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La faïence de Moustiers .

 La faïence de Moustiers .  

A Tourtour, il est rare de ne pas trouver dans chaque habitation un objet qui vienne de Moustiers : c’est une fierté culturelle, un signe esthétique de ralliement. Chacun dit "c’est un Moustiers" . Cette dénomination laisse planer quelques doutes car il est difficile de s’y retrouver dans les diverses catégories : Moustiers du XVIII ème siècle, décor "façon Moustiers", fait à la main à Moustiers... Les motifs sont variés, les couleurs fluctuantes selon les époques et les faïenciers : en tout cas, pour avoir un vrai Moustiers ancien (dans les années 1720) il faut avoir eu un bel héritage, un don généreux, une trouvaille miraculeuse dans un vide-grenier ou posséder un portefeuille bien garni de stock-options : dernièrement, lors d’enchères au Palais Drouaut, un plat signé Olérys et daté de 1743 a été adjugé pour la coquette somme de 48 500 € au profit d’un consortium immobilier japonais. Du lourd !

On va se contenter pour l’instant de nos petites saucières imitation et on va continuer à rêver ...Une visite de Moustiers vous laissera de très bons souvenirs et vous pourrez aussi, dans la journée voir d’autres villages du Haut-Verdon et vous amuser dans le lac de Sainte-Croix.

Malgré tout, on peut se plonger un peu dans le monde de la faïence et en connaître quelques caractéristiques.

  

La faïence de Moustiers était considérée dès le XVII ème siècle comme la plus belle de France. Après un déclin de la production au XIX ème siècle, l’art de la faïence a connu un véritable renouveau dans la région de Moustiers-Sainte-Marie à partir de 1925. 

Origines de la faïence de Moustiers

Le premier faïencier de Moustiers, vers 1679, fut Pierre Clérissy, le descendant d’une longue lignée de potiers de terre.
Selon la légende, un religieux venu de Faênza, en Italie, lui aurait appris le secret du bel émail blanc laiteux qui allait assurer, avec le bleu dit "de Moustiers", la réputation de la faïence de Moustiers.

Pierre Clérissy fut le seul faïencier de Moustiers jusqu’en 1715 et sut s’entourer d’excellents collaborateurs, les Viry, issus d’une famille de peintres de Riez. 
A la même époque, son frère Joseph s’installa dans les faubourgs de Marseille pour y créer une faïencerie.

La production des Clérissy est de grand feu et caractérisée par des décors tirés des gravures d’Antonio Tempesta, un graveur florentin de la Renaissance italienne.
Le décor "à la Bérain", inspiré des ornemanistes de Louis XIV comme Jean Bérain, apparaît vers 1700.

 

Les autres faïenciers célèbres  

Joseph Olérys, qui avait probablement travaillé dans l’atelier de Clérissy, s’installa à Moustiers en 1737
Il s’associa avec son beau-frère Jean Baptiste Laugier pour ouvrir une fabrique en 1739.
Olérys renouvela complètement les décors de la faïence de Moustiers en introduisant la polychromie et ses créations servirent bientôt de modèles aux autres faïenciers.
On lui doit des décors bien connus comme les guirlandes et les médaillons, les fleurs de pomme de terre et les grotesques chinois.

Joseph Fouque, qui fit son apprentissage chez Olérys, signa également de très belles pièces.   
A la disparition de son maître en 1749, il s’associa avec Jean-François Pelloquin pour créer des faïences d’excellente qualité.
En 1783 il racheta la fabrique des Clérissy et devint le principal faïencier de Moustiers jusqu’à sa mort en 1799.
Il est probablement l’auteur d’une grande partie des nouveaux décors de grand feu créés à la fin du XVIII ème siécle.

Déclin et renouveau de la faïence de Moustiers 

Alors qu’à la fin du XVIII ème siècle, le village comptait douze ateliers, la production de faïence de Moustiers déclina au cours du XIX ème siècle et la production cessa en 1873.

En 1925, Marcel Joannon dit Marcel Provence entreprit de faire renaître l’art de la faïence à Moustiers.
Il construisit un four et relança, avec le concours d’artistes décorateurs et d’artisans qualifiés, une production originale de faïences.
Marcel Provence et un groupe de passionnés de céramiques et d’histoire, formant l’"Académie de Moustiers", ont également créé, en 1929, le Musée de La Faïence de Moustiers.  

La faïence est une forme de céramique à base d’argile, recouverte d’une glaçure (ou émail) à base d’étain qui lui donne son aspect bien particulier (blanc et brillant). La faïence est l’une des plus communes et des plus anciennes de toutes les techniques utilisées en céramique. Il ne faut pas confondre la faïence qui désigne une famille bien précise de céramique, avec la poterie, terme générique, ou encore la porcelaine, autre famille de céramique généralement recouverte d’un émail blanc.

De grandes quantités d’argile rouge commune affleurent à la surface de la terre. Bien qu’une grande partie soit inutilisable à cause de la présence de débris de calcite (pierre à chaux) ou d’autres sels alcalins solubles, il en reste cependant d’énormes réserves bonnes à l’emploi pour la fabrication des faïences. 

 

La poterie de terre est une céramique faite à partir de potasse, de sable, de feldspath et d’argile ; ce mélange est une des matières parmi les plus anciennes employées en poterie. Classiquement, la plupart des poteries de terre ont une coloration rouge, due à l’utilisation d’argiles rouges. Cependant, ce n’est pas toujours le cas, et les potiers d’aujourd’hui utilisent aussi des argiles colorées en blanc ou en champagne.

Un "biscuit" est un tesson cuit (ses qualités intrinsèques sont alors obtenues) qui sera ou non recouvert d’une glaçure. Si c’est le cas, cette glaçure sera cuite à une température inférieure ou égale à celle du tesson. Parfois la première cuisson est simplement une préparation du tesson à recevoir une couverte (obtention d’une solidité suffisante pour faciliter les manipulations et gain de porosité pour faciliter l’émaillage) . On appelle cette cuisson "cuisson de dégourdi" . La deuxième cuisson (cuisson de l’émail et obtention des qualités définitives du tesson) se fera alors à une température supérieure à la première.

Les faïences sont dites de :  

  • « grand feu » lorsque le décor est posé, après une cuisson « au dégourdi » (précuisson), directement sur l’émail stannifère (blanc opaque) pulvérulent qui l’absorbe, sans espoir de correction. Les couleurs sont produites par des oxydes métalliques et limitées à cinq (bleu de cobalt le plus utilisé, brun-violet, rouge, vert, jaune). Les pièces subissent ensuite une cuisson définitive.
  • « le petit feu » (fin du XVIIe siècle) : le décor est posé sur l’émail stannifère cuit. Il est plus facile à poser et les couleurs plus délicates (rose, or, vert clair) car la cuisson définitive sera moins élevée.
  • « faïence fine », technique d’origine anglaise : sur une pâte très fine et blanche, le décor est recouvert d’un vernis plombifère (transparent). Il existe différentes compositions de la pâte.

 

 Vous pouvez aussi consulter  :

www.academie-de-moustiers.com/decors.

www.atelier-faience-moustiers.com/

fr.wikipedia.org/wiki/Faïence  

 

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Mis à jour le jeudi 19 octobre 2017