque chose sur ci, on se dirige vers ça mais on est renvoyé vers ceci avant de repartir vers cela .... Et par exemple, on tombe sur un article de l’hebdomadaire l’Express ! On y trouve les loups, les cisterciens, le Rosaire, la tapenade, la truffe, Anne d’Autriche, les transports, Ginette.... 
Un petit tour.... C’est aussi avec ces articles que notre village est devenu célèbre ...

lexpress.fr

(publié le 10/08/1995, signé M-A P.)

Enclavé dans le haut Var, à 650 mètres d’altitude, on ne le découvre qu’après une multitude de virages. Symbole d’une Provence éternelle, il ne redoute que deux choses : le feu et le tarissement de sa source du Rosaire.

La nature est bonne fille qui sème ses oliviers et ses vignes jusqu’au pied de ce « village dans le ciel », niché dans les derniers contreforts des Préalpes du Sud. Tourtour est si bien perché (650 m d’altitude) que, par fort mistral, on aperçoit même les flancs de la Sainte-Victoire.
Loin du reste du monde, l’endroit est étrange, comme figé dans cette Provence éternelle qui n’a jamais succombé aux modes ni aux mondanités estivales. Au coeur du village, classé à l’inventaire des sites pittoresques, les maisons furent construites à dos d’homme, pierre par pierre. Au XIIème siècle, les moines cisterciens entreprirent d’élever une abbaye dans le quartier de Florielle. Un projet qu’ils abandonnèrent bien vite pour aller bâtir celle du Thoronet, plus bas dans la plaine...
Les chemins d’autrefois n’engagent pas aux visites et Tourtour n’en reçoit guère. La seule marquante fut celle d’Anne d’Autriche, venue rendre action de grâce à Notre-Dame-de-Colignac : elle laissa lors de son passage une plantation d’ormeaux sur la grand-place. Ces arbres majestueux se sont éteints voilà une dizaine d’années.
Que l’on passe par Draguignan ou par Salernes, le village se dresse en marge de la côte varoise, à une bonne heure et demie de trajet de la vie agitée d’ « en bas ». De tout temps, l’endroit resta à l’écart. Lors de la Révolution de 1789, notamment : la nouvelle de la prise de la Bastille tomba avec un mois de retard, à la stupeur de la population
.

Rien n’a jamais vraiment troublé la vie de ce lieu à part où la végétation n’en fait qu’à sa tête. Rien, sinon le feu et le tarissement de la source du Rosaire : deux calamités que l’on redoute plus que tout. L’équipe des pompiers - qui dut surmonter le terrible incendie de 1982 - est en permanence rivée à son poste. Quant à la source, les habitants ont appris à économiser son débit pour qu’elle demeure vive et transparente du lavoir public aux robinets.
Tourtour se donne aux curieux, car on peut passer à côté sans même s’en apercevoir. Seul repère pour l’amateur de concerts classiques donnés l’été en plein air, l’église Saint-Denis, accrochée à son piton rocheux : il suffit de ne pas la quitter des yeux pour arriver sur son parvis, face à un havre de paix où vivent 472 Tourtourains, très exactement. Moitié moins qu’autrefois. C’est-à-dire dans les années 40... du siècle passé.
A cette époque, la forêt alentour était infestée de loups et l’on offrait 12 francs à quiconque trouverait un gros mâle ou une femelle venus s’aventurer près des fermes avoisinantes. Désormais, les animaux sauvages s’en sont allés, même si le maquis a gagné sur les terres cultivables, peu à peu abandonnées. D’ailleurs, il ne reste plus qu’un seul agriculteur, présent le mercredi et le samedi, jours de marché, où quelques étalages sont plantés devant le château Raphelis. Une bâtisse du xvie, flanquée de deux tours, abritant la mairie, la poste et le cabinet du médecin : Christine, une figure bien connue de chacun, venue habiter là il y a seulement cinq ans. Aujourd’hui, l’école primaire se remplit peu à peu. Reconstruite dans les années 80, elle accueille 22 élèves, et une seconde classe, toujours en sommeil, guette les prochains arrivants. Mais les nouveaux venus s’installent au compte-gouttes, faute de dénicher sur place une maison à louer ou à acheter afin de se fixer de manière définitive.

Ici, la vie communautaire a commencé dès le néolithique, il y a près de six mille ans. Il en subsiste de belles traces dans la maison des Fossiles, rue des Moulins : un simple rez-de-chaussée, qui a vu le jour grâce à Victor, collectionneur avisé et chercheur infatigable à la tête d’un inestimable trésor. Sa plus ancienne pièce aurait quelque deux cent vingt millions d’années. On peut y voir aussi des oeufs de dinosaure, des dents de squale et de superbes gastéropodes...
Ce petit musée se love en contrebas de la tour Grimaud, à deux pas du vieux moulin à huile qui a repris du service, comme jadis, mais à l’usage exclusif des gens du pays. Si les villageois sont fiers de leur huile, l’orgueil du moment est tout entier contenu dans ce nouveau confort indispensable de nos jours : le tout-à-l’égout. Attendu depuis... trente ans !
Pour ce village enclavé du haut Var, les commodités de la vie moderne auront nécessité, chaque fois, une belle énergie ! Dans les archives de Tourtour, un courrier datant de 1883 relate le mécontentement du maire de l’époque, s’indignant du tracé du PLM qui reliait Paris à la Côte d’Azur. Pour desservir le centre du département, il fallait alors créer une petite compagnie qui joindrait Draguignan à Castellane par Ampus, ville facile d’accès pour les Tourtourains, alors riches d’une industrie locale et de commerces florissants (blé, truffes, miel, ovins et porcs). Reste qu’Ampus n’est pas retenue dans le projet. Le tortillard faisant halte à Salernes, à mille virages en contrebas, le conseil municipal met rapidement sur pied les deux liaisons quotidiennes nécessaires au transport des marchandises. Cela moyennant une allocation de 600 francs par an au voiturier que la mairie engage pour l’occasion. Actuellement, le train s’arrête aux Arcs-sur-Argens, non loin du bourg, mais l’auto est toujours indispensable. Surtout au moment de Pâques, pour monter célébrer la fête de l’Oeuf, ou à Noël, pour participer à la Pastorale, habillé en santon.
Ici, la vie associative a un parfum d’antan et Ginette le sait, qui pilote depuis quinze ans la Rapugue, le club des anciens. Ceux-là mêmes qui, sous les platanes, servent l’anchoïade tous les dimanches d’été et tressent en épis les brins bleus vendus quelques francs aux touristes. Un petit commerce sympathique qui alimente une cagnotte et permet de partir en voyage en bande. Jamais très longtemps. Tourtour est un port d’attache... arrimé dans les nuages.

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Vous pouvez trouver l’ article de l’Express sur le lien 
www.lexpress.fr/informations/francais-quelles-sont-vos-racines-un-tourtour-en-marge_609104.html

Vos commentaires

  • Le 16 avril 2011 à 22:59, par Sophie En réponse à : ça fait envie

    Je comprends pourquoi de si nombreux touristes affluent à Toutour ; avec des articles pareil ça donne envie de venir et d’y rester. Il suffit de changer quelques prénoms, de rajouter 2 classes, le nombre grandissant d’associations et l’article est encore d’actualité.

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Mis à jour le jeudi 12 avril 2018