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Commémoration 2018 des deux maquisards exécutés à Tourtour : le maire et la gerbe ont brillé par leur absence...

Commémoration 2018 des deux maquisards

exécutés à Tourtour : le maire et la gerbe

ont brillé par leur absence...


une rose. rouge, une fleur blanche, le dimanche......la gerbe du maire sera déposée le lendemain !!...(mais sans le maire !!)..

Avec tout ce qui se passe en Syrie, au Yémen, en Ethiopie ou au Sahel, la gerbe du rond-point de Sainte-Anne aura bien sûr un retentissement bien moindre sur la marche du monde....
Certes !...Néanmoins, cet épisode aussi navrant que pitoyable, aussi grotesque qu’affligeant, restera gravé comme une nouvelle ligne dans la litanie des fameuses balourdises du maire Pierre Jugy....

Un point commun entre le maire et moi ce dimanche 22 juillet, c’est notre absence à la commémoration qui honore chaque année le souvenir de l’exécution de deux maquisards-résistants, au carrefour de Sainte-Anne...De mon côté, mon chirurgien pourrait me fournir un bulletin d’absence mais ce serait inconvenant de me cacher derrière une raison médicale : malgré tout, m’étant rendormi sans aucun scrupule et m’étant réveillé sans aucun regret, il ne m’est resté ensuite que l’espoir d’être pardonné pour ce manquement involontaire au devoir citoyen de mémoire...(je me permets cependant de me souvenir que, depuis de très longues années, je ne manquais jamais cette cérémonie..).

Ce pardon devra également être accordé à celui que toute l’assistance aura attendu vainement durant toute la cérémonie, le maire du village de Tourtour, Pierre Jugy.... Panne d’oreiller, gastro passagère, malaise vagal, amnésie soudaine, blocage de vertèbres lombaires, ennuis intestinaux, dépression dominicale...les hypothèses circulent entre Camp-Fournier et les Moulières, tout autant qu’entre les Mandins et le Domaine de Saint-Pierre..... Fait rassurant, on sait toutefois que ni les Pompiers ni la doctoresse n’ont été appelés dimanche matin au quartier de la Gardure !..
Conséquence immédiate de l’absence de Pierre Jugy (la mienne était moins préjudiciable !), le discours du premier magistrat de la commune se sera donc résumé à la portion congrue... Quant à la gerbe que le maire devait déposer au pied de la stèle commémorative, elle aura également été attendue puisque personne ne savait où elle était...Une belle rose rouge et une fleur blanche ont heureusement été déposées par une déléguée régionale des Anciens Combattants résistants, geste symbolique qui aura tenté de masquer l’affront municipal... Hélas, pour les habitués de cette cérémonie, l’affront indigne aura du mal à être effacé des mémoires...
Un détail : le maire étant absent, on aurait pu croire (à défaut d’espérer) que le premier adjoint le remplacerait mais pas plus d’Olivier Révelli que d’artichauts à la barigoule aux menus des restaurants tourtourains !!...Le deuxième adjoint, ce cher Marc Lavergne, n’a pas non plus réussi à trouver un quart d’heure de libre pour venir remplir sa fonction d’élu représentant des habitants...Les tourtourains présents se seraient bien contentés d’avoir un conseiller municipal autour d’eux mais que nenni, aucun n’a pu se libérer...SAUF, le conseiller Claude Tabaton qui était à l’épicerie pour choisir son jambon cru et son Caprice des Dieux : quand il a vu du monde près de la stèle, il a compris le sens de la cérémonie et il est venu faire un tour, juste quatre minutes avant la fin de la commémoration ! Grâce à lui, le Conseil municipal n’aura pas fait Fanny !!... Siàn bin mountà !!..

Pour l’anecdote, la gerbe a été retrouvée dans le couloir du château- Mairie, au pied de l’escalier conduisant au cabinet médical (lieu habituel de la livraison annuelle)... Prévenu, Jean-Marc Simon s’est empressé d’aller la déposer contre la stèle , le lundi matin ... L’honneur est sauf, mais peut-être pas pour tous ...

Dans l’assistance, Emilien German, octogénaire avancé qui milite depuis de très longues décennies (il vend encore l’Huma-Dimanche sur le marché de Salernes) aura bien du mal à encaisser le coup : on se souvient qu’il avait exclu en 2016 Pierre Jugy de l’association salernoise des Anciens Combattants, après le ralliement du maire de Tourtour aux thèses du Front National et nul doute que l’épisode de la gerbe fantôme et celui du maire invisible ne vont toujours pas l’inciter à accorder une once de crédibilité et de respect au maire de Tourtour...

Au cours de la cérémonie, le discours de la représentante des associations locales des résistants-maquisards a été très émouvant et l’assistance présente a largement apprécié les rappels historiques sur le Maquis Vallier, le plus actif des groupes de résistants du Haut-Var. Cette dame a également cité le goupe de résistants "Camp Robert" et elle a été heureuse d’apprendre que le patronyme "Robert" était celui du grand père de Nathalie Le Tinnier (présente près de la stèle dimanche avec son époux Jean-Louis), elle-même nièce de notre cher regretté Alexandre Robert, que l’on connaissait tous comme "Robert des vaches" (en ssouvenir de son passé de maquignon). Merci Madame d’avoir permis à cette commémoration de garder une vraie solennité et une réelle émotion mais d’avoir aussi permis de rendre hommage à ces deux maquisards Berne Gustave et Benoit Victor, courageux Francs-tireurs et partisans français (FTPF).
Soyez gentille de revenir l’an prochain, on ne sait jamais.. si des fois Pierre Jugy avait séance piscine ce jour-là !!...

Pour en savoir plus sur le groupe de résistants "le Camp Robert" : voici quelques extraits d’une thèse de Jean-Marie Guillon sur la Résistance dans le Var : (extraits)

 Le plus actif des maquis FTPF du moment est le camp Robert que nous avons vu apparaître au printemps 1944 à Ampus et se manifester, pour la première fois, à Aups, le 7 juin. Il est à l’origine de 39 % des actions FTP de la période. Il est le type même du maquis de la deuxième génération par les conditions de sa formation et les caractéristiques de son effectif.
Celui-ci décolle après l’affaire d’Aups. Tous les jeunes gens du village qui sont montés le rejoindre pour échapper à de probables représailles ne peuvent, ni ne veulent rester dans l’immédiat. Seuls quelques-uns, réfugiés de Toulon ou adhérents de la JC aupsoise, entendent (et peuvent) participer de façon permanente à son activité. Ils sont rejoints, tout au long de ces semaines, par de nouvelles recrues qui viennent, parfois, d’autres maquis. Le cahier d’effectifs a été conservé. Il permet de suivre avec précision son développement et de mesurer la poussée si caractéristique du moment. Le camp Robert passe de 8 à 23 membres dans les trois jours qui suivent le 7 juin. Il enregistre 17 hommes supplémentaires entre le 10 et le 22. La mobilisation de juin l’a donc fait directement grimper de huit à quarante. Il reçoit 20 recrues le 25, 7 le 6 juillet, puis 29 maquisards venant du camp Valcelli, les 10 et 11 juillet, comme s’il y avait eu partage des tâches entre les deux camps. Entre le 18 et le 30 juillet, 51 hommes le rejoignent. Il y a parmi eux une quinzaine de transfuges du maquis CFL Vallier qui ont préféré répondre aux sollicitations des FTP (sollicitations qui correspondent, comme on l’a vu, aux consignes générales de l’organisation). Enfin sept nouvelles recrues arrivent en août. Au total, le cahier conserve la trace de 154 hommes. Ils sont passés par le camp de triage, organisé par le vétéran, l’ancien CE du camp Faïta, Emile Gaffino Michel Raspail, avant de gagner le camp principal. Le Camp Robert est devenu, entre temps, la 1ère Compagnie FTPF du Var.

Elle est dirigée par une équipe ardente et typique, par l’hétérogénéité de ses origines, de la génération de la Résistance : le CE, Robert Charvet, Dominique Thomas, est l’ancien responsable régional de la JC. Il a 26 ans, mais plusieurs mois d’internement et de clandestinité derrière lui. Son adjoint, Paul Raybaud, Louis Pierre (ou Toubib), militant de la JC depuis 1941, est un interne des hôpitaux de 23 ans. Martin Biaggini, Paul Joseph, le “ technique ”, responsable JC et chef de file des jeunes Aupsois, est un bûcheron d’origine italienne de 24 ans qui a connu, lui aussi, l’internement. Quant au CO, Henri Guillot Henri Dumont, 23 ans, il s’agit d’un étudiant jusque-là très catholique, sur le point de passer au communisme, après l’expérience du maquis et de l’arrestation.
Sous leur impulsion, ce maquis entreprend de nombreux coups de main pour créer un climat d’insécurité dans le Haut-Var. Malgré l’inquiétude que ces actions provoquent parfois et les critiques que les ostensibles mouvements de véhicules suscitent, le maquis bénéficie de la connivence générale de la population et de l’appui des groupes “ légaux ” des villages des alentours. Les relations sont bonnes avec les résistants d’autres organisations, bien qu’elles soient parfois tendues avec le maquis CFL. Des véhicules “ récupérés ”, et parfois aménagés en “ autos mitrailleuses ”, lui permettent une grande mobilité. Il se disperse, à l’occasion, en petits détachements. Ses actions couvrent un large secteur en bordure du Haut-Var (entre Vinon à l’Ouest, Carcès au Sud et Ampus à l’Est). Ses éléments effectuent de véritables raids pour “ récupérer ” des denrées, exécuter des “ collabos ”, saboter des ponts routiers. La période d’action la plus intense se situe à la mi-juillet. Audace, initiative, spontanéité de l’action et parfois imprudence caractérisent cette activité qui porte la marque d’une juvénilité enthousiaste et intransigeante où le goût du défi et du jeu est associé au sentiment de constituer une avant-garde politique et patriotique. Elle n’hésite pas à bousculer ceux qui, à ses yeux, attendent passivement la Libération (y compris les camarades “ légaux ”).
Inventant une guérilla qu’ils n’ont pour la plupart jamais pratiquée, essayant d’adapter les objectifs et les consignes données par la hiérarchie, voulant attirer l’attention et les forces de l’ennemi, le camp Robert paie cher son activité. Seize des siens sont tués ou fusillés (parfois atrocement mutilés) entre le 22 juillet et le 11 août. S’il a pu échapper à la Milice le 12 juin, les expéditions lancées dans le secteur par les Allemands (préparées par les missions de renseignement du groupe PPF installé à Brignoles et dont certains éléments sont repérés et exécutés) sont moins faciles à éviter. Dans le cadre de la phase de contre-offensive générale, le Plan de Canjuers et ses abords sont attaqués à partir du 22 juillet. Ils deviennent, à partir de là et jusqu’au 12 août, l’objet d’expéditions répétées. Le 22 juillet, au petit matin, des éléments venus de Brignoles occupent Aups. Après avoir intercepté un véhicule du maquis Vallier et blessé mortellement une jeune sympathisante FTPF de 17 ans, ils font sauter le garage utilisé par les FTP pour “ bricoler ” leurs véhicules. Ils récupèrent là l’une des automobiles transformées et le fils d’un “ collaborateur ” de Carcès que les maquisards avaient enlevé les jours précédents. Quelques heures après, le camp principal situé sur le Plan de Canjuers, à la ferme de La Tardie, est attaqué, mais peut se replier. La journée se solde par neuf morts dont quatre “ civils ”, un résistant d’Aups, venu chercher le médecin du camp, et quatre maquisards FTP. Parmi eux, Henri Guillot, qui n’avait pas renoncé à sa foi, et Martin Biaggini, ardent communiste. Ils se trouvaient à Aups et, malgré les avis, ont tenu à rejoindre leurs hommes attaqués. Les probables pertes allemandes sont inconnues. Transporté vers Tourtour, réorganisé, le camp, “ en rang et au pas cadencé ”, va enterrer ses morts à Aups, suivi de la population du village “ remplie de respect ”. Le camp perd deux hommes le 31 juillet, à Tourtour, et, le lendemain, échappe à l’encerclement. Il est l’objet de nouvelles tentatives d’infiltration. Le Plan de Canjuers est soumis à un quadrillage sévère de la part des Allemands entre le 1er et le 6 août. Le camp se divise. Un groupe rejoint le camp Valcelli, à Brovès, l’essentiel se porte vers Quinson. Comme toujours dans une situation difficile, des clivages divisent les maquisards. Des clans se forment et les critiques n’épargnent pas les responsables, en particulier, le nouveau CO qui remplace Guillot, un ingénieur polonais, officier de réserve, jusque là “ légal ”. Les dissensions sur le commandement recouvrent aussi un conflit de générations entre responsables.
Regroupé au bord du Verdon, à nouveau réorganisé sous le contrôle de la région FTP, renforcé par des marins-pompiers de Marseille (montés au maquis dans la Sainte-Baume en juin) puis par des FTP aixois, dont l’un est nommé comme nouveau CO, le camp Robert reçoit l’ordre de rejoindre des FTP bas-alpins (des éléments de la 13e et de la 18e Cie), sur l’autre rive du Verdon. Mais cette concentration, 150 hommes environ, est attaquée à Sainte-Croix, le 11 août21. Dispersée malgré la résistance opposée, en particulier par des transfuges polonais, elle laisse sur le terrain 19 tués au combat ou prisonniers massacrés et quelques prisonniers dont six aviateurs américains, échappés d’un avion en flammes, et recueillis près de Rians, quelques jours auparavant. Le camp Robert a perdu sept des siens. Il est parvenu à se rassembler à nouveau, un peu plus au sud, lorsque le débarquement intervient.

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Mis à jour le dimanche 19 août 2018