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identité...

  Identité ........ 

   


On entend beaucoup de choses et l’on peut en lire énormément sur un sujet qui occupe le débat politique depuis plusieurs semaines, c’est la notion " d’identité nationale " (c’est tellement sérieux qu’on a presque envie d’y mettre des majuscules) .
Notre site n’a jamais trop abordé la politique nationale, sauf quelques légères allusions sans grande portée et ce n’est pas aujourd’hui que cet article viendra sur le terrain de la politique (qui dans ces cas-là s’accompagne immanquablement de l’adjectif politicienne) : notre site est consacré à Tourtour et il se contentera de porter son attention sur le village, en priorité .

Malgré tout, rien ne nous empêche de réfléchir à cette notion d’identité en la plaçant sur le terrain local . Pendant que les sociologues, les philosophes, les élus du peuple se demandent ce que signifie l’identité nationale, est-il inconcevable que nous puissions nous questionner ici à Tourtour, sur ce qu’est " l’identité locale " et ce qu’elle représente aux yeux de plusieurs regards ?

L’identité de Tourtour ? Quelle est-elle par rapport à celles de Vilecroze ou d’Ampus par exemple ? Essayez de vous poser tranquillement cette question et vous verrez que ce n’est pas facile du tout .

Evidemment, on ne parlera pas des spécificités locales (démographie, superficie, commerces, monuments..) qui ne sont que des constats et des bilans quantitatifs mais plutôt ce qui a contribué et contribue encore à faire ce qu’est Tourtour . Et c’est à ce moment-là que les choses se compliquent ! 

 

Les aspects historiques viennent très vite à l’esprit : Tourtour est un vieux village dont les plus anciens monuments datent du XIIème siècle mais qui a été habité dès le néolithique . Notre village a donc une identité historique indéniable et il fait tout pour la revendiquer en comparaison de villages qui n’ont pas cette richesse . A une époque où la course en avant est devenue une démarche obsessionnelle, il est salutaire que Tourtour ait la possibilité de montrer son passé millénaire : dans ce cas-là, il faut que chacun puisse prendre conscience de l’importance du patrimoine local et que des moyens soient attribués (subventions du Ministère de la Culture) pour en sauvegarder les plus anciennes traces (Tour de Grimaud, horloge, église..).

L’origine architecturale du village, avec ses remparts et ses portes d’entrées, a donné aux ruelles et aux maisons un caractère typique que les touristes apprécient : mais ces particularités sont-elles très différentes de celles rencontrées à Châteaudouble, à Cotignac, à Trigance ou à Bargême ? Il s’agira donc plutôt dans ce cas-là d’une simple forme d’identité partagée .

D’ailleurs, beaucoup de positions qui sont prises dans ce dossier parlent plutôt " d’identités ", le pluriel permettant d’élargir plus aisément le champ des recherches et des singularités . Si l’on en revient à l’étude du village au fil des siècles, il apparaît difficile de retrouver des éléments identitaires pour Tourtour : l’élevage a disparu, l’agriculture est exangue et de nombreux critères de la vie quotidienne ont totalement changé (chauffage, alimentation, confort, habillement...) . En même temps que les éléments sociétaux ont grandement évolué (éducation, technologies, acquis sociaux, individualisme..) et ils ne sont pas obligatoirement partagés par les différentes générations : l’identité locale que peut revendiquer Doudou n’est déjà plus la même que celle d’Angelin qui lui ne se reconnaîtra pas totalement dans celle de Lolo qui lui aussi aura du mal à suivre Mathis... ( j’ai mis des prénoms au hasard, inutile d’y chercher une vanne !).

  

Un domaine précis pourrait peut-être nous donner une identité, c’est la préservation du patrimoine et des traditions locales : des efforts sont indéniablement faits mais des lacunes persistent et des oublis commencent à pointer leur nez ... Par exemple, les danses provençales ne sont plus exécutées par les tourtourains mais par des troupes de villages voisins : cela fait simplement penser à une démarche commerciale du type " il en faut, ça plaît aux touristes et ça fait venir du monde, donc des clients" sans que cela soit accompagné par une réelle prise en charge par les habitants . L’association de la Pastorale réussit à préserver cette implication dans l’animation du village et il faut espérer que l’autre association "lei Bélugo" puisse regagner son dynamisme afin de "remonter" très vite la troupe de danseurs de cordelles .

Vous avez raison, c’est un peu confus tout cela et il n’est guère aisé de s’y retrouver : un petit exemple me vient à propos des traditions . Pour les touristes (et un peu les villageois) , les associations proposent l’été, le dimanche à midi, des tranches de pain grillé à l’anchoïade qu’elles vendent sur la place au moment de l’apéro . Mon dieu que c’est bien et bravo à ceux qui conduisent cette action ! Mais il ya un petit hic quand on parle de la question de l’identité locale et des traditions provençales, c’est la fabrication de la "pommade" car on descend à Draguignan pour aller chercher du persil congelé et des têtes d’ail à la même température ! Vous le savez maintenant presque tous, je suis tordu et je ne fais (soi-disant) que critiquer : eh bien oui, offrir (en faisant payer) une tranche d’anchoïade qui a été faite avec de l’ail congelé, ça ne devrait pas exister à Tourtour, c’est une atteinte à l’identité locale, ni plus ni moins . Bien sûr, ça va plus vite et les "essetrangers" n’y verront que du feu mais c’est délicat de constater que la seule finalité de l’action du dimanche est alors devenue de faire du fric sur toute la place en privilégiant le côté mercantile au lieu de porter la fierté d’une tradition scrupuleusement respectée . On sait très bien que nous nous sommes maintenant habitués à ce qu’aucun restaurant de Tourtour ne propose une seule fois dans l’été des tomates à la provençale au menu (ou à la carte) : un touriste qui veut découvrir nos recettes traditionnelles n’aura plus qu’à aller acheter des cartes postales où il aura au moins des photos de civets, de brouillades et de tomates à la provençale . Ne m’en veuillez pas de penser que notre identité culinaire provençale est aujourd’hui bien malade et que son agonie est proche mais il ne faudra pas s’étonner que des conséquences arrivent à la suite puisque les causes du dilemme ne sont ni étudiées ni même envisagées .  

Représentation de l\'identité numérique

Quel élément peut-il conduire un touriste ou un visiteur à trouver des signes indéfectibles de l’identité du village ? Sur quoi va t-il se baser pour dire "ah oui, Tourtour..." ? 
Imaginons ce futur vacancier chez lui en province (ou à l’étranger) qui cherche un lieu de séjour pour les vacances de Toussaint ? De nos jours, il passe bien sûr par Internet et il va chercher dans "Provence, Var, beaux villages.." et il tombera sur le mot Tourtour et il ira donc chercher un peu plus loin en tapant "Tourtour" sur un moteur de recherche, ce qui le mènera directement au site Wikipédia, rubrique Tourtour .(Wikipédia est un célèbre site dit communautaire enrichi par les internautes, ce qui en fait la plus importante base de données d’informations) . Il se connecte et arrive sur l’article "Tourtour" : explications historiques, données démographiques, économiques et sociales.. l’article est très bien fait mais il n’y a qu’une image, une seule, le papillon-sculpture de Buffet. Autrement dit, l’identité du village serait transmise par un bronze : la vue générale du village perché, les ruelles, les monuments, nenni , circulez, y’a rien à voir, tout ça on s’en tape, Tourtour serait symbolisé par le papillon du peintre samouraï . Avec les dérives insidieuses qui s’infiltrent peu à peu grâce à de hauts personnages guidés par des intérêts autant culturels que mercantiles, l’image de Tourtour qui est donnée ne concerne qu’un aspect anecdotique du village... Et pourtant ! Avant que les deux sculptures ne soient posées, Tourtour n’existait donc pas et il aurait fallu attendre que Bernardo se suicide et que ses chers amis décident de s’attribuer un jardin estampillé pour qu’enfin le village se trouve une identité ?? Ben voyons ! 

Depuis quelque temps, pour quelques uns qui sont de plus en plus nombreux, Tourtour c’est où il ya la Fête de l’Oeuf  ! On appelle cela l’identité de Pâques : cette tradition qui aura 20 ans cette année commence effectivement à prendre sa place alors qu’au départ, l’idée était seulement de trouver une animation pour faire venir du monde au village pour le week-end pascal et marquer ainsi le départ de la renaissance de la Place des Ormeaux et le retour des jardinières fleuries en même temps que la reprise des bonnes affaires pour les commerçants. D’année en année, la mayonnaise a bien pris (avec l’oeuf ça va mieux) et le côté purement dirigé vers le fric n’a jamais vraiment pris le dessus sur le côté familial, festif et ludique : un vrai succès qui continue et qui sera encore cette année un des moments forts de l’animation du village mais peut-on aller jusqu’à lui conférer un statut de critère objectif de l’identité locale ? Là aussi, difficile de se prononcer .

Ils n’arrivent pas ( tous nos responsables politiques et observateurs sociologiques) à se mettre d’accord sur l’identité nationale, il n’y a donc guère de chances que l’on y arrive, nous, simples paysanasses, sur l’identité locale .... Mais ce serait bien dommage que l’on se prive d’y penser de temps en temps .

 

 

 

 

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Mis à jour le vendredi 17 novembre 2017