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Les ormeaux de la place .

 

Les Ormeaux de la Place.

Tourtour et ses ormeaux, c’est une histoire qui remonte à plusieurs siècles mais aujourd’hui, les deux arbres ne sont plus sur la place. Et les touristes se demandent immanquablement "pourquoi les ormeaux ??".

Certains d’ailleurs parlent des ormeaux, des coquillages de Sud-Bretagne, ce qui n’arrange rien pour les explications. 

   Soyons catégoriques, les seuls coquillages à Tourtour sont au Musée des Fossiles.

Les Ormeaux de Tourtour constituaient la fierté du village (à une époque où les bling-bling et les bronz-bronz n’étaient pas arrivés) et les anciens s’en souviennent avec émotion . Sur le petit muret en pierres de tuf, ils se retrouvaient pour parler mais aujourd’hui, on ne voit même plus le rebord des oliviers qui ont remplacé ces ormeaux séculaires.

Sur la place de Tourtour, deux gros ormeaux ont trôné durant des siècles et leur plantation remonte au passage d’Anne d’Autriche sur notre village, en direction de Cotignac, lieu de son pélerinage. 
 

 

Louis XIII et Anne d’Autriche, le voeu, le pélerinage, les ormeaux :

Après 22 ans de mariage, ils désespéraient d’avoir un enfant et, à la suite d’une neuvaine à Notre dame de Grâces de Cotignac, la reine avait attendu un bébé, le futur Louis XIV


Suite à un vœu d’Anne d’Autriche et au pèlerinage que fit Louis XIV en 1659 à la chapelle de Notre Dame de Grâces, située sur le mont Verdaille, non loin des remparts de cette petite ville, le roi Soleil fit graver l’inscription suivante sur une pierre en marbre noir qui fut placée au milieu de l’église de N.-D. de Coti­gnac, où elle se lit encore : « Louis XIV, roi de France et de Navarre, donné à son peuple par les vœux qu’Anne d’Autriche, reine de France, sa mère, a fait dans cette église, a voulu que cette pierre fut ici posée pour servir de monu­ment à la postérité et de reconnaissance, et des messes que la libéralité y a fon­dées, pour l’âme de sa dite mère. »

Louis XIV et sa mère Anne d’Autriche  viennent le samedi 21 février 1659 à Cotignac pour remercier de la naissance de Louis XIV, 21 ans plus tôt.
En 1638, Anne d’Autriche, se rendant en pèlerinage d’action de grâce à Cotignac, s’arrête à Tourtour. A cette occasion les deux ormeaux sont plantés sur la place du village : ils sont appelés les "Ormeaux Sully".

Découvrons un peu plus ces ormeaux :

Les ormes sont des arbres du genre Ulmus, famille des Ulmaceae ou Ulmacées atteignant une trentaine de mètres (et rarement 40 m), originaire de l’Europe occidentale et de l’Amérique du nord, dès le début de l’ère tertiaire, il y a 65 millions d’années. L’orme est un arbre de haute futaie, et fournit un excellent bois d’œuvre, pratiquement comparable au bois de chêne. Malheureusement, il a pratiquement disparu d’Europe de l’Ouest suite à la graphiose. Le développement de cultivars résistants fait l’objet de recherches intenses depuis les années 1960.

Ulmus

Orme champêtre

Orme champêtre
Description :
  • Écorce fissurée (sauf jeune ou Orme du Caucase) ;
  • Feuilles caduques, alternées, simple, doublement dentées et souvent nettement dissymétriques à la base (comme chez le micocoulier) (ce qui permet la distinction avec les hêtres qui ont des feuilles semblables mais symétriques)
  • Fleurs sans pétales et en glomérules rouges apparaissant en Mars sur les rameaux de l’année précédente ;
  • Pollen ovale ou rond d’une taille de 28 x 22 µm, relativement lisse ;
    Pollinisation anémogame (par le vent) ;
    Allergénicité : 1/5, allergies croisées possibles avec les pollens d’Ulmacée
  • Fruit ailé rouge-verdâtre , dits "samare", dispersé par le vent, apparaissant en mars-avril avant les feuilles, groupé en boules. Il est mûr fin mai, et on peut le semer immédiatement après récolte.
  • Variétés : On distingue en Europe, l’Orme champêtre, l’Orme lisse, l’Orme de montagne. En Amérique du Nord c’est l’Orme blanc d’Amérique, mais de nombreux croisements et sélections ont été faits depuis plusieurs siècles. *

    

C’est un arbre autrefois abondamment planté dans le bocage comme bois d’oeuvre (Il pouvait être émondé tous les 7 ans environ). Résistant à l’eau quand il est immergé, comme le chêne ou l’aulne, il a été utilisé comme moyeu de roues de moulin à eau, et comme piloti. Il a été utilisé pour les affûts de canon. 

orme-biscarosse-2

La graphiose ou maladie hollandaise de l’orme a dévasté les ormes dans tout l’hémisphère nord depuis 1925 environ. ( Un scientifique hollandais - Constantin Van Panusse- de cette époque a mis en évidence cette attaque redoutable ).
C’est à la fin des
années 1970 que la maladie des ormes est apparue pour la première fois à Paris. Aucun traitement n’a réussi à en venir à bout. Des injections dans les arbres malades en 1986-1987 ont été infructueuses. On comptait 30 000 ormes parisiens avant l’épidémie, alors qu’aujourd’hui seuls 1 000 survivent, dans les larges avenues parisiennes (avenue d’Italie, de Choisy, boulevard Lefebvre, de Grenelle, Garibaldi…) et deux très vieux rescapés (un au jardin des Tuileries devant l’Orangerie et un autre place Saint-Gervais devant l’hôtel de ville de Paris). Alors que, au XVIIe siècle, l’orme était la première espèce d’arbre à Paris, aujourd’hui, il est l’une des moins répandues. Tant que l’arbre jeune est taillé, il survit plus longtemps qu’en croissance libre, bien qu’affecté de déformation de l’écorce. Mais il finit par mourir précocement.

Vos commentaires

  • Le 17 octobre 2009 à 19:15, par Jean Lainé En réponse à : Un nouvel ormeau à Tourtour

    Cet article sur les ormeaux de Sully, très bien documenté n’appelle pas de remarque particulière. Quelques Tourtouraines et Tourtourains d’âge mûr ( il y en a de moins en moins) qui ont connu ces arbres dans leur enfance, pourraient raconter bien des histoires à leur sujet.

    Qui encore aujourd’hui se rappelle : pour marquer l’entrée dans le deuxième millénaire, un ormeau à été planté le 1 er janvier 2000 devant l’église Saint-Denis, légèrement à droite. Combien de temps
    vivra-t’il ? Sûrement moins que ses illustres ancêtres. Il serait bien néanmoins qu’il soit soigné et protégé des agressions diverses...

  • Le 19 octobre 2009 à 09:53, par Jasmine Lara En réponse à : O MON BEL ORMEAU !

    Merci de cet hommage puissant et documenté sur l’Orme (qu’ici on nomme ormeau) en général et les nôtres en particulier. (la tache sur l’écran c’est celle que je verse d’émotion et de chagrin -snif snif- à nos défunts arbres... mais chacun sait que l’écran est un mauvait support, ces larmes auraient eu une autre gueule sur un bon vieux papier...)

    En réaction je ne souhaite certes pas me lancer dans l’histoire des oliviers qui les ont remplacés, Oliviers sans doute très anciens et sûrement très onéreux arrachés cruellement à leur terre natale et transplantés sur la place de Tourtour où on tente en vain de les dresser à faire de l’ombre et à renoncer à produire les olivettes qui tachent la terrasse de la farigoulette... Je veux juste dire leur "petite" histoire : ces deux beaux spécimens d’une espèce si nourricière et si digne perdent toute diginité sur la place de Tourtour où franchement, en tant qu’arbres fruitiers, ils n’ont rien à faire, surtout cernés de parasols calamiteux mais ils méritent bien quelques mots.

    Ils ne sont là, les pauvres, que parce lors de la mort des ormeaux, la riche héritière des Treilles, que son âge et sa position sociale avait faite plutôt autoritaire avait décidé d’"offrir" les arbres de remplacement. Des oliviers ou rien ! La mairie a donc accepté les oliviers. Un vendeur d’oliviers a profité de l’aubaine pour obtenir ce beau marché et les dignes oliviers ont été arrachés à leur terre natale... etc... voir plus haut.

    Ils ne font pas vraiment belle figure ces malheureux arbres. Je crains même que, eux, ce n’est pas la maladie de l’Orme qui les détruira mais peut être la dépression... Ce n’est pas de leur faute, oh non, mais leur ombre est si peu concréte que, rendez vous compte, la farigoulette en est obligée à sortir les parasols ouverts-à-l’année. Moi j’aurais préféré là des micoucouliers par exemple, espèce d’ornement qui pousse vite et procure une belle ombre. La mairie du village ne se serait pas ruinée dans l’achat de deux micoucouliers ou même de deux platanes et peut être que les parasols nous auraient été épargnés. La dame des treilles nous avait déjà pris les Treilles, elle nous a pris aussi la moitié de la place pour un caprice. Les édiles d’alors n’ont pas vraiment brillé dans cette affaire.

  • Le 19 octobre 2009 à 13:53, par Gilbert Giraud En réponse à : Les caprices...

    Aujourd’hui, le caprice vient de Vagh-Croquet-Coppola-Riboud-Coste pour un monnayage des travaux d’installation des sculptures buffétoises... Nous aurons notre jardin, comme les oliviers, sur la base de contrats bidons et d’accords souterrains ... C’est bien que des témoignages apparaissent et que des réactions soient émises.

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Mis à jour le lundi 12 février 2018